Devenir membre
 
Appuyer l’IRIS
Devenir membre
Publié le 7 novembre 2011

On entend souvent dans les médias que la hausse des frais de scolarité n’aurait pas d’effet sur la fréquentation universitaire. D’autres facteurs (la scolarité des parents, les résultats au secondaire, etc) seraient déterminant sur cette question. L’argument majeur derrière cette affirmation tient au fait que la fréquentation universitaire dans d’autres provinces canadiennes serait supérieure à celle du Québec et ce malgré de hauts frais.

Déjà, en septembre dernier, un comité gouvernemental venait contredire cette affirmation soulignant qu’au moins 7000 étudiant-es n’auraient plus accès à l’université à cause de la hausse annoncée.

Cela dit, il est aussi important de souligner que la comparaison entre les universités québécoises et les universités canadiennes est boiteuses. En effet, il existe au Québec une institution postsecondaire unique qui change la donne de la fréquentation: le cégep. Parce qu’il est quasi-obligatoire avant l’université, il réduit la durée des baccalauréats au Québec par rapport au reste du Canada. Parce qu’il est quasi-gratuit, il rend très attrayant des diplômes collégiaux qui mènent directement au marché du travail au Québec alors qu’ils sont uniquement disponibles à l’université dans le reste du Canada. L’existence des cégeps vient donc défavoriser artificiellement le Québec par rapport aux autres provinces (notons que malgré ce « désavantage » le Québec est au-dessus de la moyenne en matière de fréquentation universitaire). Quand on observe la fréquentation postsecondaire au complet, on voit que le Québec obtient un fréquentation nettement supérieure à l’ensemble des autres provinces, dépassant de 9% la moyenne canadienne.

Un regard sur le passé nous permet aussi de savoir que la hausse des frais aura un effet sur la fréquentation. En effet, au début des années 1990, le gouvernement du Québec a largement haussé les frais de scolarité. Le taux d’accès (tel que compilé par le ministère dans ce document) a ensuite diminué pendant six ans pour ne retrouver son niveau précédent la hausse que 10 ans plus tard. Selon un autre rapport produit par le ministère de l’Éducation, cette hausse aurait signifié alors des baisses de fréquentation de 8% au premier cycle universitaire.

S’il est difficile de connaître le nombre exact d’étudiant-es que cette hausse privera d’un accès à l’université, il est indéniable qu’elle aura un effet sur la fréquentation universitaire.

Mots clés: , , ,

« « Texte précédent | Texte suivant » »
  1. Xavier Guérette dit :

    Bonjour,

    Je vous écris dans le simple but de clarifier un petit détail qui est très important. Lorsque vous dites que vous comparez la fréquentation post-secondaire  »au complet », parlez vous vraiment des (2) années de CÉGEP?

    Je comprends qu’il est important de faire une distinction entre les statistiques du Québec et celles du reste du Canada et que les statistiques offertes part IEDM sont dans ce sens malsaine et malhonnête.

    Par contre, si vous considérer les étudiants de premières années de CÉGEP dans vos calcules, vous présentez également des statistiques biaisées…

    Merci de clarifier ce détail prochainement!

    Xavier Guérette

    • Simon Tremblay-Pepin dit :

      En fait, en calculant les cégep québécois et les collèges communautaires des autres provinces, ce que nous parvenons à calculer c’est: combien d’étudiant-es passent du secondaire au système post-secondaire. Pour nous c’est la statistique essentielle: « combien de personnes un système d’éducation parvient-il à faire passer au niveau non-obligatoire d’étude ».

      Si nous comparions cégeps+universités au Québec contre seulement université dans le reste du Canada, il y aurait en effet un problème. De la même façon si nous tentions d’évaluer le nombre d’années d’études il y aurait aussi un problème. Mais ce n’est pas ce que nous faisons. Nous tentons de voir combien de gens fréquentent des institutions post-secondaires, et là-dessus le Québec démontre d’impressionnants résultats.

  2. Jean Philippe dit :

    Je me demande par fois ou vous prenez vos chiffres. J’ai regardé vos références http://www.cse.gouv.qc.ca/fichiers/documents/publications/ccafe/50-1123.pdf

    « les preuves empiriques irréfutables d’un lien entre les
    droits de scolarité et l’accessibilité aux études sont probablement inexistantes, et ajoutait que, [l]’accessibilité à l’université est équivalente aux États-Unis et en France, malgré l’absence
    de droits de scolarité dans ce dernier pays – à l’exception des grandes écoles privées » (CCAFE,
    2004a, p. 46).

    Retenons de l’ensemble de ces études que des facteurs économiques, sociaux et culturels ont une influence souvent déterminante sur le destin scolaire des jeunes. L’accessibilité aux études upérieures se joue en grande partie en amont. Retenons également que les obstacles financiers sont bien réels et que les hausses des droits de scolarité peuvent avoir un effet négatif sur la participation aux études universitaires, en particulier chez les jeunes des milieux à faibles ou à modestes revenus et chez ceux des familles dont le revenu avoisine le revenu médian et qui ne bénéficient pas de l’aide financière aux études. Diverses expériences montrent, par ailleurs, qu’il est possible de contrer ces effets pervers avec des mesures financières compensatoires, pourvu qu’elles soient publicisées et connues des milieux visés. L’effet positif des bourses en fonction des besoins financiers serait également à considérer. [En gras dans le texte.] (CCAFE,
    2007, p. 40-41.)

    Votre video qui montre l’augmentation les frais de scolarité dans les années 90 qui faisaient chuter la fréquentation post secondaire. Savez vous dans la même graphique vous démontrez également que l’augmentation les frais de scolarité depuis 2007 n’a aucune incident sur l’augmentation de fréquentation post secondaire.

    Votre deuxième référence n’est pas accessible.
    http://www.mels.gouv.qc.ca/sections/modesFinancement/pdf/droits_scolarite.pdf

Laissez un commentaire

1710 Beaudry, Bureau 2.0
Montréal (Québec) H2L 3E7

514 789 2409
Conception Coopérative Molotov