Je termine ici ma série sur les graphiques, avec probablement le sujet le plus important de tous, soit le choix des données. En effet, on aura beau avoir sous les yeux un graphique présenté dans les règles de l’art, s’il présente des données choisies plus ou moins honnêtement pour démontrer un point de vue plutôt que de choisir les données les plus pertinentes pour présenter objectivement un phénomène, on pourra se faire une idée fausse du phénomène illustré.
Les exemples sont ici innombrables. Ils découlent bien souvent de la mise en relation d’éléments trompeurs, ou de l’absence de relation avec un facteur essentiel à la pertinence de la comparaison. Je vais me contenter de présenter deux exemples qui reviennent fréquemment dans les débats économiques.
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Je reprends ici ma série sur les graphiques. Dans ce billet j’aborde la question du choix de l’année de départ dans un graphique. Il s’agit d’un des éléments les plus importants pour bien apprécier la tendance de la variable qu’on veut illustrer. Les possibilités sont innombrables. Je me contenterai toutefois de montrer deux exemples pour dégager des principes de base.
Évolution du PIB par habitant
Pour les graphiques qui suivent, j’ai choisi d’utiliser les données du produit intérieur brut (PIB) en dollars enchainés de 2002, les seuls qui tiennent compte de l’évolution de l’inflation des différents composants du PIB (consommation, bien sûr, mais aussi importations, exportations et le reste).

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Je reprends ici ma série sur les graphiques. La dernière fois, on a vu qu’on pouvait appliquer des règles assez simples (enfin, presque simples!) pour présenter adéquatement les graphiques à deux axes qui regroupent des données du même type. Malheureusement, il n’est pas possible de faire la même chose avec des graphiques à deux axes qui présentent des données de natures différentes.
Pas de règles
Comme je l’avais mentionné dans les commentaires du dernier billet, je vais ici donner un exemple tiré d’une demande qui m’a été faite par Éric Pineault. Il m’a soumis ce graphique non tronqué :

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Pour ce quatrième billet de ma série sur les graphiques, j’aborderai aujourd’hui la forme de graphique qui est la plus pratique pour mêler et influencer malicieusement un lecteur, soit les graphiques à deux axes. Je compte écrire deux billets sur cette forme de graphique en commençant par la moins perverse, soit celle qui regroupe des données du même type.
Un est tronqué, pas l’autre…
En cherchant tout autre chose, je suis tombé sur un graphique douteux à la page 8 de ce document de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), graphique que je reproduis ci-après :

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En cette nouvelle année, je vais poursuivre ma série sur les graphiques par un sujet pas trop compliqué, les longues séries de données. Ces séries ont souvent comme caractéristique de prendre une forme trompeuse, parfois exponentielle. Pour pouvoir illustrer cette caractéristique, j’ai choisi des données canadiennes plutôt que québécoises, car les séries de données disponibles sont plus longues pour le Canada que pour le Québec.
Forme exponentielle
Dans le graphique qui suit, qui représente l’évolution de l’indice des prix à la consommation (IPC) au Canada depuis 1914, on a l’impression que l’IPC a peu augmenté jusque dans les années 1970, qu’il a soudain augmenté en flèche jusqu’au milieu des années 1980, a augmenté à peine un peu moins vite jusqu’au milieu des années 1990 et que son augmentation a ralenti quelque peu par la suite.

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Dans le premier billet sur les graphiques, on a vu qu’on peut très bien tronquer un graphique, c’est-à-dire ne pas faire partir l’axe des Y à 0, sans nécessairement tricher. Cette fois nous verrons un problème de confusion potentielle dans la présentation sur un même graphique d’éléments de dimensions différentes.
Croissance en points de pourcentages ou en proportion?
Quand on veut comparer des éléments de dimensions différentes, il peut arriver qu’on donne une impression fautive de l’évolution réelle de ces éléments. Par exemple, le graphique qui suit montre l’évolution du taux de fréquentation scolaire à temps plein des jeunes Québécois âgés de 15 à 19 ans, de 20 à 24 ans et de 25 à 29 ans.

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Dans le premier billet de ce blogue, quelques commentateurs ont critiqué la façon dont les graphiques étaient présentés, en particulier les graphiques tronqués, c’est-à-dire dont l’axe des Y (l’ordonnée) ne part pas à 0. Dans son Petit cours d’autodéfense intellectuelle, Normand Baillargeon met lui aussi en garde contre ce type de graphiques.
Il y a quelques mois, Paul Krugman s’est fait lui aussi reprocher la même chose. Il a répondu dans un billet qu’il a intitulé de façon fort humoristique Les axes du mal. Il a joint à sa réplique un graphique montrant les variations mensuelles de température à New York en degrés Kelvin! Ben quoi, tant qu’à vouloir un graphique qui part à zéro, il est tout à fait normal de le faire partir au zéro absolu, non? Sinon, en utilisant des degrés Celsius, par exemple, ce serait tricher à l’aide d’une convention! (Lire la suite…)