Les inégalités sociales augmentent. S’il y a là matière à se scandaliser, il n’y a malheureusement pas matière à se surprendre. Des études récentes ont bien documenté le phénomène au Québec et au Canada, mais qu’en est-il des autres pays dits « développés »? Une étude publiée par l’OCDE en décembre dernier s’attarde justement à répondre à cette question et, disons-le, la réponse n’est pas des plus réjouissantes. Les pays membres de l’organisation qui, malgré 30 ans de croissance économique soutenue, ont vu l’écart entre les riches et les pauvres s’agrandir.

Source: OCDE, Décembre 2011
Lire la suite…
On a beaucoup parlé de la Grèce dans la dernière année. Parfois pour nous annoncer un sauvetage, souvent pour nous annoncer la fin qui approchait. Parmi l’avalanche de nouvelles que nous avons eu sur ce pays, ce petit billet veut synthétiser ce qui s’est écrit de plus intéressant au sujet de la Grèce dans les deniers temps. Deux sujets majeurs: qu’est-ce qui a causé la « crise grecque » et quelle est la nature du plan d’austérité qu’on impose en ce moment à sa population contre son gré.
Lire la suite…
La question est provocatrice. Elle est néanmoins sérieuse. Marc Lee la posait en juin dernier dans un billet sur le Progressive Economics Forum. Son argument est assez simple et difficilement contestable. Outre quelques cas précis, la plupart des Canadiens sont convaincus par les preuves scientifiques de l’existence des changements climatiques et de leurs liens avec l’émission de gaz à effet de serre.
Or, nous savons aussi que l’industrie des sables bitumineux émet une vaste quantité de ces gaz en plus de détruire de façon irrémédiable des écosystèmes entiers. Or, les changements climatiques causeront une augmentation des catastrophes naturelles, en plus d’importants déplacements de population, conséquence de la crue des eaux. En se fondant sur un rapport de Economics of Climate Adaptation qui calcule que les catastrophes naturelles des 50 dernières années ont causées 800 000 morts, Lee pose la question : combien en causeront celles qui seront provoqués par les changements climatiques? Qui portera la responsabilité de ces morts qui auraient pu être évités?
De notre point de vue, cette affirmation peut paraître hasardeuse, mais dans 50 ans, quel regard l’Histoire et ceux qui l’auront vécu jetteront sur nos choix d’investir dans ces énergies en se fondant sur leur seule rentabilité? Les 174 milliards de barils de pétrole que nous rêvons d’extraire seront-ils aussi séduisant pour le jugement de ceux et celles qui nous suivront?
La part du Québec
Au Québec, les sables bitumineux nous semblent bien lointains. Or, Eric Pineault a fait la démonstration que nous ne pouvons plus jouer à l’autruche. L’argent de la Caisse de dépôt et placement du Québec finance le développement d’entreprises qui œuvrent dans ce type d’énergie. Voici les 10 plus importants investissement en bourse de la Caisse, avec une mention spéciale pour les entreprises investissant dans les sables bitumeux.

Donc, la moitié des dix investissements en bourse les plus importants sont dans les sables bitumineux. Un seul de ces investissements se fait au Québec (CGI).
Si l’accusation de Mark Lee est valide, quel rôle joue le Québec dans ce crime? De tout évidence, il est plus complice que témoin.
Les autres problèmes des sables bitumineux
Comme si ce n’était pas suffisant, les sables bitumineux ne posent pas que de graves problèmes environnementaux. Sur le plan du développement économique, on peut aussi prévoir des conséquences fortement néfastes.
L’exploitation des sables bitumineux participe à la « décomplexification » de la production. En général plus les pays sont développés plus ils produisent des produits complexes. Le Canada fait piètre figure à cet égard. L’investissement dans les sables bitumineux centre l’économie canadienne sur l’extraction de ressource sans transformation. Nous nous rapprochons ainsi du modèle d’une économie en développement plutôt que celui d’une économie développée.
À moyen terme, à cause de la rente liée à l’exportation des ressources pétrolifères (que le gouvernement fédéral semble vouloir faire croître), le Canada pourrait ressentir avec plus d’intensité le mal hollandais et voir croitre davantage son dollar, ce qui participerait à diminuer davantage la diversification de son économie.
Ces quelques réflexions ont été utiles pour préparer mon intervention au Trio Écono de l’Après-midi porte conseil du 16 février 2012.
Lorsqu’il est question d’expliquer l’explosion de l’endettement des ménages, nombreux sont ceux qui concluront à un problème de surconsommation et de manque de connaissances en matière financière. Ce consensus explique la quantité d’organismes, d’entreprises et d’institutions ayant mis sur pied des programmes pour améliorer la « littératie financière » des Canadiens. Si les familles canadiennes maîtrisaient davantage les rudiments de la planification budgétaire et de la gestion financière, le niveau d’endettement serait beaucoup moins élevé au pays, prétend-on.
S’il est indéniable que seul le crédit rend possible le fait de dépenser « au-dessus de ses moyens » ou au-delà du revenu disponible, cette analyse omet une dimension cruciale du problème : comment ont évolué les revenus et les dépenses des ménages pendant que croissait l’endettement ?
Lire la suite…
Les signaux d’alarme à propos de l’endettement des ménages au Canada sont on ne peut plus fréquent depuis plus d’un an. La semaine dernière, c’était au tour du Conseil de stabilité financière (FSB) d’exprimer ses inquiétudes au regard de la situation qui prévaut au Canada.
Le FSB, présidé par le gouverneur de la Banque du Canada Mark Carney, notait que le ratio d’endettement des ménages canadiens n’a pas reculé contrairement aux ménages étasuniens et britanniques, comme le montre la figure ci-dessous :
Lire la suite…
Pour ce quatrième billet de ma série sur les graphiques, j’aborderai aujourd’hui la forme de graphique qui est la plus pratique pour mêler et influencer malicieusement un lecteur, soit les graphiques à deux axes. Je compte écrire deux billets sur cette forme de graphique en commençant par la moins perverse, soit celle qui regroupe des données du même type.
Un est tronqué, pas l’autre…
En cherchant tout autre chose, je suis tombé sur un graphique douteux à la page 8 de ce document de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), graphique que je reproduis ci-après :

Lire la suite…
Aller à l’université, avant d’être synonyme d’acquisition de connaissances ou d’expériences humaines, c’est d’abord faire l’expérience de l’endettement. Si traditionnellement les gens s’endettaient pour s’acheter une voiture ou une maison, les jeunes d’aujourd’hui ont la chance de vivre cette expérience « enrichissantes » dès les bancs d’école.
En ce sens, l’endettement étudiant est aujourd’hui un fardeau qui pèse lourd sur les choix de vie des étudiant-es du Québec. Selon les données de l’Aide financière aux études, les étudiant-es du réseau collégial doivent encaisser un niveau d’endettement moyen s’élevant à 6 923 $, tandis que leur collègue universitaires subissent un niveau d’endettement moyen se situant à 12 029 $. De plus, on constate que cette situation précarisant la vie étudiante est plus lourde à porter à mesure que les étudiant-es gagnent en âge. Lire la suite…
Voilà quelques temps qu’on parle de l’endettement des ménages au Canada, l’IRIS vous propose donc pour les prochaines semaines quelques billets d’analyse de l’état actuel de l’endettement des ménages, au Canada, au Québec et à l’étranger.
En mars derniers ma collègue Julia Posca et moi publions une note socio-économique sur la question. Depuis ce temps, le ratio d’endettement des canadien-nes n’a cessé d’augmenter. Qu’est-ce que le taux d’endettement et doit-on s’en inquiéter? Lire la suite…
Cette semaine, l’économiste Pierre Beaulne me disait à quel point lui déplaît l’usage du concept de classe moyenne. Il déplorait qu’un glissement sémantique ait amené des acteurs sociaux et politiques à invoquer « monsieur-madame-tout-le-monde », la « famille », puis la « classe moyenne ». Il y voyait certainement l’effet neutralisateur au sein de la population de l’identification à la classe moyenne. En effet, lorsqu’on appartient à la classe moyenne, on est « normal ». On n’est peut-être pas riche, mais au moins, on n’est pas pauvre et c’est la seule chose qui vient à compter. Les deux bouts de hiérarchie sociale deviennent des anomalies exceptionnelles dont on ne pourra jamais vraiment se défaire. Alors ça va.
Le « Petit cours d’autodéfense en économie » de Jim Stanford, récemment traduit et publié par Lux, donne plutôt raison à Pierre Beaulne. Dans cet ouvrage introductif à l’économie en général et aux rouages de l’économie capitaliste en particulier, il existe deux camps : les capitalistes et les salariés. Cette fois, l’appartenance à la « moyenne » nous place au bas de l’échelle sociale qui ne compte plus que deux échelons. Ça change la perspective.
Lire la suite…
Dans un court texte qui circule actuellement sur le Web, intitulé « Petit cours sur la fiscalité » et que Claude Picher avait retranscrit ici, un auteur anonyme tente d’expliquer le fonctionnement de la fiscalité afin de prendre la défense du pauvre sort des plus nantis qui, ô enfer, doivent payer plus d’impôt que le reste de la population.
Un détail semble toutefois échapper à notre auteur anonyme : au sein des sociétés capitalistes, ce n’est pas l’impôt qui est cause d’injustice, mais plutôt la distribution des gains et du temps de travail opérée par le « marché ».
On pourrait formuler de nombreuses objections rationnelles à cette courte fable – elle ne rend pas le caractère essentiel à la vie des services publics en les comparant à de la bière, elle ne mentionne jamais d’où provient l’argent, les chiffres donnés ne correspondent pas du tout au fonctionnement du système fiscal, etc. – j’ai cependant trouvé plus amusant d’en écrire une version à partir d’un autre point de vue.
Lire la suite…
La directrice-générale du Collège Marie-Victorin a réagi sur notre blogue en réponse à un billet de Philippe Hurteau sur l’entente que le Cégep s’apprêterait à conclure avec Saputo.
Nous répliquons à sa réponse était donné que la directrice-générale escamote à la fois quelques détails et le fond de toute cette affaire.
D’abord, en ce qui a trait au support reçu par le projet, Mme Rouiller évoque le support de certains groupes sans jamais nous expliquer comment le CA du Cégep peut aller de l’avant malgré l’opposition des professeurs et des étudiants. Elle n’explique pas non plus pourquoi, si les terrains sont en nombre suffisants et qu’ils sont accessibles, le club de soccer de Montréal-Nord se voit-il contraint de louer des terrains hors de l’île de Montréal pour répondre à ses besoin.
Lire la suite…
En cette nouvelle année, je vais poursuivre ma série sur les graphiques par un sujet pas trop compliqué, les longues séries de données. Ces séries ont souvent comme caractéristique de prendre une forme trompeuse, parfois exponentielle. Pour pouvoir illustrer cette caractéristique, j’ai choisi des données canadiennes plutôt que québécoises, car les séries de données disponibles sont plus longues pour le Canada que pour le Québec.
Forme exponentielle
Dans le graphique qui suit, qui représente l’évolution de l’indice des prix à la consommation (IPC) au Canada depuis 1914, on a l’impression que l’IPC a peu augmenté jusque dans les années 1970, qu’il a soudain augmenté en flèche jusqu’au milieu des années 1980, a augmenté à peine un peu moins vite jusqu’au milieu des années 1990 et que son augmentation a ralenti quelque peu par la suite.

Lire la suite…
Peu avant les fêtes, le Conseil supérieur de l’Éducation du Québec a entamé, à la demande du ministère de l’Éducation, une consultation qui portait sur la pertinence d’ajuster les mécanismes d’assurance-qualité en éducation de la province, le tout dans un délai accéléré qui dénote un empressement peu commun de la hiérarchie. Le concept « d’assurance-qualité » est peu connu, même chez les universitaires, mais il n’en s’agit pas moins d’un dispositif important lié à la reconversion commerciale des systèmes d’enseignement nationaux.
Lire la suite…
Le magazine Time a décrété que la personnalité de l’année 2011 était le protester (le manifestant) . La page couverture du magazine est on ne peut plus claire, on y évoque les manifestant-es de Wall Street, du printemps arabe, de la Grèce et de Moscou. Dans son édition du week-end des fêtes, Le Devoir allait dans le même sens en nommant « l’Indigné » comme personnalité de l’année. Le texte du Time nous prévient que s’il y a des manifestant-es depuis des lunes, ceux de cette année ont une toute autre efficacité et, en plus, n’ont pas les mêmes référents idéologiques :
All over the world they are criticized by old-schoolers for lacking prefab ideological consistency, which the protesters in turn see as a feature rather than a bug. Miral Brinjy, a 27-year-old blogger and TV-news producer who grew up in Saudi Arabia and arrived in Tahrir Square on the first day of protests 11 months ago, doesn’t presume to have a precise picture of the new Egyptian government and society she envisions, but as she told me in Cairo last month, « I know what I don’t want. »
Lire la suite…
Dans le premier billet sur les graphiques, on a vu qu’on peut très bien tronquer un graphique, c’est-à-dire ne pas faire partir l’axe des Y à 0, sans nécessairement tricher. Cette fois nous verrons un problème de confusion potentielle dans la présentation sur un même graphique d’éléments de dimensions différentes.
Croissance en points de pourcentages ou en proportion?
Quand on veut comparer des éléments de dimensions différentes, il peut arriver qu’on donne une impression fautive de l’évolution réelle de ces éléments. Par exemple, le graphique qui suit montre l’évolution du taux de fréquentation scolaire à temps plein des jeunes Québécois âgés de 15 à 19 ans, de 20 à 24 ans et de 25 à 29 ans.

Lire la suite…
Le temps des fêtes est à nos portes, et les différentes œuvres de charité aussi. À coups de chansons de Noël et de cloches bien agitées, on nous encourage à donner pour aider les pauvres en ces temps froids qui se veulent si chaleureux. Ce moment de générosité nous rappelle paradoxalement la pauvreté que vivent nos concitoyen·ne·s, les difficultés que vivent de plus en plus de personnes à joindre les deux bouts, l’endettement qui nous prend à la gorge et qui nous fait craindre le pire pour notre maison, cet investissement si « sûr » il y a encore si peu de temps. Noël, c’est le moment où on consomme le plus, mais aussi où on réfléchit le plus à ceux et celles qui ne peuvent pas ou plus.
Comment peut-on avoir une société plus juste? Est-ce qu’il est nécessaire de simplement regarder l’évolution des plus pauvres de notre société pour évaluer notre progrès? Ou est-ce que l’écart même entre les plus et les plus pauvres ne serait pas un facteur important? Lire la suite…
On ne peut éliminer le déficit public par la seule augmentation de l’impôt des plus fortunés. C’est la conclusion à laquelle arrive la plus récente publication de l’Institut économique de Montréal (IEDM), rédigée par son président-directeur-général, Michel Kelly-Gagnon. Les gens fortunés feraient d’ailleurs leur part, comme ils paient 12% des impôts alors qu’ils ne représentent 0,5% de la population ajoute la note économique.
Penchons-nous sur ces arguments pour voir s’ils tiennent la route. Lire la suite…
Après le rapide portrait dressé au cours des deux dernières semaines par Jim Stanford et Guillaume Hébert sur les milliardaires canadiens et québécois et l’incroyable accumulation de richesse s’effectuant entre leurs mains, faisons maintenant un détour au sud de la frontière, question de poser notre regard sur les inégalités de revenus aux États-Unis, car en cette matière, les États-Unis sont indéniablement dans les ligues professionnelles.
En 2007, les 10% des américains les plus fortunés possédaient les 2/3 des richesses du pays, et même parmi cette élite privilégiée, une autre infime minorité accaparait la plus grande part du gâteau, puisqu’à eux seuls, les 1% des plus riches possédaient à ce moment un peu plus du tiers de la richesse.
Lire la suite…
Au Québec, « nous avons les frais de scolarité les plus bas en Amérique du Nord ». Cette affirmation sentencieuse, répétée ad nauseam dans les médias et par les politiciens, prétend clore le débat sur la hausse des frais de scolarité. Si nos frais sont moins hauts que ceux du Canada anglais, n’est-il pas temps de « rejoindre la moyenne canadienne ». Il m’a semblé devoir régler une fois pour toute le sort de cette déclaration-zombie qui refait périodiquement surface sans être mise en examen.
Disons d’emblée que la question de la hausse des frais de scolarité suppose une réforme en profondeur du financement et de la mission des universités pour les brancher sur les intérêts du secteur privé et du capital de risque, comme nous l’avons montré ailleurs. Notons également qu’une telle réforme ne saurait se faire en profondeur sur le fond des choses : est-ce souhaitable ? Néfaste ? Y’a-t-il des conséquences adverses à ce genre de réforme ? Or, le principal argument offert est un argument purement quantitatif et conformiste.
Nous avons aussi montré ailleurs que hausser les « droits » de scolarité allait entraîner des hausses de l’endettement, des baisses de fréquentation, des inégalités de classe, une hausse du travail étudiant, en plus de servir de mécanisme de privatisation de l’université pour servir les intérêts du grand capital corporatif.
Il semble que le seul argument « plus bas en Amérique du Nord » serve à lui seul de contrepoids à toute ces catastrophes. Une petite leçon de statistique est donc à l’ordre du jour. Lire la suite…
L’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) a récemment publié les derniers chiffres sur les dépenses du pays au chapitre de la santé. Cette analyse est un antidote rationnel à une question politique épineuse puisqu’elle montre que les coûts des soins ne s’emballent pas. En fait, ce rapport souligne que les vrais enjeux sont très peu liés à l’argent.
Presque tous les jours, un politicien ou un ponte quelconque, déclare que nous avons perdu le contrôle des dépenses provinciales en matière de santé et que cette situation mine la capacité de l’État à financer tous les autres services. Nos routes sont envahies par les nids de poule, nos enfants sont incapables de faire des multiplications et tous ces maux seraient causés par un système de santé vorace.
Lire la suite…
Lundi dernier, l’IRIS publiait sur son blog la version française d’un texte de Jim Stanford à propos de la liste annuelle des 100 Canadiens les plus riches, telle que publiée par la revue Canadian Business (à partir d’une analyse des données de 2010). Nous avons à notre tour fouillé cette liste dégoulinante d’éloges pour les plus riches afin de la considérer sous un angle québécois.
| Rang QC |
Rang CAN |
Nom |
Fortune (M$) |
Variation (09-10) |
| 1 |
6 |
Famille Saputo |
4340 |
23,50% |
| 2 |
7 |
Paul Desmarais Sr |
4270 |
-0,02% |
| 3 |
13 |
David Azrieli |
3070 |
4,70% |
| 4 |
24 |
Famille Bombardier |
2350 |
11,70% |
| 5 |
27 |
Stephen Jarislowsky |
1980 |
6,90% |
| 6 |
29 |
Marcel Adams |
1850 |
4,40% |
| 7 |
39 |
Guy Laliberté |
1560 |
3,40% |
| 8 |
40 |
Jean Coutu |
1530 |
33,50% |
| 9 |
42 |
Robert Miller |
1490 |
5,90% |
| 10 |
53 |
Famille Kruger |
1220 |
10,90% |
| 11 |
59 |
Larry Rossy |
1060 |
5,10% |
| 12 |
66 |
Charles Sirois |
960 |
5,40% |
| 13 |
85 |
Aldo Bensadoun |
730 |
14,70% |
| 14 |
86 |
Alain Bouchard |
720 |
41,30% |
| 15 |
89 |
Famille de Gaspé-B. |
680 |
4,20% |
| 16 |
93 |
Serge Godin |
660 |
33,70% |
| 17 |
99 |
Frères Péladeau |
610 |
-9,10% |
Lire la suite…
Il y a quelques jours, j’ai eu la chance d’aller donner la conférence de l’IRIS sur les frais de scolarité à Rouyn-Noranda sur l’invitation du Réseau Vigilance de l’Abitibi-Témiscamingue. Je n’y ai rien dit de surprenant, du moins pour tous ceux et toutes celles qui ont pu voir notre série de vidéos sur la hausse des frais de scolarité. La surprise est plutôt venue de la rectrice même de l’université, Mme Johanne Jean, qui a fait l’étonnant choix de réagir à ma visite.
Je publie ici ma réponse à sa réaction.
Lire la suite…
Dans le premier billet de ce blogue, quelques commentateurs ont critiqué la façon dont les graphiques étaient présentés, en particulier les graphiques tronqués, c’est-à-dire dont l’axe des Y (l’ordonnée) ne part pas à 0. Dans son Petit cours d’autodéfense intellectuelle, Normand Baillargeon met lui aussi en garde contre ce type de graphiques.
Il y a quelques mois, Paul Krugman s’est fait lui aussi reprocher la même chose. Il a répondu dans un billet qu’il a intitulé de façon fort humoristique Les axes du mal. Il a joint à sa réplique un graphique montrant les variations mensuelles de température à New York en degrés Kelvin! Ben quoi, tant qu’à vouloir un graphique qui part à zéro, il est tout à fait normal de le faire partir au zéro absolu, non? Sinon, en utilisant des degrés Celsius, par exemple, ce serait tricher à l’aide d’une convention! Lire la suite…
L’IRIS lance aujourd’hui une brève série hebdomadaire de textes sur les inégalités de revenus. Celle-ci prendra fin à l’arrivée du temps des fêtes.
Alors que s’amorçaient les occupations de Bay Street à Toronto à la mi-octobre, le magazine Canadian Business a publié sa liste annuelle des 100 personnes les plus riches au Canada. Avec une petite pensée pour ceux qui manifestent en faveur du 99%, parcourons ensemble les détails sordides des ultras-riches canadiens.
Même s’il n’y avait pas déjà une vague d’indignation contre les excès et les privilèges des plus riches, ce seul numéro de Canadian Business suffirait amplement à provoquer la révolte. Cette livraison est à ce point désinvolte et acritique dans son compte-rendu des merveilles de la richesse, que l’on se demande si les rédacteurs de Canadian Business ont conscience de la façon dont vivent réellement la plupart des êtres humains.
Lire la suite…
Texte paru dans la revue À Babord! d’octobre 2011.
Depuis l’automne 2008, aucun reportage sur « l’état de santé » de l’économie mondiale ne passe à côté d’une question fondamentale : à quand le retour à la croissance? Beaucoup d’efforts est mis en place pour stimuler l’économie afin de retrouver rapidement le chemin d’une expansion soutenue et continue. Pourtant, les mêmes journaux télévisés qui, d’une voix espère retrouver le chemin de la prospérité, se montrent de plus en plus soucieux de développement durable et de lutte aux changements climatiques. Il y donc là imbrication de deux discours pourtant irréconciliables : d’un côté une défense acritique de la croissance économique comme souverain bien de la vie civilisée et, de l’autre, la reconnaissance de la nécessité de « protéger » l’environnement des activités humaines.
Lire la suite…