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Présentation de l'auteur·e

Guillaume Hébert détient une maîtrise en science politique de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Il œuvre sur les questions relatives au système de santé et services sociaux, les finances publiques et à la situation du logement. Il s’intéresse aux aléas de l’économie mondiale, notamment les conséquences de la mondialisation sur la configuration urbaine. Il a étudié à Buenos Aires (Argentine) et São Paulo (Brésil) et maîtrise les quatre langues officielles du continent.

Publications à l'IRIS: L'économie pour tout le monde, La gouvernance en santé au Québec, Les coûts de l’escalade sécuritaire au Canada, Les périls de l'accès à la propriété, La sous‑traitance dans le secteur public: coûts et conséquences, Les organismes communautaires au Québec : Financement et évolution des pratiques, Le financement à l’activité peut-il résoudre les problèmes du système de santé?, Coûts et efficacité des politiques correctionnelles fédérales, Logement 2011 : Marché locatif et spéculation, Gaz de schiste : une filière écologique et profitable pour le Québec ?, La révolution tarifaire au Québec, Argumentaire économique pour un régime universel d'assurance-médicaments, Logement 2010 : Différents visages de la crise, Nouveaux CHUM/CUSM: Vers la sous-traitance des services alimentaires?, Pénurie de logements et hausse de loyers, Logement: d'une crise à l'autre, Le privé en santé, La pénurie de logements – 2007, La pénurie de logements – 2006,

Le Chaoulli de l’Ouest

par Guillaume Hébert, le 17 avril 2014 dans la catégorie Santé

On en entend peu parler au Québec, mais la bataille est engagée au Canada anglais sur l’avenir de l’assurance-maladie. Des partisans de la médecine et de l’assurance privée violent ouvertement les lois provinciales sur l’interdiction du financement privé des soins afin d’être poursuivis par les autorités et ainsi devoir se défendre devant la cour. Pourquoi? Parce qu’une fois parvenu devant le juge, ces promoteurs du privé ont l’intention d’invoquer le jugement Chaoulli de 2005 et d’ainsi faire jurisprudence contre l’assurance-maladie tel que nous la connaissons.

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Malgré le frette et les barbares

par Guillaume Hébert, le 11 avril 2014 dans la catégorie Accords commerciaux

La chanson « Les Yankees », de Richard Desjardins, est un chef-d’œuvre. Elle raconte en poésie ce qu’est l’impérialisme et le colonialisme à travers le récit d’un débarquement de marines au sud du continent. La chanson fait écho à une longue tradition de dépossession en Amérique latine, une sombre tradition à l’origine de l’expression « République de bananes ». On avait jadis attribué ce surnom au Honduras à l’époque où une compagnie bananière fonctionnait comme le véritable pouvoir à l’intérieur d’un État dirigé par un gouvernement de marionnettes. Mais qui sont vraiment ces « yankees »?

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L’avenir est-il à la stagnation économique prolongée?

par Guillaume Hébert, le 9 avril 2014 dans la catégorie Économie financière

La « Grande Récession » qui s’est amorcée en 2008 a été la plus importante depuis la « Grande Dépression » de 1929. Nous sommes désormais familiers avec son déclencheur, la crise de subprimes, ces prêts hypothécaires tordus consentis à des ménages qui allaient manifestement faire défaut sur leurs paiements. Cela étant dit, les causes profondes de la Grande Récession et l’avenir qui s’ouvre suite à celle-ci comporte bien des zones d’ombre. De fait, il n’y a pas de consensus ni sur les conditions structurelles ayant mené à la crise, ni sur la robustesse ou sur la précarité de la reprise en cours.

J’ai lu avec intérêt les échanges récents à ce sujet entre les économistes Sam Gindin de l’Université de York (Toronto) et  Andrew Kliman de l’Université Pace (New York). Tous les deux sont marxistes et ça tombe bien, puisque Marx fait justement l’objet d’une réhabilitation relative au moment où la théorie économique néoclassique qui domine la discipline échoue à décrire adéquatement les phénomènes contemporains (« Was Marx Right? », était justement le titre d’un autre débat dans les pages du New York Times la semaine dernière).

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Dix ans de CSSS : pourquoi on a fait ça?

par Guillaume Hébert, le 20 mars 2014 dans la catégorie Santé

La semaine dernière, la Coalition solidarité santé organisait une soirée de réflexion sur les dix ans de la dernière grande réforme du système santé. Cette réforme de 2003, présidée par Philippe Couillard alors ministre de la Santé et des Services sociaux, avait notamment transformé les régies régionales en Agences de la santé et des services sociaux (ASSS) et créé les actuels « CSSS », les Centres de santé et de services sociaux qui servent de pallier local à ce gigantesque réseau où travaillent 275 000 personnes.

Et cette réforme, elle a servi à quoi?

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Santé : importer les pratiques du privé ne réduit pas la bureaucratie

par Guillaume Hébert, le 18 février 2014 dans la catégorie Santé

Il y a deux ans (déjà), lorsqu’il a été question de défendre le système d’éducation, un très grand nombre de Québécoises et de Québécois sont montés aux barricades défendre l’héritage de la Révolution tranquille.

Force est de constater que les Québécois.e.s ne se soulèveraient pas de la même manière pour défendre leur système de santé. Comparé aux provinces canadiennes, le Québec est même l’endroit où l’on est habituellement le plus favorable à une présence accrue du secteur privé en santé.

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Budget fédéral : faut-il précipiter le retour au déficit zéro?

par Guillaume Hébert, le 5 février 2014 dans la catégorie Finances publiques

La poursuite de l’équilibre budgétaire peut être contreproductive lorsqu’elle devient obsessive. Comme au Québec, la date du retour au déficit zéro fait l’objet de spéculations à Ottawa. Lorsque l’attention du public y est portée, on oublie de considérer le coût socio-économique de cette lutte acharnée au déficit. Le budget alternatif du Centre canadien de politiques alternatives (CCPA) est là pour nous le rappeler et nous offrir d’autres avenues pour la gestion des finances publiques.

Le budget 2014-2015 du gouvernement Harper sera déposé la semaine prochaine. On s’attend à un budget déficitaire et à l’annonce d’un retour à l’équilibre pour le prochain exercice, celui de 2015-2016. Pour parvenir à ce résultat, le gouvernement applique des compressions budgétaires depuis plusieurs années. En faisant le choix de l’austérité, le gouvernement a contribué à assécher l’économie en sacrifiant au passage non seulement des citoyen-ne-s qui ont besoin de services, mais aussi ceux et celles qui veulent travailler.

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Québec dans le rouge : la faute à DiCaprio

par Guillaume Hébert, le 29 janvier 2014 dans la catégorie Finances publiques

C’est reparti. L’approche du budget du Québec entraîne les frappes préventives de la droite économique. La semaine dernière, la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques de l’Université de Sherbrooke marquait le début de la saison budgétaire en évoquant le « choc » qui frappera le Québec « d’ici 2050 ». Aujourd’hui, c’est au tour du Centre sur la productivité et la prospérité (CPP) de HEC Montréal de publier son bilan de la productivité du Québec, un véritable exercice annuel d’autoflagellation à propos de l’économie québécoise et des finances publiques.

Les constats sont connus. Le Québec n’est pas assez productif, il ne crée pas suffisamment d’emplois et les impôts sont trop élevés. Par ailleurs, l’État, comme les ménages, vivent au-dessus de leurs moyens. Le premier dépense une fortune dans les services publics et les deuxièmes sont surendettés parce qu’ils manquent de littératie financière. Vient enfin le vieillissement de la population qui assène le coup de grâce aux contribuables québécois excessivement oisifs qui vivraient « à l’européenne ».

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À propos du top 100 des PDG

par Guillaume Hébert, le 6 janvier 2014 dans la catégorie Revenus

La semaine dernière, nos collègues du Centre canadien de politiques alternatives (CCPA) publiaient leur mise à jourannuelle sur la rémunération des 100 dirigeants d’entreprises les mieux payés au Canada.

Lorsqu’on appartient à ce groupe, on gagne en moyenne 8 millions (M) de dollars par année, une fois additionnés les différents modes de rémunération (salaire, primes, actions, options, etc.).

Gagner 8 millions par an, ça veut dire que le 2 janvier 2014, à 13h11, on a déjà empoché environ 47 000$, soit le salaire moyen d’un travailleur au Canada.

Pourquoi, ça survient le 2 janvier ? Parce que le 1er, c’est férié…

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La politique du charognard

par Guillaume Hébert, le 2 décembre 2013 dans la catégorie Accords commerciaux

Le 28 juillet 2009, l’armée du Honduras décide d’en finir avec l’élan démocratique du pays. Coup d’État. On attrape le président chez lui en pyjama, on le met dans avion et on l’expédie à l’étranger. Les classes dominantes du Honduras ne voulaient plus rien savoir de ce président, Manuel Zelaya, qui s’était mis en tête de réécrire la Constitution du pays, le 2e plus appauvri des Amériques, après Haïti. Quelques assassinats et quelques tractations plus tard, une nouvelle élection est organisée et un nouveau président est élu. Le Canada peut maintenant entrer en scène.

Il y a une semaine, c’était les élections générales au Honduras. Il s’agissait des premières « véritables » élections depuis le coup d’État de 2009. Celles qui avaient eu lieu quelques mois après cet événement avait surtout servi à avaliser le putsch des élites. Xiomara Castro, l’épouse du président Zelaya renversé en 2009, était candidate à la présidence pour le parti LIBRE (Libertad y Refundacion). Au moment d’écrire ces lignes, le parti de la candidate Castro ainsi que d’autres formations politiques contestent les résultats de l’élection en raison des nombreuses irrégularités dont elle a fait l’objet.

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La finance, ses robots et nous

par Guillaume Hébert, le 14 novembre 2013 dans la catégorie Économie financière

Capture d’écran 2013-11-14 à 10.47.41Dans une brochure qu’elle publie aujourd’hui, ma collègue Caroline Joly nous montre que plus des deux tiers des décisions mondiales de vente ou d’achat sur les marchés financiers sont aujourd’hui prises par des intelligences artificielles. « Quelle importance? Tant que ça marche », diront certain.e.s. Cette brochure montre pourtant qu’une telle transformation a d’importantes conséquences pour nous.

On imagine les places boursières remplies de traders achetant et vendant à la criée, mais la réalité a bien changé, nous explique Caroline Joly. En ce moment, pour les firmes oeuvrant sur les marchés financiers, la question est de savoir qui a le meilleur algorithme, l’ordinateur le plus puissant ou la plus petite distance entre ses serveurs et ceux des plus grandes bourses. Ces robots permettent de profiter de fluctuations de prix minuscules visibles pendant des microsecondes. Dans ces situations, personne ne peut faire concurrence à ces machines qui échangent plus d’un millier de titres en un seul battement de paupière.

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