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Politiques industrielles : le Québec doit-il imiter le Canada?

par Bertrand Schepper, le 2 avril 2014 dans la catégorie Développement économique

Alors qu’une guerre de chiffres fait rage sur le nombre d’emplois créés ou perdus dans la présente campagne électorale québécoise, il me semble important de se questionner sur les grandes tendances en termes de politiques industrielles au Québec et au Canada. On considère généralement qu’une politique industrielle est l’ensemble des interventions économiques déployées sur plusieurs années par un État dans le but d’épauler certaines industries plutôt que d’autres pour créer de l’emploi et de la « richesse ».

Au Canada, cette politique est plutôt claire. Alors que par le passé, le secteur manufacturier était le fer de lance de l’économie canadienne, le Canada semble avoir changé son fusil d’épaule pour encourager l’extraction massive de ressources naturelles, principalement du pétrole. Les subventions de 1,47 G$ entre 2006 et 2011 ainsi que les dépenses de 22 M$ pour promouvoir le pétrole des sables bitumineux aux États-Unis reflètent la volonté de l’État fédéral sur le sujet.

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L’illusion gestionnaire

par Julia Posca, le 31 mars 2014 dans la catégorie Finances publiques

Lors du premier débat des chefs le 20 mars dernier, le chef de la Coalition Avenir Québec a demandé à plusieurs reprises à son vis-à-vis libéral Philippe Couillard combien d’emplois celui-ci avait créé au cours de sa carrière. En adressant cette question à son adversaire, François Legault a voulu mettre de l’avant le fait qu’il avait pour sa part fondé et dirigé une entreprise d’envergure internationale avant de faire le saut en politique. Il laissait ainsi entendre que, en sa qualité d’ancien dirigeant d’entreprise, seul lui serait en mesure de créer des emplois s’il était porté au pouvoir.

Derrière cet échange réside un présupposé quant à la piètre situation de l’emploi au Québec qui a été largement discutée et qu’une analyse rigoureuse des données de Statistique Canada nous permet de modérer. L’économie stagne et donc la création d’emplois également. Cependant, on est loin de la catastrophe dont la CAQ et le PLQ parlent constamment pour discréditer le Parti Québécois.

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Pourquoi il ne faut pas se fier aux chiffres sur l’emploi que vous lisez dans les médias

par Simon Tremblay-Pepin, le 10 mars 2014 dans la catégorie Travail

Pendant cette campagne électorale qui s’amorce le mot « emploi » prend beaucoup de place. D’abord on nous parle du chômage et du bilan du Parti québécois en matière de création d’emplois. Le débat a commencé avant la campagne, mais prend une nouvelle ampleur depuis. Je vais tenter de montrer ici à quel point on ne comprend à peu près rien des chiffres sur l’emploi dans les médias et comment cette mauvaise compréhension nuit au débat public.

Le Québec aurait perdu 26 000 emplois en février, la nouvelle est tombée comme une bombe ébréchant au passage le bilan de Mme Marois. On connaît la chanson, l’opposition accuse et le gouvernement minimise. Devant ces désaccords sur l’emploi qui durent depuis des mois, la première question qu’on peut se poser est : les données sur lesquelles se fonde la discussion sont-elles fiables?

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Charte des valeurs québécoises : une mauvaise réponse au mauvais problème

par Philippe Hurteau, le 25 septembre 2013 dans la catégorie Immigration

Bourgeois_Robert3b72dpiImpossible d’ignorer le débat actuel entourant la Charte des valeurs québécoises. Une société qui fait le choix de réfléchir aux valeurs qui sont les siennes semble a priori une chose louable. Le débat actuel n’offre malheureusement pas l’occasion de se réjouir d’une telle pertinence. Il n’y sera pas question des valeurs québécoises en ce qui a trait à l’exploitation de nos ressources, à l’occupation du territoire ou encore à notre volonté de respecter les limites que nous impose notre écosystème. Il ne sera pas non plus question des valeurs québécoises dans les domaines si importants de l’accès universel aux services de santé gratuits et de qualité, des soins aux personnes âgées ou du maintien de notre réseau d’éducation publique hors des pressions du monde des affaires.

Ce que l’on nous présente comme un débat sur « nos valeurs » n’est en fait qu’une reprise du mélodrame sur les accommodements raisonnables qu’a connu le Québec en 2006-2007 et qui a débouché sur la Commission Bouchard-Taylor. Le gouvernement actuel, manifestement anxieux de masquer son incapacité à traiter directement de cet enjeu, accouche donc de cette Charte des valeurs.

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L’État néolibéral : « partenaire » ou « grand stratège »?

par Colette Bernier, le 13 septembre 2013 dans la catégorie Travail

emploi-formationUne série de billets parus sur le blogue de l’IRIS depuis l’an dernier tente de démontrer en quoi le néolibéralisme loin de se traduire par un retrait pur et simple de l’État a plutôt donné lieu à une redéfinition de son rôle. Le cas de l’action publique en matière de formation de la main-d’œuvre dans les vingt dernières années au Québec illustre bien ces propos.

Ainsi, pourrait-on croire que la mise en place au milieu des années 1990 de nouveaux partenariats au sein du marché du travail, avec la création entre autres de la Commission des partenaires du marché du travail, a donné le ton à un retrait de l’État sur les questions de la formation et de l’emploi au bénéfice d’une plus grande concertation entre l’État et les acteurs socioéconomiques. Pour notre part, nous dirions que cette évolution représente plutôt une redéfinition du rôle de l’État.

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Les flux et les stocks

par Mario Jodoin, le 7 juin 2013 dans la catégorie Lexique économique

Flux et stocksLe concept des flux et des stocks peut sembler bien nébuleux. Il est pourtant fondamental pour bien comprendre les phénomènes économiques. Un stock est la somme des éléments dans un domaine, tandis qu’un flux, c’est l’ensemble des mouvements dans ce même domaine, ce qui s’ajoute ou s’enlève du stock. Nébuleux, disais-je…

Pour clarifier ces concepts, je vais utiliser des exemples tirées des données sur l’emploi. En effet, on confond régulièrement ces concepts dans ce domaine. À chaque nouvelle parution des données sur l’emploi de l’Enquête sur la population active (EPA) de Statistique Canada, des journalistes ou des économistes parlent par exemple de création d’emplois ou d’emplois créés.

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La polarisation des emplois et les reprises sans emploi

par Mario Jodoin, le 16 janvier 2013 dans la catégorie Travail

La polarisation des emplois et les reprises sans emploiOn parle souvent de la disparition graduelle des emplois peu ou pas spécialisés dans les pays industrialisés au profit des pays à bas salaires. J’ai montré dans un billet précédent, à partir entre autres d’une étude de Statistique Canada, que cette affirmation était erronée et qu’ils étaient même parmi les emplois les moins vulnérables à la délocalisation et aux changements technologiques.

Un bon nombre d’études aux États-Unis, notamment celles entreprises par David Autor (comme celle-ci), démontrent que ce sont plutôt les emplois routiniers exigeant des compétences moyennes qui perdent le plus de terrain, tandis que les emplois qui exigent le plus et le moins de compétences gagnent en importance, surtout ceux qui sont non-routiniers. (Lire la suite…)

Qu’est-ce qu’une pénurie de main d’oeuvre?

par Mario Jodoin, le 28 novembre 2012 dans la catégorie Lexique économique

Offre d'emploiAvec le vieillissement de la population et les départs toujours plus nombreux à la retraite des baby-boomers, on entend plus que jamais parler de pénuries de main-d’œuvre :

Pourtant, ai-je la berlue? Le taux de chômage est-il bien encore à 7,7% au Québec et à 7,4 % au Canada? Quand on lit qu’il y a «pénurie de main-d’œuvre dans le secteur du vêtement», le représentant de cette industrie tient-il compte que, selon le tableau cansim 281-0047, l’industrie canadienne de la fabrication de vêtements a perdu les trois quarts de ses emplois depuis janvier 2001, le nombre de salariés étant passé d’environ 88 000 à 22 000 au Canada?

Ces quelques exemples montrent que même les industries où on observe des taux de chômage élevés affirment vivre des pénuries de main-d’œuvre. Y aurait-il peut-être une légère confusion dans l’utilisation de l’expression «pénurie de main-d’œuvre»? (Lire la suite…)

Les jeunes qui ne sont ni étudiants ni employés

par Mario Jodoin, le 12 septembre 2012 dans la catégorie Méthodologie

Statistique Canada a publié il y a quelques mois une étude portant sur Les jeunes qui ne sont ni étudiants ni employés. Je n’ai pas l’intention de la résumer ici, entre autres parce que Statistique Canada l’a déjà fait dans le communiqué qui annonçait sa diffusion. Je préfère ajouter de la valeur à cette étude en comparant les résultats globaux du Canada à ceux du Québec, qui ne sont pas présentés dans cette étude. Cela dit, ce type d’étude étant relativement récente, il serait bon de commencer par quelques explications sur le champ d’études et les données utilisées.

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Appui à la mine Jeffrey: amiantose, myopie et déraison

par Laura Handal, le 23 juillet 2012 dans la catégorie Ressources naturelles

Le gouvernement a annoncé en juin dernier l’octroi d’un prêt de 58 millions de dollars à l’entreprise Mine Jeffrey Inc. pour la relance de son projet d’extraction d’amiante chrysotile. Ce prêt était conditionnel à la participation financière dans le projet, à hauteur de 25 millions de dollars, de Balcorp Ltd, une entreprise de commerce international montréalaise avec des bureaux associés en Inde. La population d’Asbestos a reçu l’annonce avec grand enthousiasme : par deux fois, en 2008 et en 2009, la mine avait cessé ses opérations temporairement, entraînant la mise à pied de près de 300 travailleurs et travailleuses.

Personne ne semble toutefois réellement prendre de front ces longues périodes de chômage récurrent. Aussitôt que la mine se remet en marche, on feint d’oublier le problème de fond et on n’en parle plus. Mais c’est pourtant là un des plus grands inconvénients de l’industrie minière : ses phases de récession dues à sa forte dépendance aux marchés externes. Moins affectée par la grande variabilité des prix que le secteur des métaux, l’industrie de l’amiante fait plutôt face à un déclin permanent depuis les années 1970, en raison de la diminution continuelle de la demande de cette matière, qui engendre une baisse constante de la production.

Et pourquoi la demande baisse-t-elle? C’est que 55 pays dans le monde (dont l’ensemble de l’Union Européenne) ont banni l’utilisation de ce minerai dû aux craintes concernant sa toxicité. (Lire la suite…)

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