L’Institut économique de Montréal (IEDM) a publié mardi dernier une note économique qui suggère que le système de santé allemand montre que « la participation du secteur privé et la recherche du profit » va de pair avec une meilleure qualité et efficacité des soins. L’auteur du document, Frederick Cyrus Roeder, vante le système de santé à deux vitesses de l’Allemagne.
Parmi les avantages présumés du modèle allemand, la note mentionne la compétition entre les hôpitaux et le financement à travers le financement par activité, la pression qu’exercent dans les hôpitaux privés les investisseurs dans l’attente de rendement, les emprunts par les établissements hospitaliers sur les marchés financiers, etc. Pour l’auteur, ces caractéristiques se traduiraient par des gains d’efficacité au sein du système privé et public.
Malheureusement pour l’IEDM et autres croisés du privé, on pouvait lire hier dans les pages du Devoir que le système de santé du Canada fait plutôt bonne figure au sein d’une liste de 27 pays l’OCDE étudié par le chercheur de santé publique Éric Tchouaket dans le cadre de sa thèse de doctorat.
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L’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) a récemment publié les derniers chiffres sur les dépenses du pays au chapitre de la santé. Cette analyse est un antidote rationnel à une question politique épineuse puisqu’elle montre que les coûts des soins ne s’emballent pas. En fait, ce rapport souligne que les vrais enjeux sont très peu liés à l’argent.
Presque tous les jours, un politicien ou un ponte quelconque, déclare que nous avons perdu le contrôle des dépenses provinciales en matière de santé et que cette situation mine la capacité de l’État à financer tous les autres services. Nos routes sont envahies par les nids de poule, nos enfants sont incapables de faire des multiplications et tous ces maux seraient causés par un système de santé vorace.
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C’est sans surprise que la Coalition pour l’Avenir du Québec (CAQ) de François Legault a pris position en faveur d’une révision du mode d’attribution des budgets en santé. Un courant appuie actuellement au Québec et au Canada le remplacement des budgets historiques des établissements de santé par le financement par activité (FPA) ou activity based funding.
Au Québec, le rapport Castonguay proposait l’adoption du FPA en 2008 et l’ex-président du Association médicale canadienne (AMC) en faisait tout autant en 2009 dans un discours à l’Institut économique de Montréal (IEDM). Des provinces canadiennes (Colombie-Britannique, Alberta, Ontario) envisagent d’instaurer une forme ou une autre de FPA.
En quoi consiste exactement cette révision du mode d’attribution des budgets ?
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Dans son document sur la santé, M. Legault propose, afin de réduire le coût des médicaments: 1-d’abolir la règle de 15 ans, 2-d’étendre la durée des renouvellements de prescription pour certaines conditions de 1 à 3 mois, et 3-de faire preuve d’une plus grande exigence pour permettre le remboursement de nouveaux médicaments. Ces propositions avaient toutes été mises de l’avant par l’IRIS en 2010 dans son Argumentaire pour un Régime Public Universel d’Assurance-Médicaments. (Lire la suite…)
Lundi, l’institut Fraser publiait une étude qui affirme que le coût des médicaments n’est pas aussi déterminant que certains l’affirment pour expliquer l’évolution des dépenses de santé. Comme j’ai participé, avec mon collègue Marc-André Gagnon, à la rédaction d’un rapport publié l’an dernier qui affirmait qu’on pouvait économiser jusqu’à 10 G$ en agissant sur le coût des médicaments, j’ai jeté un œil aux affirmations du Fraser.
D’abord, certains choix méthodologiques doivent être questionnés. (Lire la suite…)