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Les plus bas en Amérique du Nord?

par Eric Martin, dans la catégorie Éducation

22 commentaires

Au Québec, « nous avons les frais de scolarité les plus bas en Amérique du Nord ».  Cette affirmation sentencieuse, répétée ad nauseam dans les médias et par les politiciens, prétend clore le débat sur la hausse des frais de scolarité. Si nos frais sont moins hauts que ceux du Canada anglais, n’est-il pas temps de « rejoindre la moyenne canadienne ». Il m’a semblé devoir régler une fois pour toute le sort de cette déclaration-zombie qui refait périodiquement surface sans être mise en examen.

Disons d’emblée que la question de la hausse des frais de scolarité suppose une réforme en profondeur du financement et de la mission des universités pour les brancher sur les intérêts du secteur privé et du capital de risque, comme nous l’avons montré ailleurs. Notons également qu’une telle réforme ne saurait se faire en profondeur sur le fond des choses : est-ce souhaitable ? Néfaste ? Y’a-t-il des conséquences adverses à ce genre de réforme ? Or, le principal argument offert est un argument purement quantitatif et conformiste.

Nous avons aussi montré ailleurs que hausser les « droits » de scolarité allait entraîner des hausses de l’endettement, des baisses de fréquentation, des inégalités de classe, une hausse du travail étudiant, en plus de servir de mécanisme de privatisation de l’université pour servir les intérêts du grand capital corporatif.

Il semble que le seul argument « plus bas en Amérique du Nord » serve à lui seul de contrepoids à toute ces catastrophes. Une petite leçon de statistique est donc à l’ordre du jour.

1-Notre premier graphique, issu du dernier budget du Québec, montre les droits de scolarité au Canada. On voit bien qu’après la prochaine hausse, les frais seront plus élevés qu’à Terre-Neuve/Labrador et au Manitoba.

2-Le graphique qui suit, réalisé à partir des pays pour lesquels les données sont disponibles, indique les droits de scolarité moyens dans les pays de l’OCDE ($US).  D’abord, le Québec, avant même d’avoir procédé à la prochaine hausse des frais, a des frais plus élevés que la moyenne des pays de l’OCDE, se rapprochant de la Nouvelle-Zélande, de l’Australie, du Japon, de la Corée et des États-Unis.   À l’opposé du spectre, 14 pays ont des frais de scolarité inférieurs, et 7 ont instauré la gratuité scolaire. Ces 14 pays sont bien sûr des cancres : Finlande, Suède, France, Danemark, Italie, Mexique, et cie, tous des pays qu’on imagine peuplés d’ignares ! Notons la présence du Mexique, pays d’Amérique du Nord, qui avec des frais nuls a donc des frais de scolarité plus bas que le Québec.

3-Le graphique suivant, tiré de Regards sur l’éducation 2011 de l’OCDE, montre bien qui est le pays qui « tire » les autres vers le haut. Il s’agit bien sûr des États-Unis, qui poussent depuis l’après-guerre en faveur d’une américanisation de tous les systèmes d’éducation nationaux de la planète. Ce projet est en train de fonctionner. En effet, comme l’explique l’OCDE, « Depuis 1995, 14 des 25 pays dont les données sont disponibles ont réformé leur système de frais de scolarité. La plupart de ces réformes ont donné lieu à un accroissement des frais de scolarité moyens dans les établissements d’enseignement tertiaire ».

Un peu plus d’honnêteté sur les chiffres internationaux et les tendances globales nous obligerait à dire : « nous avons des frais de scolarité plus bas que les États-Unis, mais nous espérons bientôt recopier leur modèle ici ». Il est bien sûr exclu de s’inspirer des « ignorants » scandinaves et européens : « think big ! », comme dirait l’autre. Mais il ne faut pas ici prendre l’arbre pour la forêt : le modèle d’éducation américain n’est pas mauvais parce qu’il est américain : il est mauvais, parce qu’en plus d’être inégalitaire, il détruit l’indépendance de l’université et la soumet au intérêts de l’argent. Le problème n’est donc pas le modèle « américain », mais le modèle utilitaire-commercial d’université, lequel, hélas, semble en voie de se répandre partout grâce aux sophismes conformistes du genre de celui que nous avons déconstruit aujourd’hui.

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  1. Mario Jodoin dit :

    «Il est bien sûr exclu de s’inspirer des « ignorants » scandinaves et européens : « think big ! », comme dirait l’autre»

    Cela me fait penser à un débat à RDI économie auquel participait Simon Tremblay-Pepin, quand son «opposant» Simon Prévost, président des Manufacturiers et exportateurs du Québec. M. Prévost, répondant à l’argument du bon Simon sur l’absence de droits de scolarité dans ces pays scandinaves, avait déclaré :

    «on peut bien se comparer avec les îles Mouk-Mouk!»

    Le bon Simon avait eu la sagesse de ne pas rétorquer à cet argument méprisant. Moi, je n’aurais jamais été capable de me retenir!

    C’est à 3 min 50 de :

    http://www.youtube.com/watch?v=47aMmNCR5zA

  2. Simon Parent dit :

    On ne considere le Mexique comme partie integrante de l’Amerique du Nord que par integration au marche economique par l’entremise de l’ALENA. Ca depend toujours de la vision geographique, mais on a tendance a rattacher ce pays a l’Amerique latine.

    • Eric Martin dit :

      C’est commode en effet d’avoir le Mexique dans l’Accord de libre-échange nord-américain, mais de considérer que c’est un pays latino-américain en matières de politiques sociales et de géographie. Ça ne change rien à mon argument: une fois qu’on aura monté les frais, nous n’auront plus les plus bas en Amérique du Nord. Déjà, Terre-Neuve et Labrador sont à peu près comme le Québec. De toute façon, le fond de l’affaire, c’est que l’Amérique du Nord, à l’échelle du monde, fait figure de pôle extrême. Pourquoi les frais en Amérique du Nord devraient-ils donc servir de benchmark? La réponse va de soi: c’est un argument d’appel à s’adapter au modèle hégémonique US-Angleterre.

  3. jerome dit :

    le plus honnetement du monde. je crois que l’association du texte entre hausse de frais au qc et americanisation est tres rapide. J’ai l’impression de lire un pamphlet. En bref, l’egalite absolue a un prix. La societe quebecoise n’est plus prete a l’assumer. Au Quebec, moins de 38 % des gens payent de l’impot et 14% des contribuables assument 80% des dons a l’assiette fiscale. Ce qui m’amene a une belle metaphore de noel… Un pere dit a son enfant : je sais que le voisin aura une bicyclette rouge pour noel, mais mon fils, papa doit payer sa carte de credit cette annee…

    • Eric Martin dit :

      Bonjour jérôme.

      « le plus honnetement du monde. je crois que l’association du texte entre hausse de frais au qc et americanisation est tres rapide. J’ai l’impression de lire un pamphlet ».

      Si vous lisez bien mon texte, vous verrez que l’américanisation est un enjeu secondaire. Ce qui est important c’est la généralisation globalisée d’un modèle de financement privé de l’université, le modèle utilitaire, que l’OCDE pousse partout dans le monde, et qui a effectivement ses origines aux USA et en Angleterre. C’est ce modèle utilitaire privatisé que je conteste. J’imagine que ça fait de mon texte un pamphlet, mais je ne vois pas le problème.

      « En bref, l’egalite absolue a un prix. La societe quebecoise n’est plus prete a l’assumer. Au Quebec, moins de 38 % des gens payent de l’impot et 14% des contribuables assument 80% des dons a l’assiette fiscale. Ce qui m’amene a une belle metaphore de noel… Un pere dit a son enfant : je sais que le voisin aura une bicyclette rouge pour noel, mais mon fils, papa doit payer sa carte de credit cette annee… »

      Vous voulez dire qu’on n’aurait pas les moyens d’avoir une éducation moins chère? Allez lire nos brochures sur l’éducation et nos notes sur la fiscalité. Nous avons détaxé les riches, les entreprises, le capital en masse ces dernières années. Ce n’est pas le manque de ressource qui nous empêche d’avoir une éducation moins chère. C’est un projet politique d’adaptation de l’université aux fins de l’entreprise (augmentation des gains de productivité). Je vous suggère d’aller lire notre livre « Université Inc. » chez LUX éditeur.

  4. Mario Jodoin dit :

    @ Jérôme

    «Au Quebec, moins de 38 % des gens payent de l’impot et 14% des contribuables assument 80% des dons a l’assiette fiscale.»

    Quelles sont vos sources? Et qu’est-ce qu’un don à l’assiette fiscale?

    À la page numérotée 2 de http://www.finances.gouv.qc.ca/documents/Statistiques/fr/STAFR_sfp_2008.pdf (rapport le plus récent), on peut lire : «Le nombre de contribuables dont l’impôt à payer est égal à zéro s’élève à 2,2 millions, ce qui représente 35,9 % de l’ensemble des contribuables.»

    36 % qui ne paient pas d’impôt est pas mal différent de 38 % qui en paient. Et s’ils et elles n’en paient pas, c’est qu’elles ne gagnent pas assez pour en payer! Par exemple, certains remplissent une déclaration de revenu uniquement pour bénéficier du crédit de solidarité (anciennement crédit de la TVQ).

    À la page 24, on peut voir que le cinquième quintile de revenu (52 412 $ et plus de revenus) paient 70 % des impôts. Alors comment 14 % peuvent-ils payer 80 % du total, d’autant plus que le rapport que je cite ne touche que l’impôt, pas les taxes qui sont bien moins progressives (régressives, en fait) ni les autres sources de revenus?

    Vous pouvez être en désaccord avec ce billet, mais vérifiez vos sources avant d’utiliser des arguments faux pour appuyer votre position.

    «J’ai l’impression de lire un pamphlet»

    Au moins, il est exact!

  5. galou dit :

    Je pense que vous oubliez de comparer le poids fiscal. la gratuité scolaire est permise que par une taxation élevé, l’europe du nord a un taux qui frise les 80% (toutes taxes confondues);
    L’autre point est que en France, la gratuité n’est qu’une facade, les universités sont décrépites et les cours sont loin des réalités du marché, seules les écoles de commerce (equivalent de harvard & co) trouvent grace aux yeux des employeurs mais elles ont un cout (10000EUR/an) c’est la raison pour laquelle 9000 francais font leurs études quasi gratuitement au Quebec dans des universités renommés !: HEC, UQAM, Concordia etc..

    • Eric Martin dit :

      @Galou

      « Je pense que vous oubliez de comparer le poids fiscal. la gratuité scolaire est permise que par une taxation élevé, l’europe du nord a un taux qui frise les 80% (toutes taxes confondues); »

      On peut très bien éliminer les frais de scolarité et faire la gratuité scolaire au Québec en rétablissant ne serait-ce que le tiers de la taxe sur le capital qui a été abolie, sans hausser les impôts des particuliers. Il faut arrêter de présenter la hausse des frais comme une nécessité objective. Il y a deux modèles: un modèle de tarification individuelle élevée, et un modèle qui est fondée sur l’impôt redistributif sur les particuliers ET les sociétés ET le capital. Je ne vois pas pourquoi vous sous-entendez que si nous avions des frais de scolarité bas ou nuls, nous devrions absolument taxer les gens à 80%.

      « L’autre point est que en France, la gratuité n’est qu’une facade, les universités sont décrépites et les cours sont loin des réalités du marché, seules les écoles de commerce (equivalent de harvard & co) trouvent grace aux yeux des employeurs mais elles ont un cout (10000EUR/an) c’est la raison pour laquelle 9000 francais font leurs études quasi gratuitement au Quebec dans des universités renommés !: HEC, UQAM, Concordia etc.. »

      On l’entend souvent cet argument. On sait bien que Nanterre, l’Université de Lyon ou celle de Strasbourg ne forment que des cancres sans emplois, et qu’il n’y a que les grandes écoles de commerce pour former des employables… Disons qu’il faudrait être un peu plus honnête. À ce que je sache, « HEC, UQAM et Concordia » avaient jusqu’à maintenant des frais de 2000$ par an. Vous n’hésitez pourtant pas à dire qu’elles sont « renommées ». Comme quoi des universités de bonnes réputations peuvent avoir des frais peu élevés?

  6. frmmtl dit :

    It’s an interesting article but I think the author makes a couple of statements that need to be interrogated. First, she states that the argument for increasing the fees is based on a quantitative assessment of where school fees need to be. I argue the exact opposite. For me, the increase in fees is a direct response to the need for quality education. We both know that the reputation of schools in Quebec and the quality of their offerings has decreased and I believe that this is due to a lack of funding in our universities.

    The author then shows us statistics using very pretty graphs that shows other countries who have lower fees than us pointing out with emphasis Mexico. Let me ask you this: would you want to spend 4 years of your life getting a degree from Mexico? What we need to realize is that there is a direct link between quality of our education and what we invest in our education.

    Finally, the author also spends time taking apart the American system, but of the top 20 universities in the world, 14 are American and only 1 Canadian university makes the top 20 list and it’s University of Toronto (these stats are pulled from the Times Higher Education review and is corroborated by other sources). A few years back, McGill was also on the list but because of budget cuts, how can McGill compete with other schools?

    • Eric Martin dit :

      @frmmtl

      « It’s an interesting article but I think the author makes a couple of statements that need to be interrogated. First, she states that the argument for increasing the fees is based on a quantitative assessment of where school fees need to be. I argue the exact opposite. For me, the increase in fees is a direct response to the need for quality education. We both know that the reputation of schools in Quebec and the quality of their offerings has decreased and I believe that this is due to a lack of funding in our universities. »

      Je ne vois pas que personne puisse prouver que la « qualité » de l’éducation au Québec ait baissé, ni qu’il y ait quelque manque de financement objectif de nos universités. C’est par contre l’un des leitmotiv de l’idéologie transformationniste hégémonique qui veut faire de l’université un lieu financé privément, ou la « qualité » se mesure à la valeur marchande de l’enseignement.

      « The author then shows us statistics using very pretty graphs that shows other countries who have lower fees than us pointing out with emphasis Mexico. Let me ask you this: would you want to spend 4 years of your life getting a degree from Mexico? »

      Je ne vois pas le problème avec le fait d’étudier au Mexique, ni dans le fait d’utiliser des graphiques. Désolé.

      « What we need to realize is that there is a direct link between quality of our education and what we invest in our education. »

      C’est totalement faux. Voilà bien un mythe néolibéral s’il en est un. Il y a de la très bonne éducation dispensée gratuitement, et de la très mauvaise qui coûte très cher. Je pense aux écoles de commerce.

      « Finally, the author also spends time taking apart the American system, but of the top 20 universities in the world, 14 are American and only 1 Canadian university makes the top 20 list and it’s University of Toronto (these stats are pulled from the Times Higher Education review and is corroborated by other sources). A few years back, McGill was also on the list but because of budget cuts, how can McGill compete with other schools? »

      Ces classements internationaux sont biaisés pour favoriser les universités américaines. La concurrence interuniversitaire est une plaie qui détruit l’esprit des systèmes d’éducation nationaux. Le modèle américain est effectivement un modèle à démonter (take apart). Sinon c’est lui qui va « take apart » tous les systèmes publics à mesure qu’il se généralise partout avec ses frais élevés et son éducation de cancre collée sur le pragmatisme entrepreneurial.

  7. Pierre Luc dit :

    Étant étudiant, je crois vraiment que de payer ses études plus chère de donne une meilleur environnement pour apprendre.

    Exemple, au Cegep, les frais sont d’environ 300$ par année. Nimporte qui peut y aller. J’ai étudier au cégep pendant une année avant de partir parce que le niveau de la classe étais rester la ou il étais. Je fesais des études en musique, et je ne trouvais personne dans les salles de pratique en soirée alors que j’y étais chaque soir pendant 2 a 3 heures.

    Je pense qu’une éducation gratuite comme en france, ou plusieur pays, est très bien, mais vous oubliez de mentionner que dans plusieurs de ses pays, il y as des  »concours » (des tests de calification) pour entrer dans ses programmes gratuit.

    Ensuite, la mentalité québécoise du  »laisser faire » ne fonctionne pas très bien avec la mentalité des études gratuites. J’ai un ami qui as essayer une année dans 3 programmes différent avant de finalement laisser tomber après sont 4ieme programme. Est-ce que l’endettement de tous est vraiment une priorité pour des élèves pour qui les études devrais être gratuite pour boire plus durant les weekends?

    Sincèrement,
    Un étudiant,
    Pierre Luc

    • Eric Martin dit :

      Bonjour, il n’y a pas de lien entre le prix payé et la qualité de « l’environnement ». On peut payer une mauvaise formation très chère, et bonne peut être gratuite.

      Je comprends que vos collègues de musique étaient peu assidus au pratiques. Mais a ma connaissance, le cégep est gratuit partout en termes de droits de scolarité, et il diplome chaque année plein de gens qui se trouvent des emplois et poursuivent aux cycles supérieurs. Je ne pense que pas que votre mauvaise expérience personnelle suffise a désavouer l’universalité de l’éducation publique.

      Je « n’oublie » pas que certains pays qui pratiquent la gratuité sont sélectifs. Ce n’est pas pertinent pour ce que je propose: mettre la gratuité sans sélection. Et c’est possible, techniquement en tout cas.

      La plupart des étudiants terminent leur programme dans les délais, et la quantité d’alcool que boivent les étudiant-e-s ne me concerne absolument pas. Je m’interroge sur le meilleur choix en matière de politique publique: tarifs individuels ou financement collectif, frais élevés ou gratuité, et il me semble que l’universalité ne peut être garantie que par le modèle financé par les impôts. Alors, sincèrement Pierre-Luc, je ne vois pas que vous arguments constituent une défense probante de l’idée qu’il faille hausser les frais.

  8. Michel Cojan dit :

    Mettons les choses au clair… Je ne suis pas étudiant ( je l’ai été à la fin des années ’80), j’ai 56 ans (donc, théoriquement plutôt proche de la retraite – enfin, reste à voir), je ne suis pas non plus attaché à un parti politique, (n’empêche, j’ai mes convictions) et je ne travaille pas pour les médias non plus. Alors, que-est-ce que je faisais jeudi dernier, le 23 février 2012, parmi les milliers d’étudiants manifestant leur indignation et colère envers l’augmentation de frais d’études préconisée par le gouvernement ? La réponse réside peut-être – en partie – dans le fait que j’ai déjà eu l’occasion “d’expérimenter” durant ma vie, deux systèmes éducatifs diamétralement opposés ; le premier, dans ma Roumanie natale pendant les années ’70 – système gratuit et universel, mais conditionné par des examens de baccalauréat et d’admission à l’université plutôt exigeants et très sélectifs et, le deuxième système, au Québec à la fin des années ’80, libre d’accès mais conditionné lui, par des frais à la charge des étudiants (et de leurs familles) ainsi que par l’accessibilité au programme des prêts et bourses du gouvernement (menant à l’endettement non négligeable en début de vie professionnelle). Loin d’être parfait, le système gratuit pratiqué en Roumanie (imposé par le régime communiste et très contesté, puisque d’importation soviétique) a eu quand-même ses mérites, permettant à quelques générations de jeunes de l’époque (et sur quelques 40 ans), l’accès gratuit à l’éducation (universitaire également) – par ailleurs, de bonne qualité. Mais bon, laissons le modèle roumain (soviétique) de l’époque de côté (celui de Cuba également, pour les mêmes raisons) et jetons un coup d’oeil au graphique suivant (source : http://www.iris-recherche.qc.ca/blogue/les-plus-bas-en-amerique-du-nord/ ) :

    Je ne suis pas un spécialiste des statistiques et je n’ai aucun moyen de vérifier “la source” mais de culture générale, oui, les pays scandinaves pratiquent un système éducatif gratuit, l’Islande aussi (je ne le savais pas pour le Mexique et la République Tchèque – c’est tout en leur honneur !). Il me semble évident qu’on se retrouve devant des pays (gouvernements) qui ont fait le choix social d’un système éducatif gratuit et accessible à tous et, même s’ils ne représente qu’une minorité parmi les pays de l’OCDE, pourquoi ne pas regarder vers ce côté du graphique plutôt qu’à l’opposé, quand il s’agit de décider du sort de nos générations futures ? Oui, je sais, on va me dire qu’il faut responsabiliser les étudiants, que les modèles gratuits ne sont pas viable économiquement, que ceci et que cela ! Pas si sur ! Le transfert du savoir géré par un système éducatif gratuit et universel pour nos jeunes devrait être plutôt considéré comme un investissement social pour les générations à venir, garantie d’une société plus développée (sur le plan humain), consciente de ses valeurs et plus tolérante. Et ça devrait être la responsabilité des gouvernements – me semble t-il – de trouver les moyens pour y arriver.
    Voilà donc, la raison principale de ma présence jeudi dernier à la manifestation contre la hausse des frais de scolarité au Québec. Et voilà pourquoi je continuerai de suivre et de soutenir les revendications de nos étudiants, en personne et en images (aussi) ! Promis !

  9. [...] the financing, but also the mission of universities, a phenomenon which can be observed in most countries of the OECD. By presenting higher education as both a lucrative personal investment and leverage to revitalize [...]

  10. [...] de Cuba également, pour les mêmes raisons) et jetons un coup d’oeil au graphique suivant (source :  IRIS – Institut de recherche et d’informations socio-économiques) [...]

  11. Sébastien dit :

    Vous avez dit: « Une petite leçon de statistique est donc à l’ordre du jour. »

    Comparer les frais de scolarité de Terre-Neuve en 2009-2010 et ceux du Québec en 2016-2017, c’est une leçon de statistiques!??

    Il y a sentencieux et sentencieux. L’argument « nous avons les frais de scolarité les plus bas en Amérique du Nord » n’est pas sentencieux, c’est un fait. Votre article ne démontre pas le contraire, à moins d’inclure le Mexique.

    Si vous désirez argumenter contre la hausse des frais de scolarité, vous auriez intérêt à le faire sur un autre terrain que celui de détruire des arguments valides.

    Quand vous dites «Nous avons détaxé les riches, les entreprises, le capital en masse ces dernières années. Ce n’est pas le manque de ressource qui nous empêche d’avoir une éducation moins chère. » Là je suis d’accord avec vous! C’est sur ce terrain qu’il faut travailler.

  12. Eric Martin dit :

    « Les frais sont les plus bas en Amérique du Nord »: cet argument sous-entend qu’il est légitime d’émuler les frais plus élevés qui prévalent en Amérique du Nord: il a une portée normative. Mais avec l’augmentation projetée, nous ne serons plus les plus bas en Amérique du Nord, toutes choses étant égale par ailleurs. L’argument se détruit lui-même. Mais c’est surtout la comparaison internaitonale qui démontre que de se limiter à l’Amérique du Nord réduit sophistiquement l’horizon des possibles et présente l’émulation des frais élevés du modèle américain comme la seule voie à suivre. Effectivement, objectivement, nous avons les frais les plus bas en ANord, mais dès que l’on déborde de cela pour sous-entendre qu’il s’agit d’un prétexte à les augmenter, on emploie ce fait à des fins sophistiques et trompeuses.

  13. Maxime dit :

    Gratuité scolaire ?
    La hausse non, mais la gratuité elle, mène au gaspillage et si nous modifions les critères de sélection pour l’accomoder, le résultat final sera le même, soit baisse de fréquentation dans les universités.
    Serait-ce possible d’élaborer sur le modèle utilitaire-commercial universitaire ? J’avoue en connaître peu sur ce sujet…et serait porter à croire que ce modèle ne pourrait être applicable que dans certains secteurs d’études spécifiques comme l’ingénierie et certaines sciences.

  14. [...] Source IRIS, Institut de Recherche et d’Information Socioéconomique [...]

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