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Publié le 11 octobre 2011

Troisième capsule sur la hausse des frais de scolarité. Notre collègue Eric Martin s’attaque à l’argument voulant que les universités soient refinancées par l’augmentation de la participation étudiante.

En fait, comme il le souligne, sur le long terme la part du financement des universités assumée par le public a diminué alors que celle des étudiant-es croissait. Le gouvernement n’a donc pas maintenu sa participation au même niveau.

De plus, la hausse des frais transforme le rapport des étudiant-es à l’université. Au lieu de la comprendre comme un service public auquel ils ont accès, les étudiant-es perçoivent leur formation universitaire comme un investissement devant rapporter, ce qui les pousse à adopter un attitude clientéliste bien différente de celle que devrait avoir un-e étudiant-e qui vient apprendre.

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  1. Mario Jodoin dit :

    Tout à fait juste.

    On voit d’ailleurs la pression pour mettre l’accent sur les programmes qui sont les plus «payants» monétairement pour les individus, mais pas pour leur enrichissement social et culturel, ni pour celui de la société.

    Cette façon de faire est tout à fait en ligne avec de déni de la nature sociale de l’être humain à la base du néolibéralisme. Les êtres humains qui ont collaboré pendant des centaines de milliers d’années (sinon des millions) se font dire qu’ils sont tous en concurrence les uns avec les autres. Et trop de gens les croient…

  2. Alexandre dit :

    Encore une fois, je trouve que ça manque de rigueur et que c’est biaisé.

    1) Le fait que le Gouvernement ait tenu ou non ses promesses de conserver la même participation ne rend pas la décision d’hausser les frais plus ou moins bonne. Il faut regarder vers le futur et voir à ce qu’il tienne ses promesses.

    2) Même si les études universitaires étaient gratuites, il faut finir par avoir un emploi pour s’en sortir. Former des gens qui n’ont aucune capacité à travailler c’est s’arranger pour avoir une génération de flippeux de boulettes au McDonalds. Ultimement, on ne peut avoir une majorité de la population aux frais d’une minorité qui travaille parce que les premiers ont décidé de faire des études qui ne mènent à rien comme emploi. Ce qui m’amène à…

    3) Vous affirmez que l’augmentation des frais contribuerait à une augmentation de l’individualisme étudiant, mais il n’est pas prouvé que les diminuer amènerait le contraire. Il me semble qu’on ne fait que changer le type d’individualisme. Dans un cas, c’est l’individualisme pour avoir un meilleur travail et dans l’autre c’est l’individualisme pour faire égoïstement ce que l’on préfère, aux dépends de la société. J’entend par là que si on se fie à votre vision il doit y avoir un retour à la communauté quand les frais sont bas parce que le savoir est utilisé pour enrichir la culture, mais je prétend plutôt que ce savoir pourrait bien n’être utilisé que pour son propre plaisir (par exemple étudier X parce que j’ai le goût d’en apprendre sur X). L’impact me semble marginal sur la communauté quand on sait que le savoir n’a jamais été aussi accessible gratuitement en-dehors des universités.

    • Eric Martin dit :

      Bonjour.

      1-c’est systématique dans tous les pays qui procèdent à des hausses de frais: l’objectif est de privatiser les sources de financement des institutions, et éventuellement les institutions elles-mêmes. Ce n’est pas une question de « promesse » de parti politique mais une mutation de la fonction sociale des universités sous l’impulsion d’un nouveau modèle d’innovation, poussé entres autres par l’OCDE.

      2-Je ne vois pas en quoi des études gratuites empêcheraient d’obtenir un emploi. Il n’a jamais non plus été question de dire que l’université devrait être une tour d’ivoire réservée à la poésie pour une minorité. Ce qu’on dit c’est que brancher l’université sur le marché détruit la qualité de la formation, et l’indépendance de l’institution. Que cela fait partie d’une instruementalisation et d’une privatisation de l’université. Que les États se désengagent du financement de l’enseignement pour financer de la recherche à visée commerciale.

      3-Quand on endette les étudiant-e-s et qu’on les pousse vers des formations instrumentales, ils n’ont pas le choix de se comporter en clients et de se mouler aux besoins immédiats des marchés. Quand on instaure la gratuité scolaire, ou des frais de scolarité bas, on permet aux gens de choisir des formations non pas sous le poids de la contrainte économique, mais en fonction du contenu des formations. En quoi est-ce qu’un chercheur en santé dans un système gratuit est-il égoïste ou moins utile à la société qu’un chercheur en santé dans un système qui charge le gros prix? Il y a d’autres façon de répondre aux « besoins de la société » que la marchandisation de l’enseignement. Pensez-vous qu’en Allemagne et en Finlande, les étudiant-e-s étudient uniquement par jouissance individuelle et qu’ils n’apportent rien à la société? Que l’Allemagne est une sorte de rave-party permanent? Vous prétendez que si on n’utilise pas l’endettement et les frais élevés pour contraindre les étudiants et les brancher sur les besoins des entreprises, ils seront incapables de faire autre chose que de l’auto-érotisme?

      C’est vous qui manquez de rigueur, Alexandre. Allez lire les rapports de L’OCDE en éducation. Le projet, c’est la commercialisation de l’enseignement supérieur. Et vous nous dites que si on ne fait pas cela, les gens vont sombrer dans l’éloge de la paresse. Et que du reste le savoir est disponible ailleurs qu’à l’université. Où? Sur internet? Fermons les universités? En vertu de votre argument, en l’absence de contrôle social par la discipline de marché, les étudiant-e-s sont incapables d’autonomie, et les gouvernements sont incapables de produire les diplômés dont ils ont besoin. C’est à se demander comment nous avons survécu jusqu’à ce jour.

  3. Julien Royal dit :

    Une petite erreur c’est glissée il me semble. Le 1er graphique ne devrait-il pas être un pie-chart de 1988 plutôt que 1998 ?

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