La semaine dernière, le Congrès argentin adoptait une loi concrétisant la « récupération de souveraineté » (nationalisation) sur l’entreprise pétrolifère Yacimientos Petrolíferos Fiscales (YPF) par l’expropriation de 51% des parts détenues par la multinationale espagnole Repsol. Ancien fleuron de l’industrie argentine, YPF avait été privatisé dans les années 90 durant la présidence ultra-libérale de Carlos Menem.
L’actuelle présidente, Cristina Fernandez de Kirchner, a justifié la décision de son gouvernement en déclarant que la gestion privée de YPF était peu efficace et que la baisse de la production avait transformé l’Argentine en importatrice net de gaz et de pétrole en 2011.
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Le professeur de l’Université de Leeds Hugo Radice publiait récemment un article décrivant les dernières manœuvres de la Banque centrale européenne (BCE) et ce qu’elles présagent pour l’avenir de l’Europe. Ce billet en reprend les idées principales.
En décembre 2011, Mario Draghi, le nouveau président de la BCE désigné en pleine crise de la zone euro, a surpris les observateurs en procédant à une « Opération de refinancement à long terme » permettant aux banques de souscrire à des emprunts à 1% de taux d’intérêt et d’une durée allant jusqu’à 3 ans. À son arrivée, tous les yeux étaient pourtant tournés vers la crise de la dette souveraine et non pas celles des banques. L’opération Draghi s’est traduite par des prêts de 489 G$ en décembre et de 530 G$ supplémentaires en février.
Cette opération semble avoir été la plus habile qu’on ait vu en Europe depuis longtemps. Selon Radice, elle a eu trois conséquences notables. D’abord, (1) elle a offert aux banques la marge de manœuvre nécessaire pour refinancer des emprunts, refaire leurs réserves et financer la relance. Ensuite, comme le souhaitait Draghi, (2) ces banques ont acheté massivement des obligations publiques avec pour effet un apaisement de la crise de la dette souveraine, les taux d’intérêt sur les nouveaux emprunts s’en trouvant réduit. (3) Cet apaisement qui ne constitue pas une sortie de crise à long terme, offre aux dirigeants européens une marge de manœuvre politique pour trouver un arrangement sur sa nouvelle politique fiscale et un nouveau mécanisme de stabilité européen. (Lire la suite…)
Le premier budget sous un gouvernement conservateur majoritaire a été déposé aujourd’hui à Ottawa. Comme prévu, sous prétexte de résorber rapidement le déficit, le budget procède à des coupures majeures dans les programmes du gouvernement. Au terme des trois prochains exercices, le total des montants coupés surpassera 5G$, ce qui correspond à 1,9% des dépenses de programmes.
L’ampleur des coupures varie d’un programme à l’autre. Pour Radio-Canada, l’ACDI ou l’ONF, les coupures sont de l’ordre de 10%, ce qui aura un impact profond dans ces organismes en termes de personnel et de ressources. Mais l’ensemble des coupures sont plus questionnables encore lorsque mises en perspectives avec les sommes dont se prive l’État en revenus fiscaux.
En effet, le gouvernement conservateur n’a pas renoué, et n’a aucune intention de renouer, avec le niveau de revenu qui prévalait avant la récession. Comme le montre le graphique 6.5, le ratio des revenus au PIB a chuté et ne se relèvera plus. (Lire la suite…)
Ce n’est pas d’hier que les tenants de la droite libérale font la promotion de traités économiques entre les nations qui limitent considérablement le champ d’action des pouvoir publics dans la société.
Mais jusqu’à présent, en Occident, ils s’étaient abstenus de faire et défaire des gouvernements comme ils l’ont fait ces derniers mois en Grèce et en Italie. Dans ces pays, la démocratie s’est inclinée devant une autre forme de légitimité, la technocratie, soit le pouvoir qui repose sur la maîtrise de la technique.
Et de nos jours, maîtriser la technique, c’est connaître les marchés financiers et en être très proche.
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Comme à chaque année, le Centre canadien de politiques alternatives (CCPA) publie l’Alternative budgétaire pour le gouvernement fédéral (ABGF). Le document, qui fait plus de 230 pages, est le fruit de nombreuses collaborations et de plusieurs mois de travail. Au fil des ans, l’ABGF s’est taillé une crédibilité unique au Canada en matière de cadre fiscal alternatif.
Cette année risque toutefois de ne pas être comme les autres. Certains prédisent que le budget du ministre des finances Jim Flaherty sera le plus marquant depuis celui de Paul Martin en 1995. De même, le président du conseil du Trésor, Tony Clement, évoque carrément un « virage culturel », une expression qui aura une consonance familière pour les Québecois-es qui, il y a deux ans à peine, entendaient le ministre Raymond Bachand sonner la charge de la « révolution culturelle » à l’approche du dépôt du budget québécois.
Le 29 mars, le ministre Flaherty déposera le premier budget fédéral sous un gouvernement majoritaire conservateur. Depuis l’élection de mai dernier, le parti au pouvoir a montré qu’il n’hésite pas à préconiser les postures idéologiques aux dépens des faits. Le cas du projet de loi C-10, qui importe au Canada les politiques correctionnelles désastreuses des États-Unis, n’est qu’un exemple parmi plusieurs autres.
Même si le ministre Flaherty a cherché à se faire rassurant la semaine dernière, les Conservateurs ont montré à maintes reprises leur attachement aux politiques d’austérité en dépit des dangers qu’elles représentent pour la relance économique canadienne. Même les agences de notation Fitch et Moody’s ont mis en garde le Canada contre ce qu’elles considèrent des excès de zèle !
À l’inverse de cette stratégie contre-productive, l’ABGF propose d’offrir de créer de l’emploi pour des dizaines de milliers de canadiens dont le potentiel demeure inutilisé. S’appuyant sur un cadre macro-économique crédible, la stratégie fiscale élaborée par le CCPA vise à contrer simultanément la stagnation économique, les écarts de richesse grandissant et la thésaurisation que pratiquent les entreprises qui cumulent des liquidités plutôt que d’investir.
L’ABGF prévoit le maintien des programmes sociaux et le développement d’une stratégie écologique ambitieuse. Elle prévoit aussi de renverser les tendances actuelles qui ont ouvert des échappatoires fiscaux pour les plus nantis et réduit considérablement l’impôt sur le revenu des sociétés (de 28% à 15%). Ces expériences conservatrices sont un fiasco et doivent être remplacées par une politique budgétaire qui serve les intérêts de tous et toutes.
La version complète de l’ABGF 2012 est disponible ici.
Les dix priorités ciblées par le CCPA sont disponibles ici.
L’Institut économique de Montréal (IEDM) a publié mardi dernier une note économique qui suggère que le système de santé allemand montre que « la participation du secteur privé et la recherche du profit » va de pair avec une meilleure qualité et efficacité des soins. L’auteur du document, Frederick Cyrus Roeder, vante le système de santé à deux vitesses de l’Allemagne.
Parmi les avantages présumés du modèle allemand, la note mentionne la compétition entre les hôpitaux et le financement à travers le financement par activité, la pression qu’exercent dans les hôpitaux privés les investisseurs dans l’attente de rendement, les emprunts par les établissements hospitaliers sur les marchés financiers, etc. Pour l’auteur, ces caractéristiques se traduiraient par des gains d’efficacité au sein du système privé et public.
Malheureusement pour l’IEDM et autres croisés du privé, on pouvait lire hier dans les pages du Devoir que le système de santé du Canada fait plutôt bonne figure au sein d’une liste de 27 pays l’OCDE étudié par le chercheur de santé publique Éric Tchouaket dans le cadre de sa thèse de doctorat.
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Les signaux d’alarme à propos de l’endettement des ménages au Canada sont on ne peut plus fréquent depuis plus d’un an. La semaine dernière, c’était au tour du Conseil de stabilité financière (FSB) d’exprimer ses inquiétudes au regard de la situation qui prévaut au Canada.
Le FSB, présidé par le gouverneur de la Banque du Canada Mark Carney, notait que le ratio d’endettement des ménages canadiens n’a pas reculé contrairement aux ménages étasuniens et britanniques, comme le montre la figure ci-dessous :
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Cette semaine, l’économiste Pierre Beaulne me disait à quel point lui déplaît l’usage du concept de classe moyenne. Il déplorait qu’un glissement sémantique ait amené des acteurs sociaux et politiques à invoquer « monsieur-madame-tout-le-monde », la « famille », puis la « classe moyenne ». Il y voyait certainement l’effet neutralisateur au sein de la population de l’identification à la classe moyenne. En effet, lorsqu’on appartient à la classe moyenne, on est « normal ». On n’est peut-être pas riche, mais au moins, on n’est pas pauvre et c’est la seule chose qui vient à compter. Les deux bouts de hiérarchie sociale deviennent des anomalies exceptionnelles dont on ne pourra jamais vraiment se défaire. Alors ça va.
Le « Petit cours d’autodéfense en économie » de Jim Stanford, récemment traduit et publié par Lux, donne plutôt raison à Pierre Beaulne. Dans cet ouvrage introductif à l’économie en général et aux rouages de l’économie capitaliste en particulier, il existe deux camps : les capitalistes et les salariés. Cette fois, l’appartenance à la « moyenne » nous place au bas de l’échelle sociale qui ne compte plus que deux échelons. Ça change la perspective.
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La directrice-générale du Collège Marie-Victorin a réagi sur notre blogue en réponse à un billet de Philippe Hurteau sur l’entente que le Cégep s’apprêterait à conclure avec Saputo.
Nous répliquons à sa réponse était donné que la directrice-générale escamote à la fois quelques détails et le fond de toute cette affaire.
D’abord, en ce qui a trait au support reçu par le projet, Mme Rouiller évoque le support de certains groupes sans jamais nous expliquer comment le CA du Cégep peut aller de l’avant malgré l’opposition des professeurs et des étudiants. Elle n’explique pas non plus pourquoi, si les terrains sont en nombre suffisants et qu’ils sont accessibles, le club de soccer de Montréal-Nord se voit-il contraint de louer des terrains hors de l’île de Montréal pour répondre à ses besoin.
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Lundi dernier, l’IRIS publiait sur son blog la version française d’un texte de Jim Stanford à propos de la liste annuelle des 100 Canadiens les plus riches, telle que publiée par la revue Canadian Business (à partir d’une analyse des données de 2010). Nous avons à notre tour fouillé cette liste dégoulinante d’éloges pour les plus riches afin de la considérer sous un angle québécois.
| Rang QC |
Rang CAN |
Nom |
Fortune (M$) |
Variation (09-10) |
| 1 |
6 |
Famille Saputo |
4340 |
23,50% |
| 2 |
7 |
Paul Desmarais Sr |
4270 |
-0,02% |
| 3 |
13 |
David Azrieli |
3070 |
4,70% |
| 4 |
24 |
Famille Bombardier |
2350 |
11,70% |
| 5 |
27 |
Stephen Jarislowsky |
1980 |
6,90% |
| 6 |
29 |
Marcel Adams |
1850 |
4,40% |
| 7 |
39 |
Guy Laliberté |
1560 |
3,40% |
| 8 |
40 |
Jean Coutu |
1530 |
33,50% |
| 9 |
42 |
Robert Miller |
1490 |
5,90% |
| 10 |
53 |
Famille Kruger |
1220 |
10,90% |
| 11 |
59 |
Larry Rossy |
1060 |
5,10% |
| 12 |
66 |
Charles Sirois |
960 |
5,40% |
| 13 |
85 |
Aldo Bensadoun |
730 |
14,70% |
| 14 |
86 |
Alain Bouchard |
720 |
41,30% |
| 15 |
89 |
Famille de Gaspé-B. |
680 |
4,20% |
| 16 |
93 |
Serge Godin |
660 |
33,70% |
| 17 |
99 |
Frères Péladeau |
610 |
-9,10% |
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