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Présentation de l'auteur·e

Eric Martin étudie la pensée politique au doctorat en science politique à l’Université d’Ottawa. Politologue et journaliste de formation, ses champs d’intérêts sont la pensée dialectique, le marxisme occidental, la théorie critique de la postmodernité, l’anticapitalisme, la critique de l’idéologie néolibérale, l’étude des transformations qui affectent les universités dans le capitalisme avancé et la sociologie des médias.

Publications à l'IRIS: L’endettement étudiant: une bulle spéculative?, Faut-il vraiment augmenter les frais de scolarité?, La gouvernance des universités dans l'économie du savoir, Financement des universités: Vers une américanisation du modèle québécois, Tarification de l’éducation postsecondaire ou gratuité scolaire?,

Le professeur Gilles Gagné démonte le sous-financement universitaire

par Eric Martin, le 15 mai 2012 dans la catégorie Éducation

Dans une note de recherche publiée sur notre site Web, Gilles Gagné, professeur au Département de sociologie de l’Université Laval, démonte la thèse du sous-financement universitaire mise de l’avant par la CRÉPUQ.

En étudiant la répartition du financement universitaire, le professeur Gagné démontre qu’il existe en réalité de grandes inégalités entre le financement que reçoivent les universités, une disparité dans le financement des disciplines et des types d’étudiant-e-s. D’un côté, les humanités et les petites universités régionales qui ont peu de ressources, de l’autre, les domaines de sciences et technologies qui s’accaparent la plus grande part des ressources.

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La dernière « offre » du gouvernement

par Eric Martin, le 7 mai 2012 dans la catégorie Éducation

Comme il semble y avoir eu certaines irrégularités dans le processus de négociation, nous parlerons ici d’une offre gouvernementales plutôt que d’une entente négociée.

Le gouvernement garde le cap sur la hausse mais propose d’instaurer un comité qui évaluerait l’utilisation des ressources dans les universités. Les économies réalisées pourraient réduire les frais afférents et compenser la hausse des frais de scolarité. L’affaire peut sembler sympathique. Mais cette concession apparente est, encore une fois, un cadeau empoisonné.

D’une part, le gouvernement ne recule pas sur la hausse et réussit à en faire reconnaître la légitimité, alors que cette mesure injuste et antisociale a été justifiée par un prétendu sous-financement complètement fallacieux. La hausse est maintenue comme s’il s’agissait d’une fatalité cosmique. (Lire la suite…)

La nouvelle proposition du gouvernement

par Simon Tremblay-Pepin et Eric Martin, le 27 avril 2012 dans la catégorie Éducation

Donc le gouvernement Charest vient de faire une nouvelle proposition pour sortir de la crise.

Les mesures chiffrées

D’abord il propose un étalement de la hausse des frais de scolarité de 5 à 7 ans. Cette hausse inclut l’inflation des deux années supplémentaires et fait donc passer la hausse totale de 1625$ à 1779$. Gérald Fillion l’explique bien sur son blogue.

Le gouvernement se propose aussi d’offrir pour 39 M$ de bourses supplémentaires qui seront accessible aux ménages de moins de 45 000$. Le gouvernement affirme que cette hausse des bourses ne coûtera rien aux contribuables car elle sera prise à même le crédit d’impôt pour les frais de scolarité. Le crédit d’impôt coûte au gouvernement environ 140 M$ et il sera donc réduit de près de 30% en terme de montant octroyé. Le crédit lui-même passera de 20% des frais de scolarités payés à 16,5%. (Lire la suite…)

Sur le RPR et l’assurance-qualité

par Eric Martin, le 17 avril 2012 dans la catégorie Éducation

Pour tenter de mettre fin à la grève étudiante, la ministre Beauchamp a annoncé deux mesures. 1) l’instauration d’un mécanisme de remboursement proportionnel au revenu (RPR) et 2) la mise en place d’une Commission d’évaluation des universités du Québec (CEUQ), un mécanisme d’évaluation de la qualité des programmes et établissements universitaires. Or, loin d’être des concessions au mouvement étudiant, ces mesures sont prévues depuis longtemps dans le plan gouvernement, et sont des composantes importantes du projet de réorientation des finalités de l’enseignement supérieur.

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Réponse à André Pratte : La hausse et l’accessibilité aux études

par Eric Martin, le 29 février 2012 dans la catégorie Éducation

Dans un éditorial récent, André Pratte prétend que « les hausses des droits de scolarité n’ont pas d’impact sur l’accessibilité de l’université ». Or, au contraire, elles ont un impact important sur l’accès à une éducation universitaire publique, mais il est difficile de le constater lorsqu’on se limite à considérer les fluctuations du taux de fréquentation nominal. Il est vrai que hausses conduisent généralement à des chutes conjoncturelles d’inscriptions au moment de leur adoption, mais que la participation absolue, sur le long terme ne fléchit pas. Cependant, s’en tenir à cela, comme le fait M. Pratte, c’est oublier qu’un changement significatif s’est opéré entretemps : l’instauration d’un mécanisme d’endettement aux effets extrêmement pervers sur l’accessibilité.

Lorsqu’on hausse les droits de scolarité et que l’on généralise le recours à un système de prêts pour les gens n’ayant pas les moyens de payer ces frais immédiatement, on peut s’attendre à ce que la perspective d’un endettement élevé décourage les gens des ménages peu fortunés et les détourne des études supérieures. En effet, les gens qui proviennent des classes sociales moins nanties tendent à développer une attitude dite de « debt aversion » (littéralement : aversion pour l’endettement), c’est-à dire que la crainte d’un endettement élevé les dissuade de fréquenter l’université. Il ne faut donc pas uniquement considérer le taux de participation absolu, mais l’origine et la classe sociale des diplômés. On sait par exemple qu’au Canada, l’augmentation des frais de scolarité en médecine a réduit de 10 points de pourcentage la participation des étudiant-e-s provenant des familles les moins fortunées.

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La question de l’assurance-qualité débarque au Québec

par Eric Martin, le 9 janvier 2012 dans la catégorie Éducation

Peu avant les fêtes, le Conseil supérieur de l’Éducation du Québec a entamé, à la demande du ministère de l’Éducation, une consultation qui portait sur la pertinence d’ajuster les mécanismes d’assurance-qualité en éducation de la province, le tout dans un délai accéléré qui dénote un empressement peu commun de la hiérarchie. Le concept « d’assurance-qualité » est peu connu, même chez les universitaires, mais il n’en s’agit pas moins d’un dispositif important lié à la reconversion commerciale des systèmes d’enseignement nationaux.

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Les plus bas en Amérique du Nord?

par Eric Martin, le 9 décembre 2011 dans la catégorie Éducation

Au Québec, « nous avons les frais de scolarité les plus bas en Amérique du Nord ».  Cette affirmation sentencieuse, répétée ad nauseam dans les médias et par les politiciens, prétend clore le débat sur la hausse des frais de scolarité. Si nos frais sont moins hauts que ceux du Canada anglais, n’est-il pas temps de « rejoindre la moyenne canadienne ». Il m’a semblé devoir régler une fois pour toute le sort de cette déclaration-zombie qui refait périodiquement surface sans être mise en examen.

Disons d’emblée que la question de la hausse des frais de scolarité suppose une réforme en profondeur du financement et de la mission des universités pour les brancher sur les intérêts du secteur privé et du capital de risque, comme nous l’avons montré ailleurs. Notons également qu’une telle réforme ne saurait se faire en profondeur sur le fond des choses : est-ce souhaitable ? Néfaste ? Y’a-t-il des conséquences adverses à ce genre de réforme ? Or, le principal argument offert est un argument purement quantitatif et conformiste.

Nous avons aussi montré ailleurs que hausser les « droits » de scolarité allait entraîner des hausses de l’endettement, des baisses de fréquentation, des inégalités de classe, une hausse du travail étudiant, en plus de servir de mécanisme de privatisation de l’université pour servir les intérêts du grand capital corporatif.

Il semble que le seul argument « plus bas en Amérique du Nord » serve à lui seul de contrepoids à toute ces catastrophes. Une petite leçon de statistique est donc à l’ordre du jour. (Lire la suite…)

Regards sur la CAQ: le projet économique de François Legault

par Eric Martin, le 18 novembre 2011 dans la catégorie Développement économique

L’ex-souverainiste François Legault a choisi sa nouvelle patrie : la valeur. Legault dit en effet vouloir « encourager la création de valeur » au Québec : « Le succès économique du Québec dépend des compétences des Québécois, de leur volonté à investir pour le futur, de leur capacité à innover et de leur créativité ». En clair, le nouveau projet mobilisateur n’est pas l’indépendance nationale, mais bien la course à l’innovation. On sait, et ce n’est pas nouveau pour François Legault, père des contrats de performance en éducation, que la rhétorique de « l’économie du savoir » allie le leitmotiv de la créativité personnelle à la mobilisation des institutions d’enseignement supérieur dans le but de produire des découvertes commercialisables et d’attirer les investissements en capital de risque. Il faut être « créatif » pour développer des brevets et attirer les investissements étrangers.

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La jeunesse chilienne contre l’éducation privée

par Eric Martin, le 20 octobre 2011 dans la catégorie Éducation

Depuis plus de cinq mois, les étudiant-e-s du Chili font la grève et prennent la rue pour protester contre la privatisation de leur système d’éducation. Comme le montre le graphique, issu du rapport Regards sur l’éducation 2011, le Chili est l’un des pays où le système d’éducation est le plus privatisé.

 

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