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La dernière « offre » du gouvernement

par Eric Martin, dans la catégorie Éducation

65 commentaires

Comme il semble y avoir eu certaines irrégularités dans le processus de négociation, nous parlerons ici d’une offre gouvernementales plutôt que d’une entente négociée.

Le gouvernement garde le cap sur la hausse mais propose d’instaurer un comité qui évaluerait l’utilisation des ressources dans les universités. Les économies réalisées pourraient réduire les frais afférents et compenser la hausse des frais de scolarité. L’affaire peut sembler sympathique. Mais cette concession apparente est, encore une fois, un cadeau empoisonné.

D’une part, le gouvernement ne recule pas sur la hausse et réussit à en faire reconnaître la légitimité, alors que cette mesure injuste et antisociale a été justifiée par un prétendu sous-financement complètement fallacieux. La hausse est maintenue comme s’il s’agissait d’une fatalité cosmique.

Ensuite, ce sont les étudiant-e-s qui deviennent responsables de faire le ménage dans le gaspillage et de gratter les fonds de tiroir des budgets universitaires pour essayer de regagner d’une main ce que la hausse leur prend de l’autre.  C’est vrai qu’il y a du gaspillage et toutes sortes de mésusages de fonds dans l’université, mais il sera difficile d’en convaincre un comité où les étudiant-e-s (4) et le personnel (4) sont minoritaires devant les recteurs (6), les gens d’affaires (2), le gouvernement (1). Il sera encore plus difficile de trouver une somme suffisante pour éliminer complètement la hausse puisque l’offre du gouvernement vise à réduire uniquement les frais institutionnels des universités, ceux-ci n’équivalent pas à un montant comparable à 1778$.

Mais, comme nous le disions déjà ici, l’affaire la plus pernicieuse dans tout cela c’est que le gouvernement en profite pour jeter les bases d’un mécanisme « d’assurance-qualité » permanent qui aura pour tâche de contrôler en continu l’utilisation optimale des ressources universitaires en se basant sur les « meilleures pratiques », c’est-à-dire sur des critères marchands de performance et d’efficience qui viennent des modèles britanniques et américains d’universités commercialisées.

Ceci permet de retirer du pouvoir a la CREPUQ (qui adhérait déjà tout à fait à la logique de marchandisation universitaire et qui conserve quand même un nombre de sièges enviable sur le nouveau comité) pour soumettre les universités à un pouvoir d’expertise externe et à de nouvelles normes de performance qui minent l’autonomie universitaire, la liberté académique, l’indépendance institutionnelle et le contenu de l’éducation pour l’arrimer aux impératifs de la valorisation et de la croissance de l’économie.

Ce qui débarque au Québec, c’est tout le projet de l’économie du savoir recopié depuis le processus de Bologne, avec ses trois piliers : 1) réforme du financement (plus de privé), RPR et hausse des frais 2) réforme managériale de la gouvernance et 3) instauration de mécanismes d’assurance-qualité. Ironiquement, chaque offre gouvernementale sert à aller encore un peu plus loin dans cette direction. Il n’est pas besoin de s’étendre longuement sur la catastrophe que tout ceci représente pour l’éducation publique.

Bref, la hausse continue, et si les étudiant-es veulent regagner un peu des sous qu’ils engloutiront dans l’aventure, ils devront accepter de participer à un comité qui n’est pas véritablement intéressé à en finir avec le gaspillage universitaire. Il sera peuplé de gens qui ne veulent pas les écouter et qui pensent, du reste, que de l’argent dans l’université, il n’y en a jamais assez car il faut être « concurrentiel » dans la mondialisation et tutti quanti. C’est d’ailleurs pour cela qu’ils montent les frais même si aucun argument sérieux ne le justifie, sauf peut-être le fantasme de copier le Canada, l’Angleterre et les USA. Pour être concurrentiel, il faut faire comme ceux qui ont détruit l’accès universel a l’éducation, et qui ont branché l’offre de programmes sur les injonctions de l’économie avec des mécanismes d’évaluation en continu pour savoir si on est assez collé sur le business, ou s’il faut encore s’oublier un peu plus comme universitaires. Payez ou aidez-nous a rationaliser l’université : des deux côtés, c’est du win-win pour L’État entrepreneurial…

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  1. Cécile Gagnon dit :

    Eh oui, en lisant cette entente; je vois bien, et il est évident que le gouvernement john james charest ne veut pas régler ce conflit. C’est pas un règlement qu’il veut, mais casser ces associations qui travaillent pour l’amélioration de la société contrairement à ce gouvernement. 4 places sur ce dit-comité. C’est quoi ça? Et de plus, la plupart des gens qui feront partie de ce comité devront être choisi par ce gouvernement!!!!! Et d’après ce que je lis de d’autres personnes qui ne semblent pas perdre de temps à lire des textes qui les renseignerait; ils écoutent ce que beauchamp et charest disent en conférence de presse. C’est là le bobo. Ils ne font qu’écouter les nouvelles, et ils se disent informés. J’ÉCOUTE LES NOUVELLES. Et que voyons-nous aux nouvelles? les membres du gouvernement qui ne font que de la désinformation et évidemment ont un discours qui parle pour eux. Pourtant, pour ma part, depuis que john james charest parle, c’est à dire depuis 3 ou 4 semaines, il est bien évident qu’il prend ce dossier très personnel comme celle qu’il envoie parler pour lui. Je suis en écoeurentite aigue de ce gouvernement et de ceux qui prétendent être au courant du dossier parce qu’ils entendent charest et beauchamp à la tv. Ça me semble être des imbéciles heureux. Peut-être n’ais-je pas raison de penser cela, mais le problème c’est que ce sont eux qui font en sorte que l’on pense cela d’eux.

    • Sylvie Petitclerc dit :

      Wow! Exactement ma pensée

    • Nicole Dussault dit :

      Tout à fait en accord avec vous !
      Merci de ce partage !

    • Je suis tout à fait d’accord aussi!

      « … écoeurentite aigue de ce gouvernement et de ceux qui prétendent être au courant … »

      • Jocelyn Roy dit :

        Ah oui! Évidemment, ceux qui ne partagent pas votre opinion sont forcément mal informés ou trop crétins pour comprendre la « vérité »…

        • Denis Rail dit :

          mal informés ou trop crétins pour voir qu’on leur ment et qu’on les remplit comme des cruches. Oui, la naïveté de ne pas considérer les média comme les haut-parleur de ceux qui gouvernent, avec les bias que cela implique, et conséquemment la nécessité de s’informer aussi ailleurs,.. est une tare : Oui, le conformisme à l’extrême rend idiot.
          Et faire la victime et la vierge offensée ne constitue pas un argument ni ne remplace l’absence d’arguments.

          • Marc Bourdeau dit :

            Si on fait une petite analyse de l’attitude gouvernementale, tout entière dans le passif-agressif, l’attitude la moins propice au respect, on s’aperçoit rapidement que le gouvernement ment mur à mur.

            Il s’adresse en fait à la «population», jamais il ne parle aux ni avec les étudiants. Propagande bien sûr, destinée à dresser (j’aime le terme) la population contre les étudiants.

            Témoin ce discours ridicule sur le 50 cents par jour, alors qu’en réalité il s’agit plutôt de 10$ par jour par étudiant au bout du processus d’augmentation. Témoin encore cette propagande sur les bourses tellement généreuses, mais les exemples présentés ne décrivent la situation de personne ou presque. Quelle générosité!

            Il ne faut pas s’étonner de voir la population de plus en plus irritée par le gouvernement, tout en appuyant de plus en plus les mesures d’augmentation. Petit paradoxe…

            Comment déjouer, contrer ce discours de propagande? Difficile question.

    • Lise dit :

      Complètement en accord avec votre commentaire!

    • Jade dit :

      Bien dit!

    • France Martin dit :

      Cécile, je suis votre amie.

  2. Jean Rochette dit :

    Merci de cette analyse.

    À contre courant de la tendance qui commence à se rebiffer contre cette offre, moi, assez curieusement, je voterais « pour ».

    Parce qu’elle est pourrie mais a le mérite de renvoyer à plus tard une hausse qui, par l’entente, ne sera pas facturée à l’automne.

    Parce que je crois profondément que, pour toutes les raisons que vous invoquez ici, il n’y a plus rien à tirer de ce gouvernement.

    Parce qu’avec des élections, on pourra probablement en finir avec eux et obtenir un vrai débat de société sur l’éducation.

    Parce que, loin de renoncer, cela permettrait aux étudiants de sauver leur session et de mettre leurs énergies, plus tard, à renverser le gouvernement.

    Peut-être que je raisonne mal, mais j’ai l’impression que c’est le seul moyen d’en finir: voir cette offre pour ce qu’elle est: un moratoire-épée-de-damoclès jusqu’en janvier 2013!

    • Victoire Laliberté dit :

      Petite parenthèse
      Seriez-vous Jean Rochette de Loretteville, près de Château d’Eau

    • Étudiante UQAM dit :

      En réponse à ton commentaire, je dirais que je crois pas qu’on doit voter sur l’entente en se disant que Charet ne sera pas réélue.. Nous ne sommes pas les seuls à voter et les gens oublie très vite. Je sais que ça parait pessimiste, mais c’est très possible qu’il soit réélu et on aurait alors à tout recommencer.

    • Antoine Gautier dit :

      Vous avez mal lu. L’offre maintient la hausse. Les frais afférents de la session se septembre 2012 seront facturés mais payables en janvier 2013 seulement (et s’ajouteront aux frais afférents de la session de janvier 2013). Par la suite on réduira la facture globale du montant qu’aura pu trouver un comité où les étudiants seront minoritaires et feront face à un travail pour lequel ils sont largement moins bien préparés que les représentants des autres parties.

      En gros, le gouvernement s’assure d’encaisser la hausse pendant que les étudiants doivent se quêter un rabais. Face à du monde qui a montré qu’il les méprise (gouvernement) ou qu’il a bien l’intention de continuer à encaisser des salaires de président de banque (recteurs).

    • Michel Pitre dit :

      Bonjour Jean Rochette;
      Je pense que je suis d’accord avec vous bien que je n’aie pas le droit de vote n’étant plus étudiant depuis longtemps. Je crois cependant que ce gouvernement a cru leurrer les leaders étudiants et les grévistes. Une autre insulte à leur intelligence. Ils ont tout de même fait des gains et c’est dans le plus long terme que se trouvera la solution.
      Merci pour votre vigilance!
      Michel Pitre

    • Eric Martin dit :

      Je pense que miser sur des élections n’est pas une bonne idée, ce qui se joue ici c’est une bataille de principe entre deux modèles. L’offre du gouvernement constitue une défaite sur le principe assortie d’une solution technnocratique a posteriori qui ne change rien sur le fond de l’affaire. Il faut aussi rappeler que le parti Québécois est depuis longtemps favorable au dégel, et que du temps de Legault, il ne parlait que d’indicateurs de performance. Le néolibéralisme ratisse large.

  3. Élyse Arcand dit :

    Idée de M. Luc Archambault, soumise à Josée Blanchette, du journal Voir

    « :La sortie de crise
    REJETER l’offre mais suspendre la grève en retournant en classe. Les opposant,es à la privatisation forcée gagnent sur toute la ligne SANS perdre la session. Le problème reste entier ! Le gouvernement ne peut plus prétendre avoir tenu tête aux étudiant,es. Et, la lutte à la privatisation forcée peut continuer.
    En septembre si le gouvernement Jean Charest est toujours là, s’il tient à imposer encore la privatisation forcée sans mandat électoral, il sera toujours temps de faire grève à nouveau pour cette fois la gratuité scolaire. La gratuité contribuable est un leurre libéral. On ne peut investir sans coût. Il y a un coût à la gratuité contribuable des diplômé,es, c’est la sous-scolarisation des Québécois,es. »

    • Tortue_Savante dit :

      Il ne faut tellement pas abandonner la grève! C’est notre seul véritable rapport de force, la seule arme efficace que l’on possède, et on est rendu au point où l’on fait mal au gouvernement, pour vrai. Très mauvaise idée…

    • Christine dit :

      Pour compléter ce qu’a dit Tortue_Savante, je doute que nous réussirons à se mobiliser à nouveau en aussi grand nombre….

      • Valérie dit :

        Totalement d’accord! Il ne faut pas abandonner la grève parce qu’on n’a pas fait tout ça pour rien…mainteant que ça fait vraiment mal et parce qu’il est vrai quil faut profiter de la force du mouvement actuel. Ça ne s’est jamais vu!

    • Yvan Ung dit :

      Le rejet de l’offre pourrait contraindre ce gouvernement corrompu à se tourner vers les urnes pour résoudre la crise…

  4. Daniel Roy, C.A. dit :

    Merci pour cette énorme contribution au débat. Je souhaite que le mouvement étudiant en tienne compte.

  5. [...] [Lire l'article sur iris-recherche.qc.ca >>>] Évaluez ceci : Partagez l'info!FacebookTwitterLinkedInEmailJ'aimeJ'aime  article [...]

  6. Patrick C. Pilotte dit :

    « Bref, la hausse continue, et si les étudiant-es veulent regagner un peu des sous qu’ils engloutiront dans l’aventure, ils devront accepter de participer à un comité qui n’est pas véritablement intéressé à en finir avec le gaspillage universitaire. Il sera peuplé de gens qui ne veulent pas les écouter et qui pensent, du reste, que de l’argent dans l’université, il n’y en a jamais assez car il faut être « concurrentiel » dans la mondialisation et tutti quanti. C’est d’ailleurs pour cela qu’ils montent les frais même si aucun argument sérieux ne le justifie, sauf peut-être le fantasme de copier le Canada, l’Angleterre et les USA. Pour être concurrentiel, il faut faire comme ceux qui ont détruit l’accès universel a l’éducation, et qui ont branché l’offre de programmes sur les injonctions de l’économie avec des mécanismes d’évaluation en continu pour savoir si on est assez collé sur le business, ou s’il faut encore s’oublier un peu plus comme universitaires. Payez ou aidez-nous a rationaliser l’université : des deux côtés, c’est du win-win pour L’État entrepreneurial… »

    Cette interprétation des résultats possibles de l’offre gouvernementale sur le tissu social n’est pas inéluctable. D’autres possibles me semblent aussi probables. L’avenir des résultats de l’offre me semble plus dépendre du niveau de mobilisation et d’implication sociale que les étudiantEs maintiendront. La lecture pessimiste qui vous prévoyez ne se réaliseront que si les étudiantEs laissent tomber la pression. Et cette situation ne semble pas dépendre de la nature de l’offre. Par contre, j’ai compris que le comité, particulièrement dans sa forme permanente, est encore à négocier. Si sa composition et ses pouvoirs restent à déterminer, avec une pression maintenue et une lutte élargie, il semble encore possible d’avancer vers une gratuité scolaire.

    Comme vous voyez par le ton, je suis loin d’être convaincu de mon propos, c’est donc pour raison de débat et de critique, afin de faire avancer l’analyse, que je soumets ce court regard.

    • Eric Martin dit :

      Il faut regarder la situation internationale, notamment l’Angleterre, qui sert d’inspiration à nos ministres. Là-bas, le financement universitaire est étudié par des commissions qui l’attribuent en vertu de critères de performance. Les étudiant-e-s ne gagneraient rien à participer à pareille farce « d’assurance-qualité » et « d’évaluation en continu des bonnes pratiques ».

  7. Antoine Gautier dit :

    Une chose particulièrement saisissante est le fait que les professeurs brillent par leur absence du fameux comité.

    • Eric Martin dit :

      Pas tout à fait, puisqu’ils sont représentés notamment par la FQPPU, la fédé des profs d’université.

      • Eric Martin dit :

        Ce qui risque d’arriver par contre, c’est que les profs et étudiants s’entre-déchirent dans ce comité quand l’un voudra couper le budget de l’autre…

  8. Patrick Guillemet dit :

    Pour le « prétendu sous-financement complètement fallacieux », l’étude de l’RIS l’a été tout autant. Il est vrai que le Québec contribue plus par étudiant au financement des universités. Mais il est également vrai que les universités québécoises reçoivent moins d’argent par étudiant que celle des autres provinces. La raison de ce paradoxe ? La contribution du secteur privé et les dons de charité, que l’IRIS se garde bien d’analyser.
    Dans son premier argument, celui du malfinancement des universités québécoises, l’IRIS affirme que « le sous-financement n’est pas calculé en fonction des besoins des universités québécoises, mais bien en comparaison avec une moyenne canadienne, biaisée de surcroît. » Pourtant, il conclut que le Québec dépense déjà plus par étudiant, tant en général qu’au chapitre de la recherche, que le reste du Canada. Alors ? La comparaison avec le reste du Canada est-elle ou non valide ? Les universités québécoises reçoivent-elles trop d’argent ? En quoi la démonstration de la CRÉPUQ serait-elle boiteuse, voire mensongère ?

    Le reste de l’étude de l’IRIS est de la même eau, et permet de comprendre pourquoi la grève a duré si longtemps, et pourquoi elle aurait encore duré, n’eut été de l’intervention des centrales syndicales. L’IRIS s’oppose farouchement au projet de l’économie du savoir, c’est son droit. Mais quant à la catastrophe pour l’éducation publique appréhendée, il faudra certainement un peu plus de rigueur à ses recherches. Et moins de parti-pris.

    • Eric Martin dit :

      Extrait de l’avant-dernier budget Bachand:

      En utilisant comme indicateur la dépense globale des universités par rapport au produit intérieur brut (PIB), on constate que, comparativement au reste du Canada, le Québec se situe parmi les provinces dont l’effort financier consacré aux universités est le plus important. En 2008-2009, la dépense globale des universités représentait 1,94 % du PIB au Québec, comparativement à 1,76 % en Ontario, à 1,65 % dans l’ensemble du Canada et à 1,58 % dans le Canada sans le Québec.
      On en arrive à une conclusion analogue en comparant les dépenses globales des universités par étudiant. Toujours pour l’année 2008-2009, la dépense globale s’établissait à 29 242 $ par étudiant4 au Québec, comparativement à 28 735 $ pour le reste du Canada, à 26 383 $ pour l’Ontario et à 28 846 $ pour l’ensemble du Canada.

      • Eric Martin dit :

        Donc oui nous dépensons déjà plus en DÉPENSE GLOBALE par étudiant. la CREPUQ, elle, ne calcule que les « subventions de fonctionnement ainsi que les droits de scolarité et les autres frais payés par les étudiants », et elle exclut de son calcul les fonds de recherche. Tout ce qu’elle réussit à prouver, c’est que comme nos étudiant-e-s paient moins de frais que dans le ROC, ce poste budgétaire est moins élevé. Ce n’est pas un « sous-financement », c’est un « manque à gagner » dans la mesure où les recteurs rêvent d’augmenter les frais sous prétexte d’être concurrentiels. Mais personne n’a jamais fait la preuve que sur le terrain, les universités sont sous-financées vis-à-vis de leurs besoins objectifs. C’est une façon de présenter la hausse des frais comme une fatalité, alors qu’il s’agit d’un choix politique.

        • Marc Bourdeau dit :

          Et quelle est la part administrative dans les budgets universitaires? J’ai lu quelque part qu’elle était bien plus grande que dans les universités du ROC.

          Je n’en serais nullement étonné, ayant œuvré dans le milieu universitaire pendant 30 ans… Impossible à nos syndicats d’avoir les chiffres à ce sujet tabou…

    • Eric Martin dit :

      « L’IRIS s’oppose farouchement au projet de l’économie du savoir, c’est son droit. Mais quant à la catastrophe pour l’éducation publique appréhendée, il faudra certainement un peu plus de rigueur à ses recherches. Et moins de parti-pris. »

      « L’économie du savoir » est un nom cosmétique qui désigne le capitalisme avancé et sa tendance à privatiser le bien commun humain qu’est la connaissance et à en rationaliser l’utilisation en vue de la mettre au service de la croissance de la valeur. La privatisation du financement et des finalités de l’éducation publique est effectivement une chose que j’appelle une catastrophe. Je ne sais pas trop depuis quel lieu vous vous placez pour distribuer des leçons condescendantes de rigueur et d’objectivité scientifique. Mais visiblement vous n’avez pas saisi l’ampleur de ce qui est en train de se produire avec l’éducation publique à l’échelle du monde sous l’égide du néolibéralisme. Allez lire quelques rapports de l’OCDE sur l’avenir de l’éducation. Peut-être comprendrez-vous mieux ce qui est en cours.

      • Patrick Guillemet dit :

        Pour la condescendance, vous vous débrouillez très bien. La mission fondamentale des universités est de dispenser un savoir utile et de faire progresser ce savoir. Il faut également développer l’esprit critique, qui ne se réduit pas à critiquer les finalités poursuivies, mais aussi à critiquer les méthodes utilisées et la rigueur des raisonnements, ce qui suppose de rendre justice aux thèses critiquées et non d’en faire, comme vous, un procès d’intention. La croissance de l’économie ne semble guère vous sourire, c’est votre droit, et je ne doute pas que vous expliquerez bientôt comment assurer le maintien de la qualité de l’éducation dans une société vieillissante dont le taux de population active diminue. Il est vrai que les étudiants n’ont guère l’occasion de fréquenter les urgences ni les salles d’attente des médecins que doivent consulter les personnes plus âgées. Puissent-ils être l’abri de ces tracas le plus longtemps possible ! Mais il n’en reste pas moins que cette facture croissante doit être payée. Autres revendications, tout aussi légitimes quant à moi.

        Oh oui ! Il en coûte entre 800 $ et 1250 $ par session de frais de scolarité en République populaire de Chine. Sans doute sont-ils, depuis Mao, contaminés jusqu’à la moëlle par le modèle anglo-américain. Revenons donc à notre chère Norvège, où l’université est gratuite. Eh bien non seulement cette gratuité est-elle assortie -pour les garçons- d’un an de service militaire obligatoire (enfin il semble que seulement 60 % des garçons y goûtent), mais les étudiants norvégiens en sortent plus lourdement endettésn qu’au Québec, malgré l’allocation d’études dont il bénéficient, grâce sans doute aux revenus pétroliers de la Norvège. Pourquoi ? Le coût de la vie y est horriblement élevé, et paraît-il qu’un Big Mac coûte le double qu’au Québec. Vous devriez sans doute traduire votre blog en norvégien.

        • Eric Martin dit :

          « La croissance de l’économie ne semble guère vous sourire, c’est votre droit, et je ne doute pas que vous expliquerez bientôt comment assurer le maintien de la qualité de l’éducation dans une société vieillissante dont le taux de population active diminue. Il est vrai que les étudiants n’ont guère l’occasion de fréquenter les urgences ni les salles d’attente des médecins que doivent consulter les personnes plus âgées. Puissent-ils être l’abri de ces tracas le plus longtemps possible ! Mais il n’en reste pas moins que cette facture croissante doit être payée. Autres revendications, tout aussi légitimes quant à moi. »

          Je ne doute pas que vous nous expliquerez bientôt comment maintenir la croissance infinie du capital sur une planète finie dans un contexte de crise structurelle du capitalisme et de crise écologique profonde, doublée d’un mouvement de privatisation du commun et de la culture, et en quoi ces mutations seront bénéfiques pour la population.

          « Oh oui ! Il en coûte entre 800 $ et 1250 $ par session de frais de scolarité en République populaire de Chine. Sans doute sont-ils, depuis Mao, contaminés jusqu’à la moëlle par le modèle anglo-américain. »

          Je ne vois pas que la Chine soit un modèle. Mao est mort en 1976. Par la suite, le gouvernement chinois a engagé dans les années 1980 un mouvement réforme vers une « économie socialiste de marché » et de privatisation importante des universités. La Chine n’a pas échappé à la marchandisation des années 1980, et elle est même dans L’OMC. C’est une forme de capitalisme d’État avec des universités privatisées qui sont même parfois plus chères que celles d’Europe. Mais je ne vois pas ce que ça vient faire au moment de déterminer les politiques publiques du Québec. Il n’y a qu’à regarder du côté de l’Allemagne plutôt qu’en Chine.

          « Revenons donc à notre chère Norvège, où l’université est gratuite. Eh bien non seulement cette gratuité est-elle assortie -pour les garçons- d’un an de service militaire obligatoire (enfin il semble que seulement 60 % des garçons y goûtent), mais les étudiants norvégiens en sortent plus lourdement endettésn qu’au Québec, malgré l’allocation d’études dont il bénéficient, grâce sans doute aux revenus pétroliers de la Norvège. Pourquoi ? Le coût de la vie y est horriblement élevé, et paraît-il qu’un Big Mac coûte le double qu’au Québec. Vous devriez sans doute traduire votre blog en norvégien. »

          Et donc, si nous instaurons la gratuité scolaire, tout le monde ici devra faire l’armée, nos impôts vont exploser et les Big Mac coûter plus cher? La gratuité coûte 800 millions de dollars, c’est une somme ridicule pour l’État, nous investissons régulièrement cela dans d’autre projet. On vient de mettre 840 millions dans Gentilly II pour des travaux préparatoires et à ce que je sache personne n’est encore conscrit. Non mais! Et après vous parler de rigueur et d’esprit critique avec des arguments aussi creux?

          Le Québec peut très bien faire la gratuité scolaire, et la seule conséquence, ce sera de nous sortir du mouvement de privatisation de l’éducation poussé par l’OCDE pour généraliser partout le modèle a frais individuels élevés. Et ça n’aura aucune incidence sur l’imposition des particuliers, ça ne causera pas la conscription, et le prix des Big Mac ne bougera pas d’un poil, je vous rassure. Les études de l’IRIS, qui ne sont pas en norvégien mais en français, montrent très facilement comment tout cela peut être financé. Ce ne sont pas des procès d’intention mais des démonstrations fiscales. Vous, au contraire, vous amalgamez des clichés que vous enrobez d’attaques sur la méthodologie de L’IRIS, mais il me semble qu’en réalité vous soyez prêt à faire flèche de tout bois pour discréditer la gratuité scolaire et valoriser la hausse des frais. C’est sans doute une sorte de profession de foi qui vous fait parler de la sorte. Parce que du point de vue technique, en tout cas, la chose n’a rien d’irréalisable.

          • Patrick Guillemet dit :

            Et hop ! 800 millions pour une gratuité universitaire qui n’apportera que peu de choses en termes d’accessibilité. Du moment que c’est l’État qui paie… Gentilly, une folle dépense ? Je ne connais pas ce dossier, Une erreur peut-être, surtout si le Québec renonce au nucléaire, quoiqu’il y ait une valeur résiduelle. Cela me fait penser au dossier de l’Îlot Voyageur où l’UQAM s’est fait entourlouper par Busac, tout comme le gouvernement avec le mat du Stade Olympique. On a bien essayé de mettre Lucien Bouchard à contribution, mais en vain. Busac a profité de l’ardeur de Roch Denis et de l’absence de garde-fous, qui a permis à l’UQAM d’aller sur le marché obligataire. Il y a des moments où il faut payer pour ses erreurs, par exemple quand les paralumes s’effondrent. Ce n’est pas une raison pour en commettre d’autres.

            La faiblesse de la méthodologie de l’IRIS, c’est de ne considérer qu’un seul côté de la lorgnette. Pourquoi les demandes de la CRÉPUQ sont-elles exagérées ? L’IRIS livre son analyse mais ne montre pas en quoi celle de la CRÉPUQ est critiquable. Il lui reproche de prendre position en se basant sur une perspective canadienne non justifiée, mais s’empresse de livrer sa propre argumentation dans une perspective canadienne. Et surtout il évite de réfuter la démonstration de la CRÉPUQ. Soliloque qui rend son analyse bien peu crédible.

            Et bien entendu, le vieillissement de la société québécoise et la diminution du taux de polulation active sont toujours passés aux oubliettes. Je ne vous souhaite pas de passer 35 heures sur une civière à l’urgence de Maisonneuve-Rosemont

          • Eric Martin dit :

            « Et hop ! 800 millions pour une gratuité universitaire qui n’apportera que peu de choses en termes d’accessibilité. Du moment que c’est l’État qui paie…  »

            C’est le sens de ce qu’on appelle « éducation publique » que d’être financé par l’assiette fiscale.

            « Gentilly, une folle dépense ? Je ne connais pas ce dossier, Une erreur peut-être, surtout si le Québec renonce au nucléaire, quoiqu’il y ait une valeur résiduelle. Cela me fait penser au dossier de l’Îlot Voyageur où l’UQAM s’est fait entourlouper par Busac, tout comme le gouvernement avec le mat du Stade Olympique. On a bien essayé de mettre Lucien Bouchard à contribution, mais en vain. Busac a profité de l’ardeur de Roch Denis et de l’absence de garde-fous, qui a permis à l’UQAM d’aller sur le marché obligataire. Il y a des moments où il faut payer pour ses erreurs, par exemple quand les paralumes s’effondrent. Ce n’est pas une raison pour en commettre d’autres. »

            Le scandale UQAM est tout à fait lié à la logique de marchandisation que nous critiquons.

            « La faiblesse de la méthodologie de l’IRIS, c’est de ne considérer qu’un seul côté de la lorgnette. Pourquoi les demandes de la CRÉPUQ sont-elles exagérées ? L’IRIS livre son analyse mais ne montre pas en quoi celle de la CRÉPUQ est critiquable. Il lui reproche de prendre position en se basant sur une perspective canadienne non justifiée, mais s’empresse de livrer sa propre argumentation dans une perspective canadienne. Et surtout il évite de réfuter la démonstration de la CRÉPUQ. Soliloque qui rend son analyse bien peu crédible. »

            La première chose que nous faisons dans notre livre UNIVERSITÉ INC. chez LUX éditeurs est de démontrer que l’analyse de la CREPUQ est fallacieuse. Je vous invite à le lire. Pourquoi les demandes de la CREPUQ sont-elles exagérées? Parce qu’elle ne sont pas basées sur une exposition des besoins objectifs des universités mais sur la volonté mimétique de répliquer les hausses de frais du Canada anglais.

            « Et bien entendu, le vieillissement de la société québécoise et la diminution du taux de polulation active sont toujours passés aux oubliettes. Je ne vous souhaite pas de passer 35 heures sur une civière à l’urgence de Maisonneuve-Rosemont »

            L’IRIS a déjà publié sur le vieillissement de la population. Je vous invite à vous familiariser avec la notion démographique de « taux de dépendance ». Par ailleurs, faire l’adéquation immédiate entre la population active et le revenu fiscal sans analyser la productivité et sans prendre en compte la sphère financière, c’est procéder à tout autant de raccourcis. Bien sûr la population vieillit mais cela ne veut absolument pas dire que la gratuité scolaire est impossible. C’est comme cette histoire de passer 35 heures à l’urgence, on ne voit pas du tout ce que ça vient faire dans une discussion sur le financement public de l’éducation supérieure.

        • Mario Jodoin dit :

          «Eh bien non seulement cette gratuité est-elle assortie -pour les garçons- d’un an de service militaire obligatoire (enfin il semble que seulement 60 % des garçons y goûtent)»

          J’imagine que ce commentaire vient d’une lettre publiée dans la Presse le 23 mars dernier. Je voudrais simplement mentionner qu’une «anthropologue d’origine norvégienne» a démenti ces affirmations 5 jours plus tard.

          «D’abord, le recrutement obligatoire ne permet pas à l’État d’économiser, comme l’affirme M. Sundby. D’ailleurs, c’est plutôt le contraire: au sein même de l’armée, des voix s’élèvent pour dénoncer la caducité du service militaire obligatoire: une pratique trop onéreuse et qui ne correspond plus aux besoins réels de la défense nationale. Mentionnons en outre que seulement 15% des jeunes font leur service militaire (les femmes n’y sont pas tenues et 65 % des hommes y échappent).»

          Lisez le reste, c’est très intéressant.

          http://www.lapresse.ca/debats/votre-opinion/201203/28/01-4510261-la-norvege-un-modele-daccessibilite-aux-universites.php

    • Gaston Carmichael dit :

      « La contribution du secteur privé et les dons de charité, que l’IRIS se garde bien d’analyser. »

      Et vous, elle est où votre analyse?

      • Eric Martin dit :

        Le pire en fait c’est qu’on en parle de la philanthropie au Québec pour dire entre autres que ce sont les universités anglophones qui récoltent plus de 50% des dons, surtout McGill. C’est une chose dont ne parle pas souvent, les disparités de financement ENTRE les universités. Même chose sur le financement par tête de pipes et EETP.

  9. Xavier dit :

    Les étudiants devraient à mon avis:
    1- rejeter l’offre ignoble gouvernement dont seulement les banques bénéficient
    2- cesser de manifester et annoncer publiquement qu’ils ont décidé perdre leur session, ce volontairement, pour garantir un meilleur système d’éducation pour les générations à venir.

    Ceci mettra le gouvernement actuel illégitime dans une telle un tel embarra avec les université qu’il n’aura autre choix annuler la hausse des frais de scolarité ou de démissionner et déclencher les élections.

    • Eric Martin dit :

      Le problème avec les élections, c’est qu’elles peuvent tourner de toutes sortes de manières, et que les grands partis ont tous adhérés à une vision instrumentale et néolibérale de l’éducation.

  10. Alain Ambrosi dit :

    Tout en étant d’accord sur le fond avec l’analyse sur les intentions du gouvernement et la logique dans laquelle s’inscrit leur proposition, je diffère sur le fait que cette « négociation »ait été un échec pour les étudiants. J’affirmerai même que c’est (c’était?) une victoire stratégique . À tel point que c’est la ministre qui recule et change le libellé de l’entente. Les étudiants avaient gagné cette négociation sur deux points principaux et centraux pour la démocratie: l’accès et la participation. 1) ils avaient réussi à ce que les étudiants ne déboursent pas plus de leur poche et c’était, de fait, un moratoire sur les frais de scolarité quoiqu’en dise madame Beauchamp et peu importe le « principe »; et 2) en acceptant un Conseil Provisoire des Universités multipartite, ils avaient réussi à mettre la gestion des universités dans l’espace public en rendant le débat transparent et inclusif à tous les acteurs . C’était une occasion unique pour un débat réellement démocratique où des acteurs comme IRIS, comme Guy Rocher et autres personnalités, comme les médias sérieux et comme la population toute entière à travers les médias sociaux auraient pu participer. Comment le gouvernement Charest englué dans sa logique néolibérale et la collusion avec les entreprises privées pourrait-il accepter cela sans perdre la face.. et les élections

  11. Anne-Sophie St-Laurent dit :

    Je souhaiterais félicier l’IRIS pour ses démarches. Comme toujours, il se démarque par l’objectivité et la neutralité idéologique exceptionnelle de ses publications.

  12. Christos Karras dit :

    « alors que cette mesure injuste et antisociale a été justifiée par un prétendu sous-financement complètement fallacieux »

    L’opposition massive à la hausse, était, en partie, justifiée par une prétendue possibilité de réduire les dépenses des universités sans compromettre la qualité des services. Cet argument était-il lui aussi fallacieux? En refusant de participer à l’effort qu’ils ont réclamé, les grévistes auraient-ils peur de démontrer que cet argument était après tout fallacieux?

    Un pays ne peut pas fonctionner uniquement en réclamant des choses. Il y a aussi un travail énorme à faire pour les rendre possibles. Beaucoup d’étudiants ont investi un temps considérable pour réclamer. Il serait maintenant plus productif de consacrer ce temps à participer au travail qui va permettre la concrétisation de leurs demandes, surtout qu’on leur en offre l’opportunité.

     » en profite pour jeter les bases d’un mécanisme « d’assurance-qualité » »

    J’ai manqué quelque chose, à partir de quand la qualité était-elle devenue quelque chose qu’on voulait éviter?

    « normes de performance qui minent l’autonomie universitaire, la liberté académique, l’indépendance institutionnelle et le contenu de l’éducation pour l’arrimer aux impératifs de la valorisation et de la croissance de l’économie. »

    Les associations étudiantes ont ici l’opportunité d’établir les normes de performance en fonction de leurs intérêts. Donc, ils auront le loisir de l’arrimer aux impératifs de liberté académique, qui sont leur premier mandat.

    « Il sera peuplé de gens qui ne veulent pas les écouter »

    Le « Conseil provisoire » dans l’entente est formé de 20 personnes, dont 9 qui devraient naturellement être du coté des étudiants:
    - 4 représentants étudiants
    - 4 représentants du milieu syndical
    - 1 représentant étudiant des cégeps
    Ils ne sont pas majoritaires, mais ils sont en très bonne position et devraient avoir accès à de l’information utile pour mieux défendre leurs suggestions.

    • Eric Martin dit :

      Oui vous avez manqué quelque chose. Le concept « d’assurance-qualité », c’est-à-dire la recherche de standards d’industrie et de « total quality control » est une idée managériale que l’OCDE a importé dans le champ de l’éducation, ce qui participe de la privatisation de son mode de régulation.

      Voir ici:

      http://www.iris-recherche.qc.ca/blogue/la-question-de-l%E2%80%99assurance-qualite-debarque-au-quebec/

    • Eric Martin dit :

      Je suis en désaccord avec vous. Cette hausse n’avait rien de nécessaire, et les étudiant-e-s ne sont pas responsables de la gestion des dépenses universitaires. Ils dénoncent le gaspillage qu’il y a dans les institutions, lequel est le symptôme d’une logique générale de corruption et de marchandisation des universités, qui n’ont à la bouche que le mot concurrence, et qui veulent toujours plus d’argent, poussés par un gouvernement qui veut toujours plus de « capital humain » et de recherche pour brevets commercialisables. La balle est dans la cour des universitaires, des recteurs et du gouvernement qui sont soumis à l’esprit mercantile, et qui détourne l’institution de sa mission fondamentale. Les étudiants sont les seuls qui ont eu la dignité de dénoncer cette situation. Ils n’ont pas à participer à quelque comité technocratique; c’est au gouvernement de les respecter et de retirer cette hausse qui n’est motivée que par un désir mimétique de répliquer le modèle anglo-américain au Québec, sous prétexte que cela va sauver la croissance de l’économie. J’ai des petites nouvelles pour vous: ça ne marchera pas.

  13. Gérard-Paul Julien dit :

    Si c’est le français que nos étudiants (et IRIS) parlent, et surtourt écrivent. alors oui augmenteons les frais de scolarité pour leur donner un peu plus d’enthousiasme quant à l’apprentissage de base. L’argent qui est le nerf de la guerre, celle du français sera gagnée par lui : quand on touche à nos sous on devient plus sensible à l’effort !

    • Eric Martin dit :

      C’est tellement simple que c’en est idiot: comment sauver la culture et susciter le souci de la langue? Faisons en une marchandise payée à prix fort! C’est précisément ce genre de raisonnement économiciste qui nous mène en pleine barbarie. Et il faut remarquer que ce genre de docte ânerie nous est toujours servi avec un vernis de suffisance et de condescendance qui montre bien combien l’internet contribue non seulement à détruire les formes de la langue, mais aussi celles de la civilité. Commenter de manière respectueuse? Voilà qui est impossible, insultons les gens et leur intelligence. Belle leçon pour la jeunesse. Heureusement, la plupart de mes étudiants pourraient vous donner des leçons de maintien.

  14. Marc Bourdeau dit :

    Le problème avec le vote des étudiants est des jeunes en général est qu’il n’existe pas… J’ai lu quelque part que seulement 35% des jeunes avaient voté aux dernières élections. Parions que pour les plus de 40 ans ce pourcentage est largement au dessus… puisque aux environs de 60% de la population vote.

    Sans compter que les jeunes sont devenus très minoritaires dans la société faite par les boomeurs… qui forment une sorte de grosse hernies dans la pyramide des âges au Québec. Aux environs des 60 ans.

    On voit ici le clivage jeune & vieux dans l’appui aux mesures Charest sur l’augmentation des frais de scolarités.

    Quand on compose ensemble ces diverses remarques… que peut-on en conclure?

    • Gaston Carmichael dit :

      On voit souvent cette remarque que les boomers seraient très majoritairement en faveur de la hausse.

      Mais, d’où est-ce que cela vient? Y-a-t-il eu un sondage sérieux qui viendrait appuyer cela?

      J’ai 64 ans, et suis farouchement contre la hausse. Sur les blogues, je lis souvent des commentaires de ceux qui s’identifient comme « vieux », et qui sont contre. Alors, je suis sceptique.

      • Gaston Carmichael dit :

        Vous semblez bien avoir raison, M. Bourdeau. Ici, on a un sondage qui va dans ce sens: http://www2.lactualite.com/jean-francois-lisee/exclusif-les-quebecois-renvoient-charest-et-les-etudiants-dos-a-dos/12812/

        Toutefois, c’est un sondage web, avec un échantillon de 430 répondants. C’est mieux que rien.

        • Marc Bourdeau dit :

          Concernant les opinions des boomers.

          Il y a eu un sondage Léger Marketing, daté du 15 avril, qui a fait l’objet le 17 avril d’un billet de J.-M. Léger dans le journal de Montréal:
          http://www.legermarketing.com/admin/upload/publi_pdf/R2012-04-17-AVR-021-.pdf

          Les derniers boomers sont nés, disons, au milieu des années 60. Cela leur fait aujourd’hui plus de 55 ans. Ils forment comme une grosse hernie dans la pyramide des âges: ils sont très nombreux… et plombent les résultats des sondages. Si on ne tient pas compte de l’âge dans les comptes rendus, cela peut tromper quelque peu.

          Chose certaine les mensonges systématiques du gouvernement (ce s’appelle de la propagande), ont en quelque sorte lessivé les cerveaux sur la question des frais de scolarité (comme sur le Plan Nord, d’ailleurs, on n’a qu’à regarder les nombreuses publicités télé). On le constate aisément, le gouvernement ne parle jamais aux, ni avec! les étudiants, il s’adresse à la population en général, qu’il essaie de dresser en fait contre les étudiants.

          Une dernière remarque. Il faut se méfier cependant des sondages, surtout ceux qui concernent la crise sociale actuelle, quelle crise que ce soit ce faire. Ils sont cueillis à chaud. Les résultats dépendent des circonstances. Deux jours avant ou après change les choses.

          Autre point pour lequel j’aimerais avoir des réponses: j’ai lu quelque part, mais où? que les administrations universitaires au Québec se taillaient une part bien plus importante des ressources universitaires que pour les universités dans le ROC…

  15. Patrick Guillemet dit :

    « La première chose que nous faisons dans notre livre UNIVERSITÉ INC. chez LUX éditeurs est de démontrer que l’analyse de la CREPUQ est fallacieuse. Je vous invite à le lire »
    Ah ah ! Génial. Plutôt que de répondre à la question posée, vous invitez à acheter votre bouquin. Pour des adversaires de la logique de marchandisation, c’est assez fort.

    « L’IRIS a déjà publié sur le vieillissement de la population. Je vous invite à vous familiariser avec la notion démographique de « taux de dépendance ». »
    De mieux en mieux. Encore un autre bouquin à acheter, et pas mot de vulgarisation sur la nature du fameux « taux de dépendance » et sa pertinence dans le débat. Bons vendeurs, messieurs.

    « Bien sûr la population vieillit mais cela ne veut absolument pas dire que la gratuité scolaire est impossible. C’est comme cette histoire de passer 35 heures à l’urgence, on ne voit pas du tout ce que ça vient faire dans une discussion sur le financement public de l’éducation supérieure. »
    Ah bon ? On peut quand même faire l’hypothèse, même si l’amélioration du système de santé est partiellement liée à des réformes structurelles, qu’un peu plus d’argent permettrait d’engager des infirmières -ou de mieux les rémunérer-, ainsi que des omnipraticiens, ce qui permettrait de limiter les engorgements aux urgences et de faciliter les soins à domicile aux personnes âgées, pour ne prendre que les exemples les plus criants.

    Mais non : l’éducation supérieure et la santé sont pour vous deux catégories étanches, ce qui ne vous empêche pas de sauter allègrement sur les 800 millions de Gentilly quand ça fait votre affaire. Et bravo pour la logique !

    J’ai passé toute ma vie professionnelle dans les universités, j’ai fait mon doc en étudiant une institution universitaire québécoise et j’ai publié un livre à partir de mon doc (que je ne vous demande pas d’acheter, rassurez-vous). Je me suis souvent demandé, comme vous, si les universités étaient sous-financées. L’étude la CRÉPUQ montre que « la contribution gouvernementale auxuniversités québécoises est supérieure à la moyenne canadienne alors que la contribution provenant
    des étudiants et celle provenant d’autres sources sont inférieures. » Pourquoi cette analyse est-elle erronée ? Vous répondez qu’il ne faut pas prendre en compte la moyenne canadienne, mais plutôt analyser les besoins objectifs des universités québécoises. Les universités canadiennes sont-elles d’une autre nature, non comparables ? Et vous produisez vos propres données en référence à la moyenne canadienne, sans dire pourquoi ce qui ne vaut pas pour eux est plus valable pour vous. Pas fort.

    Dénonciation, absence de démonstration, appel à la marchandisation de vos réflexions, laxisme. Vous me permettrez de prendre vos propositions avec un grain de sel.

    • Eric Martin dit :

      « Ah ah ! Génial. Plutôt que de répondre à la question posée, vous invitez à acheter votre bouquin. Pour des adversaires de la logique de marchandisation, c’est assez fort. »

      Monsieur, je vous renvoie à mon livre parce que je vous ai déjà expliqué et réexpliqué la chose à maintes reprises: la dépense globale est plus élevée au Québec, mais la CRÉPUQ joue sur les revenus en ne tenant compte que des fonds de fonctionnement et en évacuant les autres fonds universitaires. HUgues Boisvert du HEC dit la même chose que moi: http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2012/05/09/005-couts-budget-universite.shtml

      Tout ce qu’elle prouve, c’est que les gens qui ont haussé les frais ont haussé les frais, et qui si le Québec haussait les frais il aurait de l’argent frais. C’est un argument purement tautologique, qui de plus est fait l’impasse sur les conséquences socio-économiques de la hausse, notamment l’endettement. Quand au lien qu’il y a entre la hausse et le détournement des universités vers des finalités marchandes, ça, personne n’en parle. Je vous suggère d’aller lire « Le Naufrage de l’Université » de Michel Freitag, lequel est disponible gratuitement en bibliothèqu. Je vous suggère aussi cet autre texte gratuit: http://www.editions-lignes.com/IMG/pdf/PRADO_LePrincipedUniversite_-2.pdf

      « De mieux en mieux. Encore un autre bouquin à acheter, et pas mot de vulgarisation sur la nature du fameux « taux de dépendance » et sa pertinence dans le débat. Bons vendeurs, messieurs. »

      Je ne vous ai jamais demandé d’acheter quoi que ce soit à propos du taux de dépendance, et je pensais qu’un universitaire comme vous serait capable de faire une recherche google, mais vous semblez plus pressé de chercher à nous invectiver. Voici un article d’Ellen Gee sur le taux de dépendance: http://ije.oxfordjournals.org/content/31/4/750.full

      « Ah bon ? On peut quand même faire l’hypothèse, même si l’amélioration du système de santé est partiellement liée à des réformes structurelles, qu’un peu plus d’argent permettrait d’engager des infirmières -ou de mieux les rémunérer-, ainsi que des omnipraticiens, ce qui permettrait de limiter les engorgements aux urgences et de faciliter les soins à domicile aux personnes âgées, pour ne prendre que les exemples les plus criants. Mais non : l’éducation supérieure et la santé sont pour vous deux catégories étanches, ce qui ne vous empêche pas de sauter allègrement sur les 800 millions de Gentilly quand ça fait votre affaire. Et bravo pour la logique ! »

      Mon argument est qu’il est possible de réaliser la gratuité scolaire au Québec et que les ressources financières existent. L’IRIS a publié de nombreuses études GRATUITES sur la question de la santé, où nous traitons notamment de l’évolution des coûts des produits pharmaceutiques. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de problème en santé. Simplement, il n’y a pas de « coût d’option » ou de trade-off qui nous obligerait à sacrifier un poste de dépense pour l’autre. La privatisation de la santé nous préoccupe autant que celle de l’éducation. Mais de là à dire que sauver la santé nous empêcherait de faire la gratuité scolaire, ça, c’est fallacieux.

      « J’ai passé toute ma vie professionnelle dans les universités, j’ai fait mon doc en étudiant une institution universitaire québécoise et j’ai publié un livre à partir de mon doc (que je ne vous demande pas d’acheter, rassurez-vous). Je me suis souvent demandé, comme vous, si les universités étaient sous-financées. L’étude la CRÉPUQ montre que « la contribution gouvernementale auxuniversités québécoises est supérieure à la moyenne canadienne alors que la contribution provenant
      des étudiants et celle provenant d’autres sources sont inférieures. » Pourquoi cette analyse est-elle erronée ? Vous répondez qu’il ne faut pas prendre en compte la moyenne canadienne, mais plutôt analyser les besoins objectifs des universités québécoises. Les universités canadiennes sont-elles d’une autre nature, non comparables ? Et vous produisez vos propres données en référence à la moyenne canadienne, sans dire pourquoi ce qui ne vaut pas pour eux est plus valable pour vous. Pas fort. »

      Arrêtez de vous en tenir au revenus et considérez la dépense globale. Nous ne manquons pas de ressources dans nos universités. La CREPUQ arrive à son résultat en limitant son analyse aux fonds de fonctionnement. De manière plus importante, l’objectif est de transformer le mode de financement pour augmenter la part étudiante et celle des fonds privés; en ce sens le Québec suit la trajectoire de l’Angleterre. L’objectif est la privatisation accrue du mode de perception du financement, c’est une transformation structurelle. Je ne vois pas ce qui n’est « pas fort » dans le fait de dénoncer pareille opération de privatisaion.

      « Dénonciation, absence de démonstration, appel à la marchandisation de vos réflexions, laxisme. Vous me permettrez de prendre vos propositions avec un grain de sel. »

      Que vous le vouliez ou non, l’université québécoise n’est pas « sous-financée », et d’ailleurs un tel terme n’a pas beaucoup de sens sans poser la question du rôle et de la mission de l’université: financée pour quoi faire? C’est pourquoi plusieurs acteurs, notamment la FQPPU, demandent des États généraux de l’université. Mis à part notre livre qui se vend un gros gros 15$, toutes les publications de l’IRIS sont disponibles gratuitement sur notre site. Difficile de nous faire passer pour des vendus ou des vendeurs sans scrupules. Je vous invite à aller lire quelques rapports de l’OCDE sur l’internationalisation de l’éducation et sur le capital humain. Cela ouvrirait vos horizons. En terminant, il y a manière d’avoir des débats sans être méprisant. C’est une chose à laquelle vous devriez aussi réfléchir.

  16. [...] pas tous les médias. On peut lire dans Le Devoir et à l’IRIS que tous ne sont pas [...]

  17. Jean Brunet dit :

    Je suis pour une croissance des frais de scolarité, pour l’admissibilité, mais pour l’abolition pur et simple de la double imputation que sont les frais afférents… Ce ne sont pas aux étudiants de trouver mais bien aux recteurs (institutions) de décréter leurs abolitions.
    PS Je ne suis pas certain que le gvt puisse agir dans ce dossier, mais la CREPUQ oui

  18. Marc Bourdeau dit :

    Toute étudiant universitaire potentiel qui ne vient pas étudier dans les universités faute de moyens, se ‘prive’ de revenus supplémentaires dus à un diplôme universitaire qu’on estime, au bout de sa vie active de 35-40 ans d’un million de dollars en moyenne.

    De ces revenus supplémentaires la moitié passerait en taxes et impôts. Ces revenus seront absents des budgets collectifs si l’étudiant ne vient pas réussir ses études universitaires faute de moyens.

    Ces manques à gagner dépassent largement les sommes qui viendraient aux universités suite à l’augmentation prévue.

    Petits calculs fiscaux simples, à la portée même de la députée-ministre:
    http://wikistat.polymtl.ca/tiki-download_file.php?fileId=270

    Mais, les plus-value fiscales d’une éducation universitaire ne sont pas grand chose en comparaison du mieux-être collectif qu’une éducation universitaire bien faite peu rapporter, en sus bien sûr d’un mieux-être individuel. Meilleure santé, des héritages de toutes sortes aux descendants, à la collectivité aussi.

    On ne peut se permettre une éducation universitaire payante. Qui ne fait que restreindre l’accès aux études universitaires. Même en tenant compte des systèmes de prêts & bourses, des usines à gaz administratives.

  19. Marc Bourdeau dit :

    Au fait, quelqu’un a sûrement pensé à la façon suivante de financer l’université par les étudiants.

    On pourrait rendre l’éducation universitaire gratuite, et même donner une petite solde aux étudiants universitaires. Comme dans les pays scandinaves, et même à ce qu’on apprend (bloque de J.-F. Lisée) en Mongolie… qui tient à augmenter sa fréquentation universitaire.

    Le bénéfice pour les diplômés d’une éducation universitaire sont importants, et pas seulement en revenus individuels supplémentaires que rapporte en moyenne un diplôme universitaire. C’est clair, mais les bénéfices collectifs sont bien plus grands. D’ailleurs les plus values purement monétaires ne sont pas les seuls bénéfices, collectifs comme individuels

    Le gouvernement du Québec pourrait donc décider d’un impôt supplémentaire pour les diplômés universitaires. Un impôt de Solidarité dite universitaire. Une petite proportion des revenus. Cet impôt pourrait être dû pendant quelques années après l’obtention du diplôme.

    Les diplômes les plus lucratifs seraient plus imposés en valeur absolue car leurs salaires seraient plus élevés. Etc.

    Cet impôt pourrait l’objet d’une consultation publique, pour en décider des modalités.

    Après tout, si on peut suivre les poulets de l’œuf à l’assiette, on peut bien plus facilement suivre les diplômés universitaires…

  20. Marc Bourdeau dit :

    La loi spéciale… Ils en sont rendus là!

    . La stratégie gouvernementale vient d’atteindre son stade ultime : le dépôt d’une loi spéciale, prête depuis longtemps, cela va de soi.

    Il s’est agi de manipuler l’opinion publique par une suite de mensonges qu’il devrait avoir été facile de démonter, mais l’angoisse de l’insécurité d’un peuple majoritairement composé de vieux maintenant sert de terreau fertile: il fut facile de dresser la population contre notre jeunesse grâce à une habile propagande mensongère mur à mur. Pour ne donner que cet exemple, manifeste depuis le début pour qui sait voir, le gouvernement n’a jamais voulu négocier avec les étudiants, malgré ses assurances du contraire, le cœur sur la main. Jamais! Cela sautait aux yeux, et mensonges sur mensonges à l’effet contraire.

    Dresser, patiemment, petit à petit, la population contre les étudiants avec des mensonges et demi-vérités, une propagande habile (examinons le détail des publicités dans les journaux ce jeudi) pour finalement tenter de se faire réélire à la suite d’une loi fasciste qui vienne la réconforter, la soulager…

    «Nous sommes les sauveurs du Québec», voilà la tentative d’un véritable coup d’état pour échapper à l’odieux de son incurie crasse. « Enfin», crie la population de toutes parts! Comme si cela allait fonctionner. Un certain temps peut-être…

    On assiste en ce moment aux plus grandes souillures possibles de la démocratie. Il est temps que la population se dessille les yeux.

    Hélas, à en suivre l’opinion cela ne se produira pas. La population mange maintenant dans la main de ces crapules. Il faudra beaucoup de temps.

    Car sans cette crise construite de toutes pièces le gouvernement est perdu. Il se doit d’être le sauveur… Mais il passera à l’histoire comme le pire gouvernement de notre histoire.

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