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		<title>Les inégalités : une tendance mondiale</title>
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		<pubDate>Wed, 22 Feb 2012 15:05:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Hurteau</dc:creator>
				<category><![CDATA[Revenus]]></category>
		<category><![CDATA[inégalités]]></category>
		<category><![CDATA[OCDE]]></category>

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		<description><![CDATA[Les inégalités sociales augmentent. S’il y a là matière à se scandaliser, il n’y a malheureusement pas matière à se surprendre. Des études récentes ont bien documenté le phénomène au Québec et au Canada, mais qu’en est-il des autres pays dits « développés »? Une étude publiée par l’OCDE en décembre dernier s’attarde justement à répondre à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les inégalités sociales augmentent. S’il y a là matière à se scandaliser, il n’y a malheureusement pas matière à se surprendre. Des études récentes ont bien documenté le phénomène au <a href="../publications/qui_s8217enrichit_qui_s8217appauvrit_-_1976-2006">Québec</a> et au <a href="http://www.policyalternatives.ca/sites/default/files/uploads/publications/National_Office_Pubs/2007/The_Rich_and_the_Rest_of_Us.pdf">Canada</a>, mais qu’en est-il des autres pays dits « développés »? Une étude publiée par l’<a href="http://www.oecd.org/dataoecd/3/50/49205213.pdf">OCDE</a> en décembre dernier s’attarde justement à répondre à cette question et, disons-le, la réponse n’est pas des plus réjouissantes. Les pays membres de l’organisation qui, malgré 30 ans de croissance économique soutenue, ont vu l’écart entre les riches et les pauvres s’agrandir.</p>
<div id="attachment_827" class="wp-caption aligncenter" style="width: 600px"><a href="http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2012/02/Capture-d%E2%80%99%C3%A9cran-2012-02-22-%C3%A0-10.01.19.png"><img class="size-large wp-image-827    " title="Capture d’écran 2012-02-22 à 10.01.19" src="http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2012/02/Capture-d%E2%80%99%C3%A9cran-2012-02-22-%C3%A0-10.01.19-1024x541.png" alt="" width="590" height="312" /></a><p class="wp-caption-text">Source: OCDE, Décembre 2011</p></div>
<p><span id="more-826"></span>Ainsi, les personnes appartenant au 10 % le plus riche peuvent compter, en moyenne, sur des revenus 9 fois supérieurs que ceux et celles du 10 % le plus pauvre. Même les pays traditionnellement plus égalitaires comme l’Allemagne, le Danemark et la Suède ont vu une expansion de la pauvreté de leur population. Le Japon, la Corée et le Royaume-Uni connaissent aujourd’hui un écart de 10 pour 1 entre les revenus de leurs citoyens au sommet ou à la base de la pyramide sociale; tandis que ce rapport s’élève maintenant à 14 pour 1 en Israël, en Turquie et aux États-Unis. Finalement, l’OCDE constate que le Mexique et le Chili ont des écarts de revenus qui dépassent désormais le 25 pour 1.</p>
<p>Selon les mots mêmes de son secrétaire général, cet élargissement des écarts de revenus entre riches et pauvres remet sérieusement en question la thèse selon laquelle une croissance économique soutenue dans le temps se transpose en amélioration de la qualité de vie pour tous et toutes. Les politiques néolibérales des dernières années qui, systématiquement, mettent l’accent sur la création de la richesse et non sur sa distribution montrent alors leur vrai visage, soit celui de la lente construction d’un monde toujours plus inégalitaire.</p>
<p>Bien entendu, l’OCDE se garde bien de remettre en question le modèle de développement qu’elle privilégie depuis des années. Toutefois, certains éléments contenus dans l’étude méritent tout même d’être mentionnés. La cause principale de l’aggravation des conditions d’inégalités se rapportent au développement d’une iniquité structurelle dans la rémunération et les salaires. L’explication est assez simple : depuis 30 ans, essentiellement en raison des revenus tirés de l’économie financière, les gains de marché du 10 % les plus riches se sont littéralement détachés de l’évolution des gains du reste de la population. Aux États-Unis, par exemple, le 1 % des plus riches a réussi à s’accaparer 17 % de la richesse globale du pays en 2007, contre « seulement » 8 % en 1979.</p>
<p>Parmi les raisons avancées par l’OCDE pour expliquer la croissance des inégalités, quatre en disent long sur le développement de nos économies depuis la fin des années 1970. D’abord, les différentes réformes qui ont menées à déréguler les marchés de l’emploi ont certes permises de faire travailler plusieurs individus, mais souvent au prix d’une augmentation des emplois sous-payés. Qui dit augmentation des emplois à bas salaire, dit accroissement des inégalités issues directement de la répartition des revenus dans le marché. L’OCDE en ajoute en pointant du doigt la création massive d’emplois à temps partiel ou précaires comme facteur exerçant une pression inégalitaire sur la distribution des revenus. Au cœur même du monde du travail, les inégalités sont portées par des changements structuraux qui font en sorte que le fait d’effectivement travailler est de moins en moins synonyme d’un bon revenu d’emploi.</p>
<p>Bien entendu, cette mutation du marché de l’emploi ne s’opère pas de lui-même, mais reflète de plus profonds bouleversements de l’économie capitaliste. La part toujours croissante de l’économie financière dans la répartition des ressources fait en sorte d’accentuer la distorsion entre les revenus provenant de la spéculation et de ceux provenant du travail. Comme le fait remarquer l’OCDE, la distribution inégalitaire des revenus issus de l’économie financière a augmenté plus rapidement que les revenus liés à l’économie « réelle » dans les deux tiers des pays membres de l’organisation internationale.</p>
<p>Finalement, l’OCDE nous rappelle que les modifications apportées aux régimes fiscaux des pays membres participent également à l’augmentation des inégalités. En écartant, depuis les années 1990, l’objectif de redistribution de la richesse porté par la fiscalité, les différents gouvernements des pays concernés ont systématiquement fait diminuer l’accessibilité aux services, resserrer les critères d’éligibilité aux programmes et couper dans les transferts visant à compenser les effets inégalitaires du marché.</p>
<p>Bref, l’obsession de la création de la richesse mène à l’augmentation des inégalités au sein même des pays les plus riches. Le marché de l’emploi parvient de moins en moins à répartir les revenus de manière convaincante et juste et les gouvernements semblent avoir résolument abandonné leur rôle dans la lutte à la pauvreté.</p>
<p><em>Texte paru dans la revue </em><a href="http://www.ababord.org/"><em>À Babord!</em></a><em> de février 2012.</em></p>
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		<title>Qu’est-ce qui se passe en Grèce?</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Feb 2012 17:18:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Simon Tremblay-Pepin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Finances publiques]]></category>
		<category><![CDATA[crise]]></category>
		<category><![CDATA[dette publique]]></category>
		<category><![CDATA[Grèce]]></category>
		<category><![CDATA[Union Européenne]]></category>

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		<description><![CDATA[On a beaucoup parlé de la Grèce dans la dernière année. Parfois pour nous annoncer un sauvetage, souvent pour nous annoncer la fin qui approchait. Parmi l’avalanche de nouvelles que nous avons eu sur ce pays, ce petit billet veut synthétiser ce qui s’est écrit de plus intéressant au sujet de la Grèce dans les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On a beaucoup parlé de la Grèce dans la dernière année. Parfois pour nous annoncer un sauvetage, souvent pour nous annoncer la fin qui approchait. Parmi l’avalanche de nouvelles que nous avons eu sur ce pays, ce petit billet veut synthétiser ce qui s’est écrit de plus intéressant au sujet de la Grèce dans les deniers temps. Deux sujets majeurs: qu’est-ce qui a causé la « crise grecque » et quelle est la nature du plan d’austérité qu’on <a href="http://www.leparisien.fr/crise-europe/athenes-nouvelles-manifestations-contre-le-plan-d-austerite-19-02-2012-1867830.php">impose en ce moment à sa population contre son gré</a>.</p>
<p><span id="more-814"></span><strong>Aux origines de la crise</strong></p>
<p>Il n’est pas faux de dire que la Grèce avait <a href="http://www.alternatives-economiques.fr/comment-la-grece-vivait-a-credit_fr_art_1131_57345.html">d’importants problèmes de finances publiques</a>. Cela dit, comme nous regardons ce phénomène de loin au Québec, le seul commentaire qu’on entend c’est : « les Grecs vivaient au-dessus de leurs moyens ». C’est oublier rapidement certains faits.</p>
<p>D’abord, l’implication de Goldman Sachs dans toute l’histoire, bien résumé dans ce reportage :</p>
<p><iframe src="http://www.youtube.com/embed/cbfonXC6pmE" frameborder="0" width="610" height="400"></iframe></p>
<p>Ensuite, <a href="http://www.economist.com/node/21536871">comme le souligne The Economist</a>, la Grèce n’est pas le seul pays qui a des problèmes. L’Irlande et l’Espagne, par exemple, sont dans l’eau chaude tout en accumulant pourtant des surplus budgétaires. D’abord ces pays vivaient sur la croissance de secteurs (immobiliers et financiers) qui profitaient d’une bulle, mais surtout, sur les investisseurs allemands qui avaient tout intérêts à financer ces pays (la Grèce en est l’exemple éclatant) pour maintenir le pouvoir d’achat de ces économies périphériques et y écouler leurs produits tout en économisant. Des liens intéressants seraient à tracer avec le financement de la dette étasunienne par la Chine (ce qui nous permettrait de cesser de voir se multiplier <a href="http://www.youtube.com/watch?v=JlkLhVo3PbY">ce genre de délire</a>).</p>
<p><strong>Le nouveau plan d’austérité</strong></p>
<p>En mi-février le gouvernement grec a accepté un nouveau plan d’austérité dont les mesures <a href="http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/02/12/20002-20120212ARTFIG00151-grece-les-10-nouvelles-mesures-de-rigueur.php">sont bien détaillées dans ce texte du Figaro</a>. <a href="http://www.alternatives-economiques.fr/la-grece-a-deja-subi-un-ajustement-_fr_art_633_55115.html">Alternatives économiques nous rappelle</a> par ailleurs que la Grèce a déjà subi des mesures d’austérité passablement sévères.</p>
<p>On y reconnait les habituelles luttes au déficit et les coupures imposantes dans les services publics. Une mesure qui marque cependant par son originalité est celle des demandes de diminution des salaires.</p>
<p>Un <a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2012/02/DUFRESNE/47427">article dans Le Monde Diplomatique de ce mois-ci</a> y porte une fort éclairante attention. D’abord on nous montre que cette situation ne touche pas que la Grèce, mais bien d’autres pays comme la Roumanie ou la Belgique. L’objectif est de suivre l’exemple allemand et de réussir pas seulement à éliminer les hausses de salaires (même pour suivre l’inflation), mais bien à forcer des diminutions immédiates de la valeur nominale des salaires. D’où la baisse de 22% du salaire minimum en Grèce par exemple (signalons qu&#8217;il se situe en ce moment au chiffre faramineux de 4,28€ de l&#8217;heure &#8211; soit un peu plus de 5,50$).</p>
<p>Ensuite, on pointe vers le pourquoi de ces mesures en citant le président José Manuel Barroso : « Ce qui se passe actuellement, est une révolution silencieuse, à petits pas, vers une gouvernance économique plus forte. Les Etats membres ont accepté — et j’espère qu’ils l’ont bien compris — d’octroyer aux institutions européennes d’importants pouvoirs en matière de surveillance. » Cette révolution silencieuse, c’est la révolution de la compétitivité accrue par la réduction des salaires. Compétitivité face à l’étranger, mais aussi compétitivité à l’interne pour stimuler l’activité économique de l’Europe. L’article du Monde Diplomatique montre bien à quel point cette stratégie ne tient pas compte du fait qu’elle peut fonctionner pour Berlin justement parce que personne d’autre ne l’utilisait dans la zone Euro.</p>
<p>On se rend compte, donc, que l’Union Européenne est bel et bien en train de prendre des politiques économiques communes sur des questions prétendument réservées aux États nationaux comme les salaires, mais tout cela s’opère sans débat politique. C’est l’argument central de l’austérité : il faut la réaliser par nécessité. Nous verrons dans les prochains textes de cette série que l’austérité n’est probablement pas une bonne solution, mais qu’en plus, elle est mise en place par des dirigeants dont la légitimité démocratique est pour le moins discutable.</p>
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		<title>Investir dans les sables bitumineux: un crime contre l’humanité?</title>
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		<pubDate>Fri, 17 Feb 2012 14:02:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Simon Tremblay-Pepin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ressources naturelles]]></category>
		<category><![CDATA[CDPQ]]></category>
		<category><![CDATA[changements climatiques]]></category>
		<category><![CDATA[environnement]]></category>
		<category><![CDATA[exportations]]></category>
		<category><![CDATA[maladie hollandaise]]></category>
		<category><![CDATA[sables bitumineux]]></category>

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		<description><![CDATA[La question est provocatrice. Elle est néanmoins sérieuse. Marc Lee la posait en juin dernier dans un billet sur le Progressive Economics Forum. Son argument est assez simple et difficilement contestable. Outre quelques cas précis, la plupart des Canadiens sont convaincus par les preuves scientifiques de l’existence des changements climatiques et de leurs liens avec [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2012/02/TarSandsDestruction.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-809" title="Syncrude Aurora Oil Sands Mine, Canada." src="http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2012/02/TarSandsDestruction.jpg" alt="" width="400" height="266" /></a>La question est provocatrice. Elle est néanmoins sérieuse. <a href="http://www.progressive-economics.ca/2011/06/23/fossil-fuel-expansion-as-a-crime-against-humanity/">Marc Lee la posait en juin dernier dans un billet sur le Progressive Economics Forum.</a> Son argument est assez simple et difficilement contestable. Outre <a href="http://www.journaldemontreal.com/2011/11/30/climategate--prise-2">quelques cas précis</a>, la plupart des Canadiens sont convaincus par les preuves scientifiques de l’existence des changements climatiques et de leurs liens avec l’émission de gaz à effet de serre.</p>
<p>Or, nous savons aussi que l’industrie des sables bitumineux émet une vaste quantité de ces gaz en plus de détruire de façon irrémédiable des écosystèmes entiers. Or, les changements climatiques <a href="http://www.cyberpresse.ca/environnement/dossiers/changements-climatiques/201111/01/01-4463236-hausse-des-catastrophes-naturelles-le-changement-climatique-montre-du-doigt.php">causeront une augmentation des catastrophes naturelles</a>, en plus d’importants déplacements de population, conséquence de la crue des eaux. En se fondant sur un rapport de <a href="http://mckinseyonsociety.com/shaping-climate-resilient-development/">Economics of Climate Adaptation</a> qui calcule que les catastrophes naturelles des 50 dernières années ont causées 800 000 morts, Lee pose la question : combien en causeront celles qui seront provoqués par les changements climatiques? Qui portera la responsabilité de ces morts qui auraient pu être évités?</p>
<p>De notre point de vue, cette affirmation peut paraître hasardeuse, mais dans 50 ans, quel regard l’Histoire et ceux qui l’auront vécu jetteront sur nos choix d’investir dans ces énergies en se fondant sur leur seule rentabilité? <a href="http://www.google.com/url?sa=t&amp;rct=j&amp;q=&amp;esrc=s&amp;source=web&amp;cd=1&amp;ved=0CCMQFjAA&amp;url=http%3A%2F%2Fwww.nrcan.gc.ca%2Fenergy%2Fsites%2Fwww.nrcan.gc.ca.energy%2Ffiles%2Ffiles%2Foil_sands_brochure_f.pdf&amp;ei=aFc-T9-fMuLL0QH32aXeBw&amp;usg=AFQjCNHRTuj_hDJr8s58I1SEFmaMODeHJA">Les 174 milliards de barils de pétrole que nous rêvons d’extraire</a> seront-ils aussi séduisant pour le jugement de ceux et celles qui nous suivront?</p>
<p><strong>La part du Québec</strong></p>
<p>Au Québec, les sables bitumineux nous semblent bien lointains. Or, <a href="http://www.irec.net/index.jsp?p=35&amp;f=913">Eric Pineault a fait la démonstration</a> que nous ne pouvons plus jouer à l’autruche. L’argent de la Caisse de dépôt et placement du Québec finance le développement d’entreprises qui œuvrent dans ce type d’énergie. Voici les 10 plus importants investissement en bourse de la Caisse, avec une mention spéciale pour les entreprises investissant dans les sables bitumeux.</p>
<p><a href="http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2012/02/Capture-d%E2%80%99%C3%A9cran-2012-02-16-%C3%A0-12.09.28.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-807" title="Capture d’écran 2012-02-16 à 12.09.28" src="http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2012/02/Capture-d%E2%80%99%C3%A9cran-2012-02-16-%C3%A0-12.09.28.png" alt="" width="314" height="171" /></a></p>
<p>Donc, la moitié  des dix investissements en bourse les plus importants sont dans les sables bitumineux. Un seul de ces investissements se fait au Québec (CGI).</p>
<p>Si l’accusation de Mark Lee est valide, quel rôle joue le Québec dans ce crime? De tout évidence, il est plus complice que témoin.</p>
<p><strong>Les autres problèmes des sables bitumineux</strong></p>
<p>Comme si ce n’était pas suffisant, les sables bitumineux ne posent pas que de graves problèmes environnementaux. Sur le plan du développement économique, on peut aussi prévoir des conséquences fortement néfastes.</p>
<p>L’exploitation des sables bitumineux participe à la &laquo;&nbsp;<a href="http://www.levyinstitute.org/pubs/wp_616.pdf">décomplexification&nbsp;&raquo; de la production</a>. En général plus les pays sont développés plus ils produisent des produits complexes. Le Canada fait piètre figure à cet égard. L&#8217;investissement dans les sables bitumineux centre l&#8217;économie canadienne sur l&#8217;extraction de ressource sans transformation. Nous nous rapprochons ainsi du modèle d’une économie en développement plutôt que celui d&#8217;une économie développée.</p>
<p>À moyen terme, à cause de la rente liée à l’exportation des ressources pétrolifères (<a href="http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/341588/sables-bitumineux-ottawa-juge-fantastique-l-idee-de-faire-couler-le-petrole-vers-le-quebec-et-les-etats-unis">que le gouvernement fédéral semble vouloir faire croître</a>), le Canada pourrait ressentir avec plus d’intensité le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Maladie_hollandaise">mal hollandais</a> et voir croitre davantage son dollar, ce qui participerait à diminuer davantage la diversification de son économie.</p>
<p><em>Ces quelques réflexions ont été utiles pour préparer mon intervention au <a href="http://www.radio-canada.ca/emissions/lapres-midi_porte_conseil/2011-2012/chronique.asp?idChronique=202336">Trio Écono de l&#8217;Après-midi porte conseil du 16 février 2012</a></em><a href="http://www.radio-canada.ca/emissions/lapres-midi_porte_conseil/2011-2012/chronique.asp?idChronique=202336">.</a></p>
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		<title>Croissance de l’endettement : surconsommation ou stagnation des salaires ?</title>
		<link>http://www.iris-recherche.qc.ca/blogue/croissance-de-l%e2%80%99endettement-surconsommation-ou-stagnation-des-salaires/</link>
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		<pubDate>Mon, 13 Feb 2012 14:47:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julia Posca</dc:creator>
				<category><![CDATA[Consommation / Endettement]]></category>
		<category><![CDATA[endettement]]></category>
		<category><![CDATA[inflation]]></category>
		<category><![CDATA[salaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Lorsqu’il est question d’expliquer l’explosion de l’endettement des ménages, nombreux sont ceux qui concluront à un problème de surconsommation et de manque de connaissances en matière financière. Ce consensus explique la quantité d’organismes, d’entreprises et d’institutions ayant mis sur pied des programmes pour améliorer la « littératie financière » des Canadiens. Si les familles canadiennes maîtrisaient davantage [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2012/02/Surconsommation.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-802" title="Surconsommation" src="http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2012/02/Surconsommation.jpg" alt="" width="400" height="300" /></a>Lorsqu’il est question d’expliquer l’explosion de l’endettement des ménages, nombreux sont ceux qui concluront à <a href="http://m.ledevoir.com/economie/finances-personnelles/337017/au-royaume-du-credit-a-la-consommation">un problème de surconsommation</a> et de <a href="http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/alain-dubuc/201102/11/01-4369428-la-litteratie-financiere.php">manque de connaissances en matière financière</a>. Ce consensus explique la quantité d’organismes, d’entreprises et d’institutions ayant mis sur pied des programmes pour améliorer la « littératie financière » des Canadiens. Si les familles canadiennes maîtrisaient davantage les rudiments de la planification budgétaire et de la gestion financière, le niveau d’endettement serait beaucoup moins élevé au pays, prétend-on.</p>
<p>S’il est indéniable que seul le crédit rend possible le fait de dépenser « au-dessus de ses moyens » ou au-delà du revenu disponible, cette analyse omet une dimension cruciale du problème : comment ont évolué les revenus et les dépenses des ménages pendant que croissait l’endettement ?</p>
<p><span id="more-801"></span>Nous allons regarder l’évolution de la situation entre 1997 et 2009 (disponibilité des données oblige).</p>
<p><strong>L’endettement :</strong> On sait que le ratio de la dette par rapport au revenu disponible a maintenant atteint <a href="http://www5.statcan.gc.ca/cansim/a05?id=3780012&amp;pattern=&amp;stByVal=2&amp;paSer=&amp;lang=fra">le niveau record de 153%,</a> une croissance de 35,8% durant la période qui nous intéresse. Même constat lorsqu’on compare les avoirs aux dettes : selon Statistique Canada (Tableau CANSIM 378-0051) bien que les actifs des ménages aient connu une hausse de 99,3%, leur passif s’est accru de 140,0%. Ainsi, le crédit à la consommation a fait un bond de 211,0% et la valeur des hypothèques, de 128,2%.</p>
<p><strong>Le revenu : </strong>Au Canada, le revenu moyen après impôts a cru de 27% entre 1997 et 2009. Les Québécois, eux, ont vu leur revenu disponible augmenter de 24% – mais de seulement 1,81% depuis 1976 ! Or pour le cinquième des ménages le plus riche, l’augmentation des revenus a été de 31,6% (27,3% au Québec) alors qu’elle n’a été que de 21,9% (23,9% au Québec) pour le cinquième le plus pauvre. C’est sans compter que durant cette période, le nombre d’heures travaillées par les familles des quintiles inférieurs de revenu a augmenté beaucoup plus significativement que ce n’est le cas pour les familles à hauts revenus, tel que l’a démontré une <a href="../wp-content/uploads/2011/09/Qui-senrichit-qui-sappauvrit.pdf">étude de l’IRIS</a> portant sur l’évolution de l’inégalité au Québec.</p>
<p><strong>Les dépenses : </strong>Pendant ce temps, <a href="http://www40.statcan.ca/l02/cst01/famil16c-fra.htm">les dépenses des ménages canadiens</a> augmentaient de 45% en moyenne entre 1997 et 2009, et de 41% au Québec.</p>
<p><strong>L’inflation : </strong>Toutefois, entre 1997 et 2009 au Canada, toujours selon <a href="http://www40.statcan.ca/l02/cst01/cpis01a-fra.htm">Statistique Canada</a>, le prix des aliments a augmenté de 34% (36% au Québec), celui des dépenses liées au logement de 34% (31% au Québec), le coût du transport de 30% (26% au Québec) – tandis que le prix des vêtements a reculé de 8% (12% au Québec).</p>
<p>Or ces quatre postes de dépenses (alimentation, logement, transport, vêtements) représentaient près de la moitié (47,7%) des dépenses des ménages au Canada en 2009. Pour le 20% le plus pauvre des Canadiens, c’est près des deux tiers (64,3%) de leur budget qui est consacré à ces dépenses essentielles. Notons d’ailleurs que cette proportion est restée stable depuis 1997 au moins.</p>
<p>En clair, et comme nous le montrions plus longuement dans <a href="../publications/a-qui-profite-l%E2%80%99endettement-des-menages-1">une note socio-économique parue en mars dernier</a>, les ménages s’endettent davantage parce que leurs revenus augmentent à un rythme plus lent, et ce essentiellement pour couvrir des besoins de base. Et plus on descend dans l’échelle des revenus, plus cette tendance est exacerbée.</p>
<p>Analysons maintenant le problème sous un autre angle : nombreux sont ceux qui jugent que les consommateurs doivent diminuer leurs dépenses afin de réduire leur dépendance au crédit et être en mesure d’épargner davantage. Vu le peu de marge de manœuvre dont disposent les ménages pauvres et de la classe moyenne, on se rend compte que, d’un point de vue individuel, l’effort à fournir est monumental. Or du point de vue de l’économie entière, et bien que votre conseiller financier ne vous présentera jamais l’enjeu de cette façon, c’est une proposition tout simplement révolutionnaire que celle d’encourager les gens à réduire leur niveau de consommation !</p>
<p>Bon an mal an, environ 60% de notre produit intérieur brut provient de la consommation des ménages. Entre 1997 et 2009, la portion du PIB formée par la consommation de biens et de services des particuliers a enregistré une hausse de 48% (nouvelle qui plairait à tout économiste normalement constitué). Que les ménages réduisent le niveau de leurs dépenses, et c’est tout le système économique tel qu’on le connaît depuis près d’un siècle qui s’écroule.</p>
<p>La Banque centrale le sait trop bien, <a href="http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/340483/l-economie-canadienne-continuera-de-reposer-sur-les-menages-endettes">et c’est donc pour ne pas affaiblir le pouvoir d’achat des particuliers qu’elle maintient le taux directeur à 1%</a> (le même niveau depuis septembre 2010), alors qu’avec l’instabilité actuelle de l’économie mondiale, on prévoit que les entreprises et les administrations publiques vont plutôt réduire leurs dépenses dans les mois à venir.</p>
<p>C’est aussi pour cette raison que la semaine dernière, <a href="http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia=http://www.radio-canada.ca/Medianet/2012/CBF/CestBienMeilleurLeMatin201202090635_2.asx">une journaliste évoquait sur les ondes de Radio-Canada</a> l’inquiétude suscitée par la <a href="http://www.rbc.com/nouvelles/2012/0209-cdn-consumer.html">publication d’une étude de la Banque Royale</a> sur la confiance des consommateurs envers l’économie. Le rapport de la RBC révèle que nombreux sont les Canadiens qui prévoient rembourser leurs dettes, dépenser moins ou épargner davantage cette année puisqu’ils se montrent pessimistes quant à la situation économique actuelle.</p>
<p>En résumé, l’endettement est une des conditions de croissance de notre économie. Alors de deux choses l’une : ou bien on protège la croissance de l’économie et on regarde l’endettement croître au même rythme avec les conséquences que l’on connaît – à moins de ne prôner une hausse substantielle et généralisée des salaires ! – ; ou bien l’on condamne le recours grandissant au crédit, mais alors on accepte aussi de remettre en question la logique même de la croissance illimitée de l’économie qui en est la cause.</p>
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		<title>L&#8217;endettement des ménages québécois</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Feb 2012 21:04:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume Hébert</dc:creator>
				<category><![CDATA[Consommation / Endettement]]></category>
		<category><![CDATA[faillites]]></category>

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		<description><![CDATA[Les signaux d’alarme à propos de l’endettement des ménages au Canada sont on ne peut plus fréquent depuis plus d’un an. La semaine dernière, c’était au tour du Conseil de stabilité financière (FSB) d’exprimer ses inquiétudes au regard de la situation qui prévaut au Canada. Le FSB, présidé par le gouverneur de la Banque du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les signaux d’alarme à propos de l’endettement des ménages au Canada sont on ne peut plus fréquent depuis plus d’un an. La semaine dernière, c’était au tour du <a href="http://www.financialstabilityboard.org/publications/r_120130.pdf">Conseil de stabilité financière</a> (FSB) d’exprimer ses inquiétudes au regard de la situation qui prévaut au Canada.</p>
<p>Le FSB, présidé par le gouverneur de la Banque du Canada Mark Carney, notait que le ratio d’endettement des ménages canadiens n’a pas reculé contrairement aux ménages étasuniens et britanniques, comme le montre la figure ci-dessous :</p>
<p><a href="http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2012/02/Image-1.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-789" src="http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2012/02/Image-1.png" alt="" width="661" height="323" /></a><span id="more-788"></span></p>
<p>Simon Tremblay-Pepin <a href="../blogue/doit-on-etre-inquiet-de-l%E2%80%99endettement-des-canadien-nes/">expliquait</a> qu’en contexte de faible investissement privé et public, la croissance de l’économie canadienne repose essentiellement depuis quelques années sur la consommation des ménages.</p>
<p>Mais qu’en est-il du Québec ?</p>
<p>En juin, <a href="http://blogues.cyberpresse.ca/lapresseaffaires/cousineau/2011/06/01/de-plus-en-plus-endettes-les-quebecois/">des données de TransUnion</a> sur l’endettement des consommateurs québécois indiquaient que celui-ci a connu en un an une hausse plus rapide (+7,8%) que la moyenne canadienne. Cet endettement par consommateur (18 025$) est néanmoins largement inférieur à ce qu’il est au Canada (25 597$). Ces chiffres excluent toutefois les prêts hypothécaires</p>
<p>Rappelons à cet effet que mis à part deux brefs moments entre 1987 et 1993, le taux d’endettement à la consommation des Québécois demeure plus bas que celui des Canadiens, comme on le voit dans le tableau suivant :</p>
<p><a href="http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2012/02/Capture-d%E2%80%99%C3%A9cran-2012-02-06-%C3%A0-15.39.58.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-790" src="http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2012/02/Capture-d%E2%80%99%C3%A9cran-2012-02-06-%C3%A0-15.39.58.png" alt="" width="710" height="445" /></a></p>
<p>Source : Institut de la statistique du Québec (ISQ) – Le taux d’endettement à la consommation est mesuré en comparant le crédit à la consommation à celle du revenu disponible.</p>
<p>Le mois dernier, le <a href="http://www.ic.gc.ca/eic/site/bsf-osb.nsf/fra/br02737.html">Bureau du surintendant des faillites du Canada</a> (BSF) annonçait une diminution de 4,2% des dossiers d’insolvabilités sur un an au Québec, une baisse toutefois moindre que les autres provinces canadiennes.</p>
<p>Les <a href="http://www.desjardins.com/fr/a_propos/etudes_economiques/actualites/point_vue_economique/pv1102.pdf">analystes de Desjardins</a> utilisent le « ratio de service de la dette » (RSD) plutôt que le taux d’endettement pour évaluer la situation des ménages. Le ratio du service de la dette calcule la capacité de payer et notamment de s’ajuster aux fluctuations des taux d’intérêt. Desjardins remarque que même si l’endettement des ménages québécois a augmenté rapidement durant les années 2000, le RSD demeure néanmoins près de sa « moyenne historique » à 15,5%.</p>
<p>Cela s’explique par les faibles taux d’intérêts, tel que l’on peut l’observer dans le graphique suivant :</p>
<p><a href="http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2012/02/Image-3.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-791" src="http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2012/02/Image-3.png" alt="" width="648" height="356" /></a></p>
<p>Source : ISQ, <a href="http://www.stat.gouv.qc.ca/donstat/econm_finnc/insti_finnc_coopr/taux_graph.htm#quebec">http://www.stat.gouv.qc.ca/donstat/econm_finnc/insti_finnc_coopr/taux_graph.htm#quebec</a></p>
<p>Mais jusqu’au où peut-on aller à ce rythme ? Précision d’abord que le RSD est critique lorsqu’il excède 40%.  Au-delà de ce chiffre, près d’un ménage sur quatre déclarera faillite. Puisque le nombre de ménages québécois dans cette situation n’est pour le moment pas très élevé, Desjardins ne tire pas la sonnette d’alarme. En revanche, une hausse des taux d’intérêts aurait un effet de contraction rapide pour plusieurs, d’autant plus que les prêts hypothécaires à taux d’intérêt variable sont de plus en plus populaire. Les ménages détenteurs de ce type de taux d’intérêts seront immédiatement affectés par une hausse des taux, qui, au moins, n’est toutefois pas à l’ordre du jour des prochains mois.</p>
<p><a href="http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2012/02/Image-4.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-792" src="http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2012/02/Image-4.png" alt="" width="485" height="350" /></a></p>
<p>Desjardins a tout de même préparé des simulations afin d’anticiper les faillites personnelles dans les prochaines années au Québec. Voici le résultat :</p>
<p><a href="http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2012/02/Image-5.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-793" src="http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2012/02/Image-5.png" alt="" width="496" height="335" /></a></p>
<p>Est-ce l’éclatement d’une bulle immobilière ou l’étranglement des ménages suite à une hausse des taux d’intérêts qui fera bifurquer l’économie canadienne et québécoise ? Chose certaine, peu importe le scénario, si on y ajoute le secteur privé qui n’investit plus et le secteur public auquel on impose l’austérité, on s’aperçoit qu’il  ne reste plus beaucoup de cartes dans le jeu des principaux acteurs de l’économie.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Les graphiques (4) Les graphiques à deux axes &#8211; données de même type</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Feb 2012 13:59:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mario Jodoin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Méthodologie]]></category>
		<category><![CDATA[deux axes]]></category>
		<category><![CDATA[étudiants]]></category>
		<category><![CDATA[faillites]]></category>
		<category><![CDATA[graphique]]></category>
		<category><![CDATA[taux d'emploi]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour ce quatrième billet de ma série sur les graphiques, j&#8217;aborderai aujourd&#8217;hui la forme de graphique qui est la plus pratique pour mêler et influencer malicieusement un lecteur, soit les graphiques à deux axes. Je compte écrire deux billets sur cette forme de graphique en commençant par la moins perverse, soit celle qui regroupe des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pour ce quatrième billet de ma série sur les <span style="color: #000080;"><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.iris-recherche.qc.ca/blogue/tag/graphique/">graphiques</a></span></span>, j&#8217;aborderai aujourd&#8217;hui la forme de graphique qui est la plus pratique pour mêler et influencer malicieusement un lecteur, soit les graphiques à deux axes. Je compte écrire deux billets sur cette forme de graphique en commençant par la moins perverse, soit celle qui regroupe des données du même type.</p>
<p><strong>Un est tronqué, pas l&#8217;autre&#8230;</strong></p>
<p>En cherchant tout autre chose, je suis tombé sur un graphique douteux <span style="color: #000080;"><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.fccq.ca/pdf/publications/indicateur/Indicateur_FCCQ_2011-FR.pdf">à la page 8 de ce document</a></span></span> de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), graphique que je reproduis ci-après :</p>
<p><img class="aligncenter" style="vertical-align: middle;" src="http://farm8.staticflickr.com/7014/6676281313_709fbe44d1.jpg" alt="Nombre de faillites commerciales au Québec et au Canada" width="500" height="311" /></p>
<p><span id="more-779"></span>Joli, non ? On compare ici l&#8217;évolution du nombre de faillites au Québec et au Canada, mais, pour accentuer visuellement l&#8217;importance relative de la baisse du nombre de faillites au Canada, on a pris soin de tronquer l&#8217;échelle de l&#8217;axe du Canada, sans le faire pour l&#8217;axe du Québec. Voici ce qu&#8217;aurait donné le même graphique sans le tronquer :</p>
<p><img class="aligncenter" style="vertical-align: middle;" src="http://farm8.staticflickr.com/7145/6676281355_79267b65ef.jpg" alt="Nombre de faillites commerciales au Québec et au Canada" width="500" height="311" /></p>
<p>C&#8217;est moins spectaculaire comme ça! En fait, la FCCQ aurait pu simplement montrer que le pourcentage des faillites canadiennes au Québec est passé de 23 % en 2005 à 35 % en 2009, mais, bon c&#8217;est son choix! Et elle aurait pu aussi parler de la valeur monétaire de ces faillites, qui a atteint 48 % du total canadien en 2005, mais seulement 13 % en 2007 (les données pour 2008 et 2009 ne sont pas encore disponibles)! Mais cela aurait peut-être moins bien appuyé ses propos&#8230;</p>
<p><strong>Peut-on tronquer un graphique à deux axes?</strong></p>
<p>Pour illustrer cette section, je vais utiliser des données sur le taux d&#8217;emploi chez les jeunes étudiants à temps plein au Québec. Un graphique simple donne ce qui suit :</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://farm8.staticflickr.com/7157/6676281397_86fdff8dbe.jpg" alt="Évolution du taux d'emploi chez les jeunes étudiants à temps plein au Québec" width="500" height="311" /></p>
<p>Ce graphique permet de voir que le taux d&#8217;emploi des jeunes étudiants à temps plein des deux groupes d&#8217;âge a augmenté au cours des 10 dernières années. Mais lequel de ces deux groupes a le plus augmenté? Difficile à dire&#8230; Essayons un graphique à deux axes :</p>
<p><img class="aligncenter" style="vertical-align: middle;" src="http://farm8.staticflickr.com/7168/6676281431_cc388475ea.jpg" alt="Évolution du taux d'emploi chez les jeunes étudiants à temps plein au Québec" width="500" height="311" /></p>
<p>Ce n&#8217;est pas vraiment mieux. Un peu quand même car on voit que la ligne des 15-19 part plus bas que celle des 20-24. La croissance de leur taux d&#8217;emploi doit être plus grande. Mais, on ne voit pas bien. Alors tronquons!</p>
<p>Mais comment? Là, il y des règles à suivre. Voici ce que ça donne quand on veut seulement que les lignes partent et arrivent au même endroit :</p>
<p><img class="aligncenter" style="vertical-align: middle;" src="http://farm8.staticflickr.com/7026/6676281475_1b0c536410.jpg" alt="Évolution du taux d'emploi chez les jeunes étudiants à temps plein au Québec" width="500" height="311" /></p>
<p>Ça, on voit mieux, mais les deux taux d&#8217;augmentation ont l&#8217;air identiques, même que celui des 20-24 a l&#8217;air plus fort, puisqu&#8217;il part en bas de celui des 15-19 et arrive au même endroit. Le problème est que la proportion entre le début et la fin de l&#8217;échelle n&#8217;est pas la même. Du côté des 15-19, à gauche, l&#8217;échelle passe de 20 à 40, soit du simple au double. Par contre, du côté des 20-24, à droite, elle passe de 42 à 57, soit beaucoup moins que le double (57/42 = 1,37).</p>
<p>Pour faire un graphique à deux axes avec des échelles tronquées, il faut que la proportion entre le bas et le haut de l&#8217;échelle soit la même, sinon on «avantagera» immanquablement une série de données par rapport à l&#8217;autre.</p>
<p>Il faut en plus autant que possible choisir les échelles pour que soit le début, soit la fin des lignes arrivent à peu près au même endroit, ou encore que les lignes se croisent, sinon les taux respectifs d&#8217;augmentation ne seront pas visualisés correctement et, encore là, une série sera «avantagée» par rapport à l&#8217;autre. Voici un graphique qui respecte ces deux règles :</p>
<p><img class="aligncenter" style="vertical-align: middle;" src="http://farm8.staticflickr.com/7166/6676281525_f804d92aa6.jpg" alt="Évolution du taux d'emploi chez les jeunes étudiants à temps plein au Québec" width="500" height="311" /></p>
<p>La première règle, qui veut que les proportions entre le bas et le haut des échelles des deux axes soit égales est respectée, puisque 26/40 = 39/60 = 0,65. La deuxième aussi puisque les deux lignes se croisent et arrivent à peu près au même endroit. On voit ici clairement que le taux d&#8217;emploi des 15-19 a augmenté plus fortement que celui des 20-24 et à quel moment les taux d&#8217;augmentation ont différé ou pas. Notre objectif est donc atteint&#8230;</p>
<p><strong>Mais, est-ce nécessaire?</strong></p>
<p>Personnellement, j&#8217;évite comme la peste ce genre de graphique. Si le résultat est intéressant, il n&#8217;est pas évident à interpréter. J&#8217;ai en fait écrit ce billet uniquement pour que le lecteur puisse vérifier si les deux règles sont respectées quand il croise ce genre de graphique sur Internet ou dans tout autre document. Et il verra qu&#8217;elles le sont rarement!</p>
<p>Ce que j&#8217;aurais fait? J&#8217;aurais laissé le graphique comme au début, ou l&#8217;aurais fait en ratio, pour bien faire ressortir la croissance plus forte chez les 15-19 :</p>
<p><img class="aligncenter" style="vertical-align: middle;" src="http://farm8.staticflickr.com/7172/6676689073_0e8028261e.jpg" alt="Évolution du taux d'emploi chez les jeunes étudiants à temps plein au Québec" width="500" height="311" /></p>
<p>Trop simple&#8230;</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>Endettement : mieux vaut commencer jeune</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Jan 2012 14:35:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Hurteau</dc:creator>
				<category><![CDATA[Consommation / Endettement]]></category>
		<category><![CDATA[aide financière aux études]]></category>
		<category><![CDATA[endettement]]></category>
		<category><![CDATA[hausse des frais de scolarité]]></category>

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		<description><![CDATA[Aller à l’université, avant d’être synonyme d’acquisition de connaissances ou d’expériences humaines, c’est d’abord faire l’expérience de l’endettement. Si traditionnellement les gens s’endettaient pour s’acheter une voiture ou une maison, les jeunes d’aujourd’hui ont la chance de vivre cette expérience  « enrichissantes » dès les bancs d’école. En ce sens, l’endettement étudiant est aujourd’hui un fardeau qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2012/01/argent_etude.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-774" title="argent_etude" src="http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2012/01/argent_etude.jpg" alt="" width="389" height="210" /></a>Aller à l’université, avant d’être synonyme d’acquisition de connaissances ou d’expériences humaines, c’est d’abord faire l’expérience de l’endettement. Si traditionnellement les gens s’endettaient pour s’acheter une voiture ou une maison, les jeunes d’aujourd’hui ont la chance de vivre cette expérience  « enrichissantes » dès les bancs d’école.</p>
<p>En ce sens, l’endettement étudiant est aujourd’hui un fardeau qui pèse lourd sur les choix de vie des étudiant-es du Québec. Selon les données de <a href="http://www.afe.gouv.qc.ca/_files/docs/enqueteConditionVie2007_FR.pdf">l’Aide financière aux études</a>, les étudiant-es du réseau collégial doivent encaisser un niveau d’endettement moyen s’élevant à 6 923 $, tandis que leur collègue universitaires subissent un niveau d’endettement moyen se situant à 12 029 $. De plus, on constate que cette situation précarisant la vie étudiante est plus lourde à porter à mesure que les étudiant-es gagnent en âge.<span id="more-773"></span></p>
<p style="text-align: left;" align="center"><strong>Endettement moyen des étudiant-es universitaires selon le groupe d’âge</strong></p>
<table border="1" cellspacing="0" cellpadding="0">
<tbody>
<tr>
<td valign="top" width="83">17-19 ans</td>
<td valign="top" width="64">5 208 $</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="83">20-24 ans</td>
<td valign="top" width="64">10 359 $</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="83">25-29 ans</td>
<td valign="top" width="64">15 006 $</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="83">30-34 ans</td>
<td valign="top" width="64">15 574 $</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="83">35 ans et plus</td>
<td valign="top" width="64">15 634 $</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>Le <a href="http://www.budget.finances.gouv.qc.ca/Budget/2011-2012/fr/documents/Education.pdf">plan d’augmentation des droits de scolarité</a> présenté par le gouvernement québécois en mars dernier aura comme conséquence d’alourdir ce fardeau qui, à mesure qu’il s’alourdit, en décourage plusieurs de poursuivre leurs études. Rappelons qu’entre 2007 et 2017, les droits de scolarité augmenteront de plus de 140 % au Québec. Couplé aux hausses du coût de la vie et à la stagnation des salaires, il n’est pas étonnant de voir de plus en plus d’étudiant-es faire comme leurs parents en ayant davantage recours à l’endettement comme moyen de subsistance.</p>
<p>En se proposant de rejoindre la moyenne canadienne des frais de scolarité, le gouvernement du Québec oublie de souligner que cette mesure nous fera rejoindre la moyenne canadienne de l’endettement étudiant. Or, la dette étudiante canadienne <a href="http://www.statcan.gc.ca/pub/75-001-x/2010101/pdf/11073-fra.pdf">dépasse les 18 000$.</a></p>
<p>Toutefois, cette situation ne fait pas que des malheureux. Les institutions financières québécoises voient plutôt d’un bon œil cette initiation de la jeunesse aux vertus de l’endettement – et surtout aux vertus des paiements. Comme le révélait une <a href="http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2011/05/%C3%89tude-AFE.pdf">étude de l’IRIS </a>publiée en 2009, entre 1989 et 2008, c’est 1,4 milliard de dollars que les étudiant-es et le gouvernement québécois ont versé en paiements d’intérêts sur les prêts d’études. Ces prêts étant garantis par l’État, les institutions financières ne courent aucun risque de défaut de paiement. Il s’agit donc d’un transfert direct de l’argent des étudiant-es et du gouvernement dans les coffres des banques.</p>
<p>On comprend mieux maintenant pourquoi le monde des finances travaille fort à convaincre la population que la hausse des droits de scolarité est une bonne idée. Pour chaque hausse des droits, suivra immanquablement une hausse des dettes étudiantes et ce pour le plus grand bonheur de la relève québécoise et de leurs banquiers.</p>
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		<title>Doit-on être inquiet de l’endettement des Canadien-nes?</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Jan 2012 14:48:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Simon Tremblay-Pepin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Consommation / Endettement]]></category>
		<category><![CDATA[bulle immobilière]]></category>
		<category><![CDATA[endettement]]></category>

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		<description><![CDATA[Voilà quelques temps qu’on parle de l’endettement des ménages au Canada, l&#8217;IRIS vous propose donc pour les prochaines semaines quelques billets d&#8217;analyse de l&#8217;état actuel de l&#8217;endettement des ménages, au Canada, au Québec et à l&#8217;étranger. En mars derniers ma collègue Julia Posca et moi publions une note socio-économique sur la question. Depuis ce temps, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><a href="http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2012/01/Ciseaux-carte-main-3198843.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-760" title="Ciseaux-carte-main-3198843" src="http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2012/01/Ciseaux-carte-main-3198843.jpg" alt="" width="217" height="300" /></a>Voilà quelques temps qu’on parle de l’endettement des ménages au Canada, l&#8217;IRIS vous propose donc pour les prochaines semaines quelques billets d&#8217;analyse de l&#8217;état actuel de l&#8217;endettement des ménages, au Canada, au Québec et à l&#8217;étranger.</em></p>
<p>En mars derniers ma collègue Julia Posca et moi <a href="../publications/a-qui-profite-l%E2%80%99endettement-des-menages-1">publions une note socio-économique sur la question.</a> Depuis ce temps, le ratio d’endettement des canadien-nes n’a cessé d’augmenter. Qu’est-ce que le taux d’endettement et doit-on s’en inquiéter?<span id="more-758"></span></p>
<p><strong>Le ratio d’endettement</strong></p>
<p>Le ratio d’endettement est une mesure assez simple. Elle permet de situer la taille de la dette d’une personne, d’une entreprise ou d’un groupe par rapport à son revenu. Cette mesure est donc généralement présentée en part du revenu que représente la dette. Ainsi, une personne dont le revenu est de 100 000$ et dont les dettes totales s’élèvent à 30 000$ a un taux ou ratio d’endettement de 30%.</p>
<p>Qu’en est-il du ratio d’endettement des Canadien-nes ? <a href="http://www.lesaffaires.com/bourse/nouvelles-economiques/le-taux-d-endettement-des-canadiens-a-un-sommet-de-153/538809">Il a atteint, au troisième trimestre de 2011, 153%.</a> C’est donc à dire que pour chaque dollar de revenu, chaque ménage a 1,53$ de dettes.</p>
<p>Comment cela se compare-t-il aux années précédentes? Assez mal en fait. Non seulement atteint-on un nouveau sommet dans l’endettement, mais la croissance de celui-ci ne semble pas vouloir ralentir. En 2009, il était à 147%. À peine 3 ans plus tard, il a augmenté de 6 points de pourcentage.</p>
<p><strong>Pourquoi l’endettement augmente-t-il?</strong></p>
<p>Il est intéressant de noter (comme le montre le graphique ci-dessous, que lors des derniers ralentissements économiques (ex : au début des années 1980), l’endettement des ménages se stabilisait ou même décroissait avant de reprendre ensuite sa croissance avec la relance. Durant ces périodes, ce sont plutôt les entreprises qui s’endettaient (souvent à des taux d’intérêt bas ou par des stratégies de financement étatique) ce qui leur permettaient de se maintenir à flot ou même de se développer et de favoriser le redémarrage de l’économie en offrant des emplois permettant à leur tour la consommation.</p>
<p><strong>1. L’endettement total des ménages et des entreprises canadiennes (1980-2010)</strong></p>
<p><a href="http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2012/01/Capture-d%E2%80%99%C3%A9cran-2012-01-23-%C3%A0-09.38.31.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-759" title="Capture d’écran 2012-01-23 à 09.38.31" src="http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2012/01/Capture-d%E2%80%99%C3%A9cran-2012-01-23-%C3%A0-09.38.31.png" alt="" width="594" height="424" /></a></p>
<p>La crise de 2008 a été différente. Les taux d’intérêt sont maintenus bas mais on ne note pas cette fois-ci d’augmentation du taux d’endettement des entreprises, bien au contraire. <a href="http://www.statcan.gc.ca/pub/11-621-m/2009082/part-partie1-fra.htm#h2_2">Depuis 2000, celles-ci on largement diminué leur endettement et se consacrent plutôt à accumuler des liquidités</a>, une tendance <a href="http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/macro-economie/201004/30/01-4275706-canada-inc-mieux-prepare-a-une-hausse-des-taux.php">qui se poursuit malgré la crise</a> et qu’on nomme également la « thésaurisation ».</p>
<p>Pour qu’une relance, aussi timide soit-elle, ait lieu, il faut donc que soit le gouvernement, soit les ménages s’endettent. Au Canada les différents paliers de gouvernement ont mis en place des programmes d’infrastructures pour permettre la relance, ceux-ci étaient loin d’être d’une ampleur exceptionnelle et prendront fin sous peu. Reste donc les ménages, qui continuent de consommer malgré une période économique difficile et une stagnation de leurs revenus, <a href="http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/340483/l-economie-canadienne-continuera-de-reposer-sur-les-menages-endettes">voilà que leur endettement est la locomotive de l’économie</a>.</p>
<p><strong>Doit-on s’inquiéter?</strong></p>
<p>Difficile de ne pas voir une source d’inquiétude dans l’endettement actuel des Canadien-nes. En effet, les taux d’intérêts actuels sont particulièrement bas et ont peu de chance de diminuer. Si une reprise économique plus vigoureuse survenait, il y a fort a parier qu’on les verrait augmenter. Or, <a href="http://www.cga-canada.org/fr-ca/ResearchAndAdvocacy/AreasofInterest/DebtandConsumption/Pages/ca_debt_default.aspx">un rapport des comptables généraux accrédités (CGA)</a>, nous dévoilait que 20% des canadiens ne pourraient encourir une dépense imprévue de 5000$ et qu’un dixième des canadiens ne pourraient encourir une dépense imprévue de 500$. Cela laisse supposer que si leur paiement d’hypothèque ou de prêt venait à croître de quelques points de pourcentage, plusieurs d’entre eux pourraient déclarer faillite.</p>
<p>Or, un autre nuage sombre se profile à l’horizon. Il se pourrait bien qu’on assiste sous peu <a href="http://www.ledevoir.com/economie/finances-personnelles/325582/surchauffe-du-secteur-immobilier-carney-previent-les-menages-que-les-taux-d-interet-pourront-augmenter">à l’éclatement d’une bulle immobilière au Canada</a>. Si tel était le cas, nombre de ménage pourrait voir la valeur de leur maison chuter de façon importante. Certains ménage pourraient même se retrouver avec des hypothèques valant plus que la maison qu’ils possèdent. <a href="http://blogues.cyberpresse.ca/lapresseaffaires/cousineau/2011/08/10/usa-le-desespoir-des-proprios/">Ce phénomène n’est pas rare aux États-Unis</a> où l’éclatement d’une telle bulle avait été un élément central de la dernière crise. Les Étasunien-nes avait alors un ratio d’endettement moyen de 169%.</p>
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		<title>Cessez d’être moyen, retournez à la base</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Jan 2012 16:56:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume Hébert</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[classe moyenne]]></category>
		<category><![CDATA[critique du discours dominant]]></category>
		<category><![CDATA[Jim Stanford]]></category>
		<category><![CDATA[Lux éditeur]]></category>
		<category><![CDATA[matériel pédagogique]]></category>

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		<description><![CDATA[Cette semaine, l’économiste Pierre Beaulne me disait à quel point lui déplaît l’usage du concept de classe moyenne. Il déplorait qu’un glissement sémantique ait amené des acteurs sociaux et politiques à invoquer « monsieur-madame-tout-le-monde », la « famille », puis la « classe moyenne ». Il y voyait certainement l’effet neutralisateur au sein de la population de l’identification à la classe [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2012/01/1220160-gf.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-742" src="http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2012/01/1220160-gf.jpg" alt="" width="242" height="439" /></a>Cette semaine, l’économiste Pierre Beaulne me disait à quel point lui déplaît l’usage du concept de classe moyenne. Il déplorait qu’un glissement sémantique ait amené des acteurs sociaux et politiques à invoquer « monsieur-madame-tout-le-monde », la « famille », puis la « classe moyenne ». Il y voyait certainement l’effet neutralisateur au sein de la population de l’identification à la classe moyenne. En effet, lorsqu’on appartient à la classe moyenne, on est « normal ». On n’est peut-être pas riche, mais au moins, on n’est pas pauvre et c’est la seule chose qui vient à compter. Les deux bouts de hiérarchie sociale deviennent des anomalies exceptionnelles dont on ne pourra jamais vraiment se défaire. Alors ça va.</p>
<p>Le <a href="http://www.luxediteur.com/content/petit-cours-dautodefense-en-economie">« <em>Petit cours d’autodéfense en économie</em> »</a> de Jim Stanford, récemment traduit et publié par Lux, donne plutôt raison à Pierre Beaulne. Dans cet ouvrage introductif à l’économie en général et aux rouages de l’économie capitaliste en particulier, il existe deux camps : les capitalistes et les salariés. Cette fois, l’appartenance à la « moyenne » nous place au bas de l’échelle sociale qui ne compte plus que deux échelons. Ça change la perspective.</p>
<p><span id="more-741"></span>Stanford n’est pas marxiste. Il s’inspire surtout d’un penseur associé au keynésianisme, Michal Kalecki. Mais aller plus loin chez les influences intellectuelles trahiraient le travail de Stanford qui consiste d’abord et avant tout à un retour à l’essentiel de l’économie : qu’est-ce qu’on produit et qu’est-ce qu’on fait avec. Ou dans les mots de l’auteur : « <em>Il s’agit de principes de base permettant de distinguer, en matière d’économie, l’important de l’accessoire et le réel de l’idéologique</em> (p. 471)». Et ça fonctionne très bien.</p>
<p style="text-align: left;">Le « <em>Petit cours</em> » s’amorce par un retour au ras des pâquerettes de l’économie (l’économie, ce n’est pas les indices boursiers, ça relève davantage de tout ce qu’on trouve autour de soi dans sa maison et dans son quartier) et des définitions (qu’est-ce que le travail, le capital, l’entreprise privé ?) puis enchaîne en introduisant ce qu’il nomme la petite boucle de l’économie (capitaliste). Elle est très simple. L’investissement d’un capitaliste (I) déclenche la production, des travailleurs reçoivent un salaire (S), les salariés et les capitalistes consomment (C) et le capitaliste obtient un profit (π) dont il peut disposer de différentes façons. Les douze chapitres suivant servent à complexifier la « boucle » en y ajoutant des pièces (la finance, la mondialisation, l’environnement, l’État, etc.).</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-750" src="http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2012/01/boucle_capital.jpeg" alt="" width="257" height="467" /></p>
<p>Ainsi, Stanford résume le capitalisme à deux caractéristiques : (1) la prédominance dans une économie d’investissements privés réalisés par des capitalistes qui cherchent à réaliser des profits et (2) un travail effectué par une forte majorité de salariés (autour de 85% des travailleurs). Il reconnaît sans peine qu’il existe de nombreuses entités qui ne sont ni des investisseurs privés ni des salariés (de l’investissement public jusqu’à l’économie sociale, en passant par les travailleurs autonomes ou les petits propriétaires), mais ils ne constituent pas le cœur du système.</p>
<p>Chose certaine, Stanford réussi tout au long du livre à dissiper beaucoup de dogmes contemporains. Sur l’inflation par exemple. Les néolibéraux (cible continuelle de Stanford) ont imposé son contrôle très strict aujourd’hui par le biais des banques centrales. Stanford démontre clairement que les causes de l’inflation sont multiples, les conséquences aussi, et que le résultat n&#8217;est intrinsèquement ni mauvais ni bon. C’est un phénomène à peser et soupeser dans les différentes décisions politiques sur l’économie. Comme la dette, comme la répartition des surplus, comme les choix d’investissement, etc.</p>
<p>La dernière partie du livre dresse un bilan du capitalisme et pose la question à savoir si l’heure est à son remplacement par un autre système. Le bulletin du capitalisme ne reçoit pas beaucoup de bonnes notes, sauf en ce qui a trait à la l’innovation et la liberté de choix. Stanford est étonnamment généreux sur l’environnement en lui accordant un D (faible) plutôt qu’un E (échec), en reflet d’une tendance à marginaliser quelque peu l’environnement dans sa théorisation.</p>
<p>Mais en somme, le « rendement [est] nettement insuffisant ; l’élève ne réalise pas son plein potentiel économique et humain » (p. 432). C’est pourquoi deux actions simultanées sont nécessaires selon Stanford. D’abord, il y des gains énormes à réaliser à l’intérieur de ce système à la lumière de ce que l’on connaît de son fonctionnement. Ces batailles qui incombent aux salariés permettraient d’améliorer substantiellement et rapidement le sort de millions d’être humain dans le monde.</p>
<p>Mais le travail théorique et expérimental de celles et ceux qui œuvrent à dépasser le capitalisme est également nécessaire et même urgent. Stanford n’y voit simplement pas d’opposition. Mieux, à lire Stanford, une économie socialiste nouveau genre n’est peut-être pas si loin lorsque l’on note que des grandes entreprises contemporaine ne pourraient fonctionner sans la collaboration de milliers d’êtres humains qui ne sont pas exclusivement motivés par la recherche d’un profit, et qu’elles ne pourraient fonctionner sans une part importante de planification économique : « <em>Si les planificateurs communistes du XXe siècle avaient su coordonner l’économie avec autant de précision et de souplesse que ne le font les Toyota et atures Wal-Mart d’aujourd’hui, le communisme ne serait sans doute jamais effondré</em> ». (p. 461)</p>
<p>Alors Stanford lance le défi : Plutôt que la maximisation de la richesse de leurs actionnaires, « <em>pourrait-on mettre sur pied des structures aussi imposantes, déterminées et efficaces, mais dont la finalité explicite serait tout autre, c’est-à-dire </em>sociale <em>? </em>(p.465)</p>
<p>Le «<em>Petit cours d’autodéfense en économie</em> » est un livre des plus utiles qui servira, espérons-le, d’introduction à l’économie pour de nombreux citoyens et citoyennes. À contre-courant de ce qu’ont distillé les néolibéraux dans la population depuis quelques décennies, il montre en douceur à quel point notre économie est bien plus une affaire de choix politiques et de valeurs que de technique.</p>
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		<title>Petit cours sur les inégalités</title>
		<link>http://www.iris-recherche.qc.ca/blogue/petit-cours-sur-les-inegalites/</link>
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		<pubDate>Tue, 17 Jan 2012 14:42:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Hurteau</dc:creator>
				<category><![CDATA[Revenus]]></category>
		<category><![CDATA[fiscalité]]></category>
		<category><![CDATA[inégalités]]></category>
		<category><![CDATA[temps de travail]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans un court texte qui circule actuellement sur le Web, intitulé « Petit cours sur la fiscalité » et que Claude Picher avait retranscrit ici, un auteur anonyme tente d’expliquer le fonctionnement de la fiscalité afin de prendre la défense du pauvre sort des plus nantis qui, ô enfer, doivent payer plus d’impôt que le reste de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2012/01/beer.cheers.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-732" src="http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2012/01/beer.cheers.jpg" alt="" width="424" height="283" /></a>Dans un court texte qui circule actuellement sur le Web, intitulé « Petit cours sur la fiscalité » et que Claude Picher avait retranscrit <a href="http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/opinions/chroniques/200901/09/01-692500-petit-cours-de-fiscalite.php">ici</a>, un auteur anonyme tente d’expliquer le fonctionnement de la fiscalité afin de prendre la défense du pauvre sort des plus nantis qui, ô enfer, doivent payer plus d’impôt que le reste de la population.</p>
<p>Un détail semble toutefois échapper à notre auteur anonyme : au sein des sociétés capitalistes, ce n’est pas l’impôt qui est cause d’injustice, mais plutôt la distribution des gains et du temps de travail opérée par le « marché ».</p>
<p>On pourrait formuler de nombreuses objections rationnelles à cette courte fable – elle ne rend pas le caractère essentiel à la vie des services publics en les comparant à de la bière, elle ne mentionne jamais d’où provient l’argent, les chiffres donnés ne correspondent pas du tout au fonctionnement du système fiscal, etc. – j’ai cependant trouvé plus amusant d’en écrire une version à partir d’un autre point de vue.</p>
<p><span id="more-731"></span></p>
<p>En étant bien conscient des limites de l’exercice, et surtout pour s’amuser, reprenons, pour y voir plus clair, l’exemple du groupe d’amis qui va prendre une bière à la taverne. Au lieu de nous pencher sur la question de la fiscalité, étudions plutôt celle des inégalités. Supposons donc ces dix amis qui, tout fraichement arrivés sur le marché du travail, se rejoignent à la taverne en 1976. Puisqu’il s’agit d’habitués, l’aubergiste leur amène rapidement dix bières, pour une facture globale de 50 $ (soit 5 $ l’unité).</p>
<p>Comme chacun allait commencer à se délecter, celui des dix qui a la chance de faire le plus haut revenu fait une proposition : que le groupe se partage la facture en proportion des gains de marché individuel, mais à la condition que chacun reçoive une quantité de bière correspondant à sa contribution. Tout le monde accepte sans trop réfléchir.</p>
<p>En 1976, les <a href="../wp-content/uploads/2011/09/Qui-senrichit-qui-sappauvrit.pdf">gains personnels</a> des membres du groupe, en dollar constant de 2006, sont les suivants :</p>
<p>1-     3 258 $<br />
2-     20 976 $<br />
3-     33 473 $<br />
4-     42 094 $<br />
5-     49 390 $<br />
6-     56 539 $<br />
7-     65 165 $<br />
8-     75 741 $<br />
9-     91 236 $<br />
10-  136 550 $</p>
<p>Suite à la répartition, les amis 1-2-3 doivent se partager 1 bière, les amis 4-5-6 ont droit à 2,5 bières, les 7-8-9 ont le bonheur de s’en partager 4 tandis que 10<sup>e</sup> peut en boire 2,5 à lui seul.</p>
<p>30 ans plus tard, les mêmes amis se retrouvent dans la même taverne. Comme c’est leur habitude, ils décident de se partager la bière en fonction de leurs gains de marché, qui sont désormais les suivants (toujours en dollar constant de 2006) :</p>
<p>1-     2 870 $<br />
2-     16 730 $<br />
3-     28 088 $<br />
4-     38 008 $<br />
5-     48 665 $<br />
6-     59 096 $<br />
7-     70 979 $<br />
8-     86 773 $<br />
9-     108 593 $<br />
10-  186 462 $</p>
<p>Le résultat de la répartition en étonne plusieurs. Les 3 amis les moins fortunés doivent désormais se contenter de 0,7 bière, ceux occupant les positions 4-5-6 voient également leur part chuter pour atteindre un maigre 2,2 bières, les 3 suivants récoltent une légère augmentation à atteignant 4,2 bières. Le grand gagnant est sans surprise l’ami numéro 10 qui peut s’accaparer 2,9 bières à lui seul.</p>
<p>En plus d’un ratio bière/individu de plus en plus inégalitaire, le temps dont chacun dispose afin de profiter de la taverne a grandement varié. Ainsi, les 6 amis les moins nantis doivent quitter leur débit de boisson préféré à la fin de la première période d’un match Canadiens-Bruins afin d’aller faire du temps supplémentaire au travail. Les amis 7-8-9 doivent eux aussi quitter à 10 minutes de la fin de ce match enlevant tandis que l’ami 10 assistera seul à une période de prolongation digne des annales du hockey.</p>
<p>Dans ces conditions, les amis 1 à 6 ont pris la ferme décision de ne plus aller boire avec leur ami numéro 10. De plus, tant qu’à travailler plus pour gagner moins, ils se disent qu’il est préférable de rester à la maison et d’y jouer aux cartes au lieu d’aller au travail. Ils sont d’ailleurs curieux de voir de quelle manière leur ami numéro 10 parviendra à continuer à se payer autant de bières s’il ne peut plus exploiter le travail des autres.</p>
<p>Comme on le voit, ce n’est pas l’impôt qui est injuste, c’est plutôt la distribution des gains du marché qu’il vise à rétablir qui l’est. Que l’impôt touche particulièrement ceux qui bénéficient le plus du système économique dans lequel nous vivons pour le répartir aux autres est tout simplement normal.</p>
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