Simon Tremblay-Pepin complète un doctorat en science politique à l’Université York où il se concentre sur le lien entre l’économie et les structures démocratiques. Journaliste, militant et consultant en relations publiques, il s’est impliqué dans divers médias et organisations. Ses intérêts de recherche sont les systèmes politiques, les finances publiques et les perspectives de démocratisation économique.
On a beaucoup parlé de la Grèce dans la dernière année. Parfois pour nous annoncer un sauvetage, souvent pour nous annoncer la fin qui approchait. Parmi l’avalanche de nouvelles que nous avons eu sur ce pays, ce petit billet veut synthétiser ce qui s’est écrit de plus intéressant au sujet de la Grèce dans les deniers temps. Deux sujets majeurs: qu’est-ce qui a causé la « crise grecque » et quelle est la nature du plan d’austérité qu’on impose en ce moment à sa population contre son gré.
Or, nous savons aussi que l’industrie des sables bitumineux émet une vaste quantité de ces gaz en plus de détruire de façon irrémédiable des écosystèmes entiers. Or, les changements climatiques causeront une augmentation des catastrophes naturelles, en plus d’importants déplacements de population, conséquence de la crue des eaux. En se fondant sur un rapport de Economics of Climate Adaptation qui calcule que les catastrophes naturelles des 50 dernières années ont causées 800 000 morts, Lee pose la question : combien en causeront celles qui seront provoqués par les changements climatiques? Qui portera la responsabilité de ces morts qui auraient pu être évités?
De notre point de vue, cette affirmation peut paraître hasardeuse, mais dans 50 ans, quel regard l’Histoire et ceux qui l’auront vécu jetteront sur nos choix d’investir dans ces énergies en se fondant sur leur seule rentabilité? Les 174 milliards de barils de pétrole que nous rêvons d’extraire seront-ils aussi séduisant pour le jugement de ceux et celles qui nous suivront?
La part du Québec
Au Québec, les sables bitumineux nous semblent bien lointains. Or, Eric Pineault a fait la démonstration que nous ne pouvons plus jouer à l’autruche. L’argent de la Caisse de dépôt et placement du Québec finance le développement d’entreprises qui œuvrent dans ce type d’énergie. Voici les 10 plus importants investissement en bourse de la Caisse, avec une mention spéciale pour les entreprises investissant dans les sables bitumeux.
Donc, la moitié des dix investissements en bourse les plus importants sont dans les sables bitumineux. Un seul de ces investissements se fait au Québec (CGI).
Si l’accusation de Mark Lee est valide, quel rôle joue le Québec dans ce crime? De tout évidence, il est plus complice que témoin.
Les autres problèmes des sables bitumineux
Comme si ce n’était pas suffisant, les sables bitumineux ne posent pas que de graves problèmes environnementaux. Sur le plan du développement économique, on peut aussi prévoir des conséquences fortement néfastes.
L’exploitation des sables bitumineux participe à la « décomplexification » de la production. En général plus les pays sont développés plus ils produisent des produits complexes. Le Canada fait piètre figure à cet égard. L’investissement dans les sables bitumineux centre l’économie canadienne sur l’extraction de ressource sans transformation. Nous nous rapprochons ainsi du modèle d’une économie en développement plutôt que celui d’une économie développée.
À moyen terme, à cause de la rente liée à l’exportation des ressources pétrolifères (que le gouvernement fédéral semble vouloir faire croître), le Canada pourrait ressentir avec plus d’intensité le mal hollandais et voir croitre davantage son dollar, ce qui participerait à diminuer davantage la diversification de son économie.
Voilà quelques temps qu’on parle de l’endettement des ménages au Canada, l’IRIS vous propose donc pour les prochaines semaines quelques billets d’analyse de l’état actuel de l’endettement des ménages, au Canada, au Québec et à l’étranger.
Le magazine Time a décrété que la personnalité de l’année 2011 était le protester (le manifestant). La page couverture du magazine est on ne peut plus claire, on y évoque les manifestant-es de Wall Street, du printemps arabe, de la Grèce et de Moscou. Dans son édition du week-end des fêtes, Le Devoir allait dans le même sens en nommant « l’Indigné » comme personnalité de l’année. Le texte du Time nous prévient que s’il y a des manifestant-es depuis des lunes, ceux de cette année ont une toute autre efficacité et, en plus, n’ont pas les mêmes référents idéologiques :
All over the world they are criticized by old-schoolers for lacking prefab ideological consistency, which the protesters in turn see as a feature rather than a bug. Miral Brinjy, a 27-year-old blogger and TV-news producer who grew up in Saudi Arabia and arrived in Tahrir Square on the first day of protests 11 months ago, doesn’t presume to have a precise picture of the new Egyptian government and society she envisions, but as she told me in Cairo last month, « I know what I don’t want. »
On ne peut éliminer le déficit public par la seule augmentation de l’impôt des plus fortunés. C’est la conclusion à laquelle arrive la plus récente publication de l’Institut économique de Montréal (IEDM), rédigée par son président-directeur-général, Michel Kelly-Gagnon. Les gens fortunés feraient d’ailleurs leur part, comme ils paient 12% des impôts alors qu’ils ne représentent 0,5% de la population ajoute la note économique.
Penchons-nous sur ces arguments pour voir s’ils tiennent la route. (Lire la suite…)
Il y a quelques jours, j’ai eu la chance d’aller donner la conférence de l’IRIS sur les frais de scolarité à Rouyn-Noranda sur l’invitation du Réseau Vigilance de l’Abitibi-Témiscamingue. Je n’y ai rien dit de surprenant, du moins pour tous ceux et toutes celles qui ont pu voir notre série de vidéos sur la hausse des frais de scolarité. La surprise est plutôt venue de la rectrice même de l’université, Mme Johanne Jean, qui a fait l’étonnant choix de réagir à ma visite.
L’IRIS termine aujourd’hui sa série de capsules vidéo sur la hausse des frais de scolarité.
Dans cette dernière capsule, nos deux chercheurs, Eric Martin et Simon Tremblay-Pepin se penchent sur le rôle que nous souhaitons donner à l’éducation universitaire.
On entend souvent que le gel des frais de scolarité est intenable et que la gratuité scolaire serait une utopie irréaliste. Les finances publiques du Québec ne permettraient pas d’investir davantage en éducation ou même de continuer à offrir les niveaux actuels de frais de scolarité.
On entend souvent dans les médias que la hausse des frais de scolarité n’aurait pas d’effet sur la fréquentation universitaire. D’autres facteurs (la scolarité des parents, les résultats au secondaire, etc) seraient déterminant sur cette question. L’argument majeur derrière cette affirmation tient au fait que la fréquentation universitaire dans d’autres provinces canadiennes serait supérieure à celle du Québec et ce malgré de hauts frais.
Lors de la sortie du budget du Québec 2011-2012 qui annonçait la hausse des frais de scolarité le ministre Raymond Bachand affirmait que grâce à cette hausse les étudiant-es débourseraient enfin leur « juste part » du financement de leur éducation. Pourtant, non seulement les étudiant-es d’aujourd’hui travailleront bien plus pour payer leurs études que les étudiant-es des années précédentes, mais en plus, un système de financement juste et équitable de l’éducation existe déjà. (Lire la suite…)