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Publié le 14 novembre 2011

On entend souvent que le gel des frais de scolarité est intenable et que la gratuité scolaire serait une utopie irréaliste. Les finances publiques du Québec ne permettraient pas d’investir davantage en éducation ou même de continuer à offrir les niveaux actuels de frais de scolarité.

Pourtant, la réalisation de la gratuité scolaire ne représente pas un montant faramineux pour les finances publiques du Québec. Bien au contraire, nombre de mesures réalisées dans les derniers budgets dépassent de loin le montant nécessaire à la mise en place de la gratuité scolaire.

De plus, le Québec serait loin d’être le seul pays au monde à la réaliser, nombre de pays d’Europe occidentale ayant des systèmes d’éducation fort enviable l’ont déjà fait; pensons par exemple à l’Allemagne, au Danemark et à la Finlande pour ne nommer que ceux-là.

À l’inverse une hausse de frais de scolarité aura pour effet de favoriser les ménages les mieux nantis dans l’accès à l’éducation. C’est ce que l’Ontario a appris en augmentant les frais de scolarité pour ses programmes de médecine. Cette mesure a eu pour effet de diminuer le nombre de ménages ayant des revenus annuels de moins de 80 000$ qui pouvaient envoyer leur enfant en médecine.

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  1. Francine Leahy dit :

    Je suis entierement d’accord. Ca m’insulte de payer quand je vois que certains pays offrent l’universite gratuitement. Les hausses de scolarite ne sont pas acceptables!

  2. Mario Jodoin dit :

    Excellents points, comme d’habitude. J’aimerais toutefois aborder un point complémentaire.

    Vous dites vers 30 secondes que la gratuité scolaire «participerait à faire que tout le monde au Québec puisse accéder aux études sans considération aucune pour l’épaisseur de son portefeuille.»

    Le mot clé ici est «participerait à», car la gratuité scolaire aiderait beaucoup, mais n’est pas suffisante à elle seule à assurer l’accès à ces études «sans considération aucune pour l’épaisseur de son portefeuille.».

    Quand les adversaires de la gratuité scolaire parlent du coût des études universitaires, ils oublient toujours que les droits de scolarité ne constituent qu’une des barrières à l’accès des moins nantis (et de quiconque) à ces études. Le plus gros investissement est en fait le temps qu’on doit y consacrer ou, pour parler comme une économiste, le coût d’opportunité (quoique le coût d’opportunité est généralement calculé uniquement en termes monétaire et ne considère pas le sacrifice important en temps). En effet, surtout quand on n’est pas riche, quitter le marché du travail pendant trois ou quatre ans, et même plus pour les études supérieures, représente un investissement considérable et une privation importante. Et que dire des soirées et des fins de semaine qu’on y consacre. Même avec la gratuité scolaire, cette privation demeurerait.

    Pour vraiment éliminer toute barrière à l’accès aux études universitaires pour les classes les plus pauvres, il faut donc penser à d’autres mesures de soutien.

  3. Gébé Tremblay dit :

    La gratuité de l’enseignement va de soit, mais lorsqu’on en est rendu à payer le salaire de deux fonctionnaires pour brocher 2 feuilles de papier 25 fois, de payer 20 pédagogues pour réécrire un programme dans des mots qui disent la même chose, ou pour servir de courroie de transmission pour les propagandes des multinationales industrielles et financières….

    Franchement, le Québec est loin de l’autonomie de la Finlande, la Suède ou la Norvège.

    Lorsque les Québécois auront le contrôle de leurs finances nous pourrons alors en faire la saine gestion.

    Pour l’instant, les cordons de la bourse sont dans d’autres mains.

  4. Eric Gaul dit :

    Je suis d’accord avec le principe de conserver les frais le plus bas possible et même de tendre vers la gratuité. J’ai cependant trois critiques sur l’ensemble des 8 mythes que vous avez présentés, car il y a à mon avis un petit manque de rigueur à ces endroits :

    1 – Graphique « Endettement des ménages au Canada et au Québec » : bien que ce soit une donnée standard, il serait bien de préciser ce que représente l’axe vertical : « en % » me semble insuffisant. Il faut compléter par : « ratio dette totale / revenu disponible annuel » (ou bien
    la définition précise des nombres présentés si ce n’est pas cette définition standard qui est utilisée à cet endroit).

    2 – Graphique « Fréquentation universitaire et post-secondaire au Canada » : ici encore, que signifie le pourcentage ? Est-ce le nombre d’inscriptions d’une catégorie d’âge par rapport à l’ensemble de la population ? Le pourcentage de diplômés du secondaire qui se sont inscrits à un programme post-secondaire ? Selon la définition, les écarts présentés n’ont pas la même pertinence et l’impact ne s’évalue pas de la même façon.

    3 – (À mon avis le manque de rigueur le plus grave) Il me semble faux de prétendre que le gel ne coûte rien. Si on tient compte de l’inflation, les coûts en salaires et fonctionnement d’un établissement croissent nécessairement dans le temps, à nombre d’étudiants égal. Or, par le gel, les revenus générés par les droits de scolarité demeurent fixes, et donc la proportion des coûts assumée par les étudiants, par rapport aux coûts totaux, décroit. Il faut donc que le manque à gagner soit pris en charge par quelqu’un d’autre. En d’autres mots, le gel coûte à d’autres qu’aux étudiants et le gel est un moyen (extrêmement lent) de tendre vers la gratuité à longue échéance, ce qui peut être un choix de société.

    • Simon Tremblay-Pepin dit :

      Pour des graphiques plus détaillés je vous invite à consulter notre brochure complète: http://www.iris-recherche.qc.ca/publications/faut-il_vraiment_augmenter_les_frais_de_scolarite
      Dans le cadre d’un vidéo où les graphiques passent vites, nous ne pouvons donner tous les détails à l’écrit (ne serait-ce parfois que pour des raisons de taille d’écriture).

      Enfin, pour ce qui est du fait que le gel ne coûte rien, vous semblez postuler que les droits de scolarité doivent croître avec la hausse des coûts de système (qui ne suivent pas nécessairement l’inflation). Or, ce n’est pas du tout une évidence qu’il faille augmenter les frais de scolarité pour combler la hausse des coûts de système. Par exemple, les coûts du système de santé augmentent chaque année et se rendre à l’hopital est toujours gratuit. Les coûts de système de garde augmentent et les garderies sont à 7$ depuis plusieurs années. On peut financer l’augmentation des coûts de système à travers des tarfis ou l’impôt progressif. Mais choisir de ne pas hausser un tarif n’est pas, en soi, un coût supplémentaire pour l’État.

      C’est comme si on disait que la non-hausse de l’impôt des particuliers coûtait cher à l’État québécois, ce serait présenter ce qui est un choix comme une fatalité.

      • Eric Gaul dit :

        Bonjour,

        Merci pour le lien vers le document.

        En ce qui concerne la suite de votre réponse, je veux rectifier car je crois ne pas avoir été bien compris. Mon seul postulat est : l’inflation existe. Je ne postule pas que les droits de scolarité doivent croître avec la hausse des coûts du système, ni que les étudiants doivent accroître leur part devant une augmentation des coûts du système. Mon commentaire n’était pas politique. Je voulais seulement rectifier ce que vous avez dit, à savoir « ça ne coûte rien ». Oui, le gel coûte et coûtera encore à quelqu’un. (À moins de couper dans les dépenses ! La droite a le mérite d’admettre cette réalité). À savoir qui paiera, ou comment faire pour réduire les dépenses, là est la débat politique. Il faut faire des choix devant la fatalité. Voici maintenant de la politique : je suis d’accord avec la gratuité ou des droits très bas (pour de multiples raisons dont certaines provenant de votre analyse); je veux seulement que la rigueur permette un débat plus nuancé, et qu’on soit honnête intellectuellement. Sinon, les deux positions qui s’affrontent ne valent pas mieux l’une que l’autre en termes de crédibilité et on étouffe des questions difficiles et auxquelles on doit faire face… Et Dieu sait que ce n’est pas la rigueur qui étouffe les tenants du dégel, comme vous l’avez démontré en 8 attaques dans votre analyse ! Le but de mon commentaire était de tenter, bien humblement, de vous aider à la solidifier en pointant ses failles.

        Finalement, je ne suis pas d’accord à propos de votre comparaison avec l’impôt sur le revenu. Quand on parle de « non-hausse » de l’impôt, on parle habituellement du maintien du TAUX d’imposition; or, la maintien du taux peut quand même permettre à l’État d’affronter l’inflation si la masse salariale imposée augmente, (et on obtient même l’équilibre quand la hausse des salaires suit l’inflation), car la proportion des revenus de l’impôt dans le budget reste constante. C’est donc différent des droits de scolarité; car une « non-hausse » des droits représente nécessairement une baisse de leur proportion dans les revenus des établissements d’enseignement (à moins bien sûr de couper dans les dépenses), comme j’ai d’ailleurs tenté de le démontrer auparavant.

        • Simon Tremblay-Pepin dit :

          Vous confondez mon cher, je n’ai jamais dit: « l’éducation ne coûte rien », j’ai dit: « le gel des frais ne coûte rien ». Je crois que l’ensemble de votre réponse, qui tend à attaquer la première affirmation qui n’est pas la mienne, conforte plutôt dans la seconde.

          Oui, il y a une hausse des coûts de système, mais cette hausse n’a aucun lien avec le mode de perception choisi pour la payer. En conséquence, payer cette hausse avec un mode plutôt qu’un autre n’engendre aucun coût spécifique (sauf ceux lier à la perception même et il serait facile de défendre que la perception de frais de scolarité ajoute des frais de gestion). Tout le monde sait que l’éducation coûte quelque chose, je n’ai aucun problème à l’admettre. Le gel des frais, par contre, ne coûte rien en soi, sauf si on postule préalablement qu’il doit suivre l’inflation (ce que fait le gouvernement).

          Pour ce qui est des impôts, les revenus qui y sont liées peuvent, en effet, augmenter ou diminuer en fonction de plusieurs facteurs (PIB, démographie, taux de chômage, etc.) de la même façon que les frais de scolarité peuvent aussi varier en fonction de plusieurs facteurs (démographie, taux de fréquentation, étudiants temps plein ou partiel, étudiants étrangers, etc.). Ce qui fait qu’un gel des droits ne signifie pas nécessairement une diminution de la part qu’ils occupent dans les revenus des universités (surtout pas en période de croissance des effectifs).

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