Luc Godbout, fiscaliste et professeur à l’université de Sherbrooke, a beaucoup participé au débat public entourant la hausse des frais. D’abord, il a proposé de mettre en place un système de Remboursement proportionnel au revenu (RPR), formule qui a inspiré le gouvernement pour sa sortie du début d’avril. Plus récemment, il vient d’offrir une analyse de l’effet des bonifications de l’Aide financière aux études (AFE) qui nous montre qu’elles sont largement bénéfiques aux étudiant-es, comme on peut le voir dans ce vidéo.
Le but de ce billet n’est pas d’attaquer la méthodologie ou même les conclusions du fiscaliste, mais de formuler certaines précisions et quelques commentaires.
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Depuis maintenant près de deux mois, il ne se passe pas une journée sans que la question de l’avenir de l’éducation universitaire ne soit posée. Souvent abordée – et à juste titre – sous l’angle du problème de l’accessibilité, trop souvent sont occultées les transformations imposées au monde de la recherche dans le vaste mouvement qu’est la marchandisation du savoir.
Heureusement, le gouvernement fédéral est là pour nous rappeler à l’ordre. Dans son budget du 29 mars, le ministre des Finances, Jim Flaherty, a présenté sa vision de ce que devrait être la recherche universitaire au Canada. L’idée est assez simple, mais brutale : retirer le financement fédéral à la recherche fondamentale au profit de la recherche appliquée directement commercialisable. Sous prétexte de stimulation économique et de participation à la croissance, le ministre, d’un seul coup de crayon, met fin au financement public de la pensée scientifique indépendante.
S’il est important que le travail de la science puisse trouver des débouchés dans le monde concret, on ne peut limiter sa pertinence à cet aspect. La recherche fondamentale, celle qui s’opère et s’effectue à l’abri des pressions industrielles, est le moteur essentiel de l’avancement du savoir et des connaissances dans une société. En coupant le financement public qui lui était réservé, les chercheurs d’aujourd’hui et de demain seront forcés d’adapter leurs travaux non pas aux besoins, interrogations ou débats de leur discipline, mais à ceux de corporations pour qui la science n’est qu’un outil d’accumulation parmi d’autres.
Au Canada, les entreprises privées, comme le montre le graphique ci-dessous, investissent moins qu’ailleurs en recherche et développement.

Pour pallier à ce « désavantage économique », le gouvernement fédéral décide de se porter au secours du secteur privé. À croire que les 220 milliards $ obtenus en baisse d’impôt par les entreprises depuis 2006 ne suffisaient pas…
La liste des sommes allouées pour opérer le délaissement de la recherche fondamentale parle d’elle-même. En voici quelques exemples :
Le dernier budget fédéral était très sombre et cela pour une multitude de raisons. Pensons par exemple à la modification de l’âge auquel les Canadiens et Canadiennes auront droits à leur pension de vieillesse ou au licenciement de 19 200 postes dans la fonction publique (sans jamais expliquer comment il sera possible de maintenir la qualité des services offerts à la population, ni juger des effets néfastes de ces pertes d’emplois sur la reprise)…
Pour ceux et celles qui tiennent à l’indépendance et à l’autonomie du monde universitaire par rapport aux entreprises, pour qui le développement du savoir n’est pas réductible à sa participation à la stimulation économique et pour qui la qualité des connaissances n’a pas grand-chose à voir avec le nombre de brevets dûment enregistrés… l’orientation décrétée par le gouvernement fédéral la semaine dernière est lourde de conséquences.
L’année qui vient nous laisse l’impression de sortir d’un long tour de montagne russe. Le niveau d’endettement de certains pays européens et les risques de défauts de paiement ont régulièrement défrayé la manchette. Comme nous en traitions sur ce blogue il y a quelques semaines, le Grèce a été l’un des pays les plus durement touché par ce que l’on nomme désormais la crise des dettes souveraines.
Pourtant, d’autres pays sont également systématiquement cités et identifiés comme les maillons faibles de l’Union européenne en matière de contrôle de l’endettement public : l’Italie, l’Espagne et le Portugal. Si ces trois pays ont pu bénéficier, en raison de leur entrée dans la zone Euro, de taux d’intérêt sur leurs emprunts publics forts avantageux au début de la décennie 2000, la situation actuelle s’est radicalement retournée.
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En ce 20 mars, le ministre des Finances du Québec, Raymond Bachand, a déposé son 3e budget. Cet exercice budgétaire s’inscrit dans la foulée des dernières années. Le gouvernement insiste encore cette année sur la transformation du financement des services publics dans la logique de la révolution tarifaire si chère à M. Bachand, sur le développement du Plan Nord et des réformes à apporter au régime de retraite.
Les limites des redevances
Le gouvernement nous annonce en grande pompe les résultats de sa réforme des redevances minières. Si, de 2006 à 2010, la moyenne annuelle des redevances recueillies par l’État ne se sont élevées qu’à 42 M$, l’année 2011-12 promet d’être généreuse avec des redevances projetées de 365 M$. Toutefois, le régime actuel, basé sur les profits des entreprises et non sur la valeur du minerai extrait, a comme conséquence de priver l’État québécois de 410 M$ sur une base annuelle. Avec une production minérale d’une valeur de 7,7 G$, l’imposition d’un taux de redevance pourrait faire grimper les sommes recueillies par l’État à 775 M$.
De plus, le gouvernement crée une nouvelle section à Investissement Québec, Ressources Québec, qui sera dotée à terme d’un budget d’investissement de 1,2 G$. La nouveauté de cette entité sera de voir à la prise de participation, par l’État, dans les entreprises étrangères d’exploitation des ressources naturelles. Les profits générés par cette participation étatique dans la propriété des entreprises bénéficiant de l’aide publique ne seront toutefois pas destinés au financement des missions de l’État, mais bien au financement de nouveaux projets d’exploitation du Nord. Le ministre Bachand accepte donc de prendre des parts dans les entreprises privées afin de mieux les soutenir par la suite. (Lire la suite…)
Depuis le tournant de l’an 2000, le Canada s’éloigne de l’image que l’on pouvait s’en faire, soit d’être un sympathique pays de casques bleus œuvrant à la paix et au bonheur planétaire. La rhétorique militaire du présent gouvernement ainsi que ses plans de développement pour les forces armées ne font que rendre plus explicite cette tendance. L’étude de l’évolution des dépenses militaires du gouvernement fédéral rend clair le caractère militariste du Canada d’aujourd’hui et de demain.
Entre 2005-06 et 2010-11, les dépenses militaires au Canada ont augmenté de 8 G$, soit une hausse de 54,2 %.
Évolution des dépenses militaires au Canada 2005-06 à 2010-11 en dollars

Source : Rapport sur les plans et les priorités 2006-2007, Défense nationale; et Budget supplémentaire des dépenses, 2007-08 - 2008-09 - 2009-10 - 2010-11, Gouvernement du Canada.
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Les inégalités sociales augmentent. S’il y a là matière à se scandaliser, il n’y a malheureusement pas matière à se surprendre. Des études récentes ont bien documenté le phénomène au Québec et au Canada, mais qu’en est-il des autres pays dits « développés »? Une étude publiée par l’OCDE en décembre dernier s’attarde justement à répondre à cette question et, disons-le, la réponse n’est pas des plus réjouissantes. Les pays membres de l’organisation qui, malgré 30 ans de croissance économique soutenue, ont vu l’écart entre les riches et les pauvres s’agrandir.

Source: OCDE, Décembre 2011
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Aller à l’université, avant d’être synonyme d’acquisition de connaissances ou d’expériences humaines, c’est d’abord faire l’expérience de l’endettement. Si traditionnellement les gens s’endettaient pour s’acheter une voiture ou une maison, les jeunes d’aujourd’hui ont la chance de vivre cette expérience « enrichissantes » dès les bancs d’école.
En ce sens, l’endettement étudiant est aujourd’hui un fardeau qui pèse lourd sur les choix de vie des étudiant-es du Québec. Selon les données de l’Aide financière aux études, les étudiant-es du réseau collégial doivent encaisser un niveau d’endettement moyen s’élevant à 6 923 $, tandis que leur collègue universitaires subissent un niveau d’endettement moyen se situant à 12 029 $. De plus, on constate que cette situation précarisant la vie étudiante est plus lourde à porter à mesure que les étudiant-es gagnent en âge. (Lire la suite…)
Dans un court texte qui circule actuellement sur le Web, intitulé « Petit cours sur la fiscalité » et que Claude Picher avait retranscrit ici, un auteur anonyme tente d’expliquer le fonctionnement de la fiscalité afin de prendre la défense du pauvre sort des plus nantis qui, ô enfer, doivent payer plus d’impôt que le reste de la population.
Un détail semble toutefois échapper à notre auteur anonyme : au sein des sociétés capitalistes, ce n’est pas l’impôt qui est cause d’injustice, mais plutôt la distribution des gains et du temps de travail opérée par le « marché ».
On pourrait formuler de nombreuses objections rationnelles à cette courte fable – elle ne rend pas le caractère essentiel à la vie des services publics en les comparant à de la bière, elle ne mentionne jamais d’où provient l’argent, les chiffres donnés ne correspondent pas du tout au fonctionnement du système fiscal, etc. – j’ai cependant trouvé plus amusant d’en écrire une version à partir d’un autre point de vue.
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La directrice-générale du Collège Marie-Victorin a réagi sur notre blogue en réponse à un billet de Philippe Hurteau sur l’entente que le Cégep s’apprêterait à conclure avec Saputo.
Nous répliquons à sa réponse était donné que la directrice-générale escamote à la fois quelques détails et le fond de toute cette affaire.
D’abord, en ce qui a trait au support reçu par le projet, Mme Rouiller évoque le support de certains groupes sans jamais nous expliquer comment le CA du Cégep peut aller de l’avant malgré l’opposition des professeurs et des étudiants. Elle n’explique pas non plus pourquoi, si les terrains sont en nombre suffisants et qu’ils sont accessibles, le club de soccer de Montréal-Nord se voit-il contraint de louer des terrains hors de l’île de Montréal pour répondre à ses besoin.
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Texte paru dans la revue À Babord! d’octobre 2011.
Depuis l’automne 2008, aucun reportage sur « l’état de santé » de l’économie mondiale ne passe à côté d’une question fondamentale : à quand le retour à la croissance? Beaucoup d’efforts est mis en place pour stimuler l’économie afin de retrouver rapidement le chemin d’une expansion soutenue et continue. Pourtant, les mêmes journaux télévisés qui, d’une voix espère retrouver le chemin de la prospérité, se montrent de plus en plus soucieux de développement durable et de lutte aux changements climatiques. Il y donc là imbrication de deux discours pourtant irréconciliables : d’un côté une défense acritique de la croissance économique comme souverain bien de la vie civilisée et, de l’autre, la reconnaissance de la nécessité de « protéger » l’environnement des activités humaines.
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