Lorsqu’il est question d’expliquer l’explosion de l’endettement des ménages, nombreux sont ceux qui concluront à un problème de surconsommation et de manque de connaissances en matière financière. Ce consensus explique la quantité d’organismes, d’entreprises et d’institutions ayant mis sur pied des programmes pour améliorer la « littératie financière » des Canadiens. Si les familles canadiennes maîtrisaient davantage les rudiments de la planification budgétaire et de la gestion financière, le niveau d’endettement serait beaucoup moins élevé au pays, prétend-on.
S’il est indéniable que seul le crédit rend possible le fait de dépenser « au-dessus de ses moyens » ou au-delà du revenu disponible, cette analyse omet une dimension cruciale du problème : comment ont évolué les revenus et les dépenses des ménages pendant que croissait l’endettement ?
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Aller à l’université, avant d’être synonyme d’acquisition de connaissances ou d’expériences humaines, c’est d’abord faire l’expérience de l’endettement. Si traditionnellement les gens s’endettaient pour s’acheter une voiture ou une maison, les jeunes d’aujourd’hui ont la chance de vivre cette expérience « enrichissantes » dès les bancs d’école.
En ce sens, l’endettement étudiant est aujourd’hui un fardeau qui pèse lourd sur les choix de vie des étudiant-es du Québec. Selon les données de l’Aide financière aux études, les étudiant-es du réseau collégial doivent encaisser un niveau d’endettement moyen s’élevant à 6 923 $, tandis que leur collègue universitaires subissent un niveau d’endettement moyen se situant à 12 029 $. De plus, on constate que cette situation précarisant la vie étudiante est plus lourde à porter à mesure que les étudiant-es gagnent en âge. (Lire la suite…)
Voilà quelques temps qu’on parle de l’endettement des ménages au Canada, l’IRIS vous propose donc pour les prochaines semaines quelques billets d’analyse de l’état actuel de l’endettement des ménages, au Canada, au Québec et à l’étranger.
En mars derniers ma collègue Julia Posca et moi publions une note socio-économique sur la question. Depuis ce temps, le ratio d’endettement des canadien-nes n’a cessé d’augmenter. Qu’est-ce que le taux d’endettement et doit-on s’en inquiéter? (Lire la suite…)
Article publié par le mensuel satirique Le Couac du mois d’octobre 2011.
Liberté 55. On travaille toute sa vie puis, quand on devient vieux (mais pas trop), on peut enfin profiter de la vie, découvrir le monde à bord d’un voilier, s’acheter un chalet sur le bord d’un lac tranquille, prendre des cours de tango, avoir 20 ans de nouveau, mais sans le stress de l’incertitude qui accompagne la jeunesse. Telle était la promesse qu’on a faite à plus d’une génération qui a voulu y croire.
Le discours a changé depuis quelques années. Plutôt que de promettre une liberté renouvelée une fois à la retraite, on parle maintenant du tsunami gris qui déferlera sur nos sociétés, détruisant toutes les structures publiques sur son passage. Jeunes d’aujourd’hui, votre avenir a été hypothéqué par les vieux de demain qui ont rêvé d’une société peut-être plus juste, mais bien trop coûteuse, finalement. (Lire la suite…)
C’est dans l’esprit d’un nécessaire dialogue social et citoyen qu’on aurait pu accueillir avec intérêt la proposition de réinscrire dans le cursus du secondaire une formation d’initiation à l’économie et aux questions économiques. Or, c’est avec stupeur que l’on a appris dans Le Devoir que le projet d’une nouvelle formation est soumis par des acteurs de la communauté financière, ceux-là même qui, non seulement profitent du surendettement des ménages canadiens et québécois, mais la cultivent activement à travers l’innovation constante dans l’offre de produits d’endettement, par l’investissement important dans la publicisation de ces produits auprès de toutes les catégories d’âge, des adolescents jusqu’aux retraités, et par l’innovation dans les technique de conversion de ces créances fait aux ménages en titres financiers complexes. La formation que le groupe dirigé par le président pour le Québec du groupe BMO veut proposer au ministère de l’éducation n’a pas pour contenu l’économie, mais bien la finance et ce d’un point de vue pratique, c’est-à-dire qu’il ce programme se présente comme une initiation à l’utilisation raisonnée des produits financiers d’endettement et d’épargne ainsi qu’à la planification financière. (Lire la suite…)