La directrice-générale du Collège Marie-Victorin a réagi sur notre blogue en réponse à un billet de Philippe Hurteau sur l’entente que le Cégep s’apprêterait à conclure avec Saputo.
Nous répliquons à sa réponse était donné que la directrice-générale escamote à la fois quelques détails et le fond de toute cette affaire.
D’abord, en ce qui a trait au support reçu par le projet, Mme Rouiller évoque le support de certains groupes sans jamais nous expliquer comment le CA du Cégep peut aller de l’avant malgré l’opposition des professeurs et des étudiants. Elle n’explique pas non plus pourquoi, si les terrains sont en nombre suffisants et qu’ils sont accessibles, le club de soccer de Montréal-Nord se voit-il contraint de louer des terrains hors de l’île de Montréal pour répondre à ses besoin.
Peu avant les fêtes, le Conseil supérieur de l’Éducation du Québec a entamé, à la demande du ministère de l’Éducation, une consultation qui portait sur la pertinence d’ajuster les mécanismes d’assurance-qualité en éducation de la province, le tout dans un délai accéléré qui dénote un empressement peu commun de la hiérarchie. Le concept « d’assurance-qualité » est peu connu, même chez les universitaires, mais il n’en s’agit pas moins d’un dispositif important lié à la reconversion commerciale des systèmes d’enseignement nationaux.
Au Québec, « nous avons les frais de scolarité les plus bas en Amérique du Nord ». Cette affirmation sentencieuse, répétée ad nauseam dans les médias et par les politiciens, prétend clore le débat sur la hausse des frais de scolarité. Si nos frais sont moins hauts que ceux du Canada anglais, n’est-il pas temps de « rejoindre la moyenne canadienne ». Il m’a semblé devoir régler une fois pour toute le sort de cette déclaration-zombie qui refait périodiquement surface sans être mise en examen.
Disons d’emblée que la question de la hausse des frais de scolarité suppose une réforme en profondeur du financement et de la mission des universités pour les brancher sur les intérêts du secteur privé et du capital de risque, comme nous l’avons montré ailleurs. Notons également qu’une telle réforme ne saurait se faire en profondeur sur le fond des choses : est-ce souhaitable ? Néfaste ? Y’a-t-il des conséquences adverses à ce genre de réforme ? Or, le principal argument offert est un argument purement quantitatif et conformiste.
Nous avons aussi montré ailleurs que hausser les « droits » de scolarité allait entraîner des hausses de l’endettement, des baisses de fréquentation, des inégalités de classe, une hausse du travail étudiant, en plus de servir de mécanisme de privatisation de l’université pour servir les intérêts du grand capital corporatif.
Il semble que le seul argument « plus bas en Amérique du Nord » serve à lui seul de contrepoids à toute ces catastrophes. Une petite leçon de statistique est donc à l’ordre du jour. (Lire la suite…)
Il y a quelques jours, j’ai eu la chance d’aller donner la conférence de l’IRIS sur les frais de scolarité à Rouyn-Noranda sur l’invitation du Réseau Vigilance de l’Abitibi-Témiscamingue. Je n’y ai rien dit de surprenant, du moins pour tous ceux et toutes celles qui ont pu voir notre série de vidéos sur la hausse des frais de scolarité. La surprise est plutôt venue de la rectrice même de l’université, Mme Johanne Jean, qui a fait l’étonnant choix de réagir à ma visite.
L’IRIS termine aujourd’hui sa série de capsules vidéo sur la hausse des frais de scolarité.
Dans cette dernière capsule, nos deux chercheurs, Eric Martin et Simon Tremblay-Pepin se penchent sur le rôle que nous souhaitons donner à l’éducation universitaire.
On entend souvent que le gel des frais de scolarité est intenable et que la gratuité scolaire serait une utopie irréaliste. Les finances publiques du Québec ne permettraient pas d’investir davantage en éducation ou même de continuer à offrir les niveaux actuels de frais de scolarité.
Le conseil d’administration du Cégep Marie-Victorin devra décider cette semaine s’il approuve un projet d’association d’une durée de 25 ans avec l’Impact de Montréal. En vertu de cette entente, le Ministère de l’Éducation, du Loisirs et du Sport (MELS) et l’Impact investiront chacun plus de 4 M$ dans la construction et la rénovation de terrains de soccer et de bâtiments de service. Le Cégep déboursera à son tour un 4 M$ supplémentaire pour construire des nouveaux locaux d’enseignement, une somme qu’il amassera à même le loyer payé par l’Impact.
On entend souvent dans les médias que la hausse des frais de scolarité n’aurait pas d’effet sur la fréquentation universitaire. D’autres facteurs (la scolarité des parents, les résultats au secondaire, etc) seraient déterminant sur cette question. L’argument majeur derrière cette affirmation tient au fait que la fréquentation universitaire dans d’autres provinces canadiennes serait supérieure à celle du Québec et ce malgré de hauts frais.
Lors de la sortie du budget du Québec 2011-2012 qui annonçait la hausse des frais de scolarité le ministre Raymond Bachand affirmait que grâce à cette hausse les étudiant-es débourseraient enfin leur « juste part » du financement de leur éducation. Pourtant, non seulement les étudiant-es d’aujourd’hui travailleront bien plus pour payer leurs études que les étudiant-es des années précédentes, mais en plus, un système de financement juste et équitable de l’éducation existe déjà. (Lire la suite…)
Dans cette cinquième capsule de notre série du la hausse des frais de scolarité, je me penche sur l’argument qui voudrait qu’elle soit compensée par l’aide financière aux études (AFE). (Lire la suite…)